LOGO -DCLI - Centre International Lebret-Irfed

Accueil du site > "Relations société civile - pouvoirs publics"

En Asie du Sud-Est

Ateliers et forums, à Séoul, Yogyakarta, à Hanoï, à Helsinki, à Beijing et à Bruxelles, 2000-2010

Le Forum populaire Asie-Europe (AEPF)

Actualité 2010 : le Forum à Bruxelles

2008 : le Forum à Beijing : voir ICI

Rappel

Depuis 1996, les chefs d’État des pays de l’UE et de la plupart des pays d’Asie orientale se réunissent alternativement tous les deux ans, à l’ouest ou à l’est du continent en un sommet informel : le processus ASEM (Asia-Europe Meeting). Tous les deux ans aussi, le Forum populaire Asie-Europe (AEPF dans son sigle anglais) fait entendre une autre voix, solidaire, des sociétés civiles. Au prochain sommet (Chine, 2008) 6 nouveaux partenaires seront acceptés officiellement : l’Inde, le Pakistan, la Mongolie, la Bulgarie, la Roumanie et le secrétariat de l’ANASE (ASEAN). Cette décision d’augmenter le nombre des membres d’ASEM reflète la volonté de rendre ce « processus » beaucoup plus significatif au niveau international.

AEPF

Asia-Europe People’s Forum

Depuis plusieurs années, le centre Développement et Civilisations - Lebret-Irfed (DCLI) participe aux travaux du IOC (Comité d’organisation international) en tant que membre pour la France.(1)
Il contribue donc à la conception de l’ensemble du Forum et assure le lien entre le réseau ASEM sur le plan international et les organisations françaises.

Pour DCLI et son réseau, le forum AEPF offre un lieu de rencontre internationale unique pour construire des solidarités entre l’Europe et l’Asie : un cadre où peuvent se mener travaux, échanges d’information, comparaison des problèmes rencontrés dans les divers pays, préparation d’action, bilans de campagnes… Le forum est aussi un lieu qui permet à DCLI de faire connaître ses propres travaux sur le thème du dialogue des civilisations, une question particulièrement pertinente pour les populations de ces deux régions, mais encore peu débattue dans les forums sociaux mondiaux (sauf au forum de Mumbaï). Par ailleurs, il faut noter qu’ASEM considère cette thématique comme l’un des sujets prioritaires dans ses propres réunions.

Le fait que les forums soient organisés à chaque fois dans un pays différent – là où se tient le sommet ASEM - permet aussi de prendre connaissance de situations, cultures et expériences diverses et de contribuer à un pluralisme des pensées et des actions. Dans ce domaine, qui nous concerne au premier chef, la continuité de la participation du réseau de DCLI au Forum permettra d’assurer non seulement sa propre contribution à cet enrichissant processus, mais devrait aussi aider à la constitution d’un groupe de travail ouvert, plus large, au niveau international.

DCLI a facilité la participation d’un certain nombre de partenaires asiatiques, intéressés à bénéficier d’une telle initiative afin d’échanger et de tisser des liens avec d’autres mouvements populaires asiatiques et européens. Il a pu introduire dans le réseau ASEM quelques organisations de pays comme la République tchèque, le Vietnam, la Chine… où les sociétés civiles se sont développées avec des histoires et contextes politiques et sociaux particuliers.

DCLI organise à Paris plusieurs réunions d’information avec des associations, ONG et syndicats, les invitant à se joindre aux activités préparatoires et à participer aux Forums. Concernant la préparation pour le Forum de Séoul, un collectif d’associations s’est formé comprenant notamment, Amnesty-France, le CCFD, DCLI, Attac, Info Birmanie, Frères des Hommes, Femmes et Changements.

Sociétés civiles et pouvoirs publics

Le Forum représente en lui-même une expérience vécue d’interpellation des États sur les problèmes sociaux affectant les populations. La reconnaissance du Forum par les États comme une représentation de la société civile est loin d’être acquise, mais certains d’entre eux ont pris en compte son importance (voir notamment le bilan des 10 ans d’ASEM fait à l’occasion du sommet d’Helsinki). L’un des impacts récents a été l’inclusion du secteur du Travail dans la structure ASEM en réponse aux critiques d’AEPF et des syndicats sur l’absence de la question sociale dans ce processus intergouvernemental.

L’AEPF est en relations régulières avec les ministères nationaux des Affaires étrangères et les institutions européennes. Il leur présente des exigences démocratiques et sociales qui devraient être pleinement prises en compte dans le processus ASEM. Il revient aux gouvernements impliqués dans ce processus d’aider à l’expression critique de la société civile, en particulier par le biais de l’AEPF, tout en respectant son indépendance vis-à-vis des pouvoirs étatiques et économiques. Dans cette perspective, ils peuvent contribuer financièrement à la tenue des forums réunis à l’occasion des sommets inter-gouvernementaux, ainsi qu’à des initiatives régionales ou inter-régionales organisées tout au long du processus AEPF. Ils peuvent aussi exiger d’un pays hôte éventuellement « réticent » qu’il autorise la tenue d’un forum indépendant, faisant place aux voix de la société civile, à l’occasion d’un sommet — en Chine, en 2008, en particulier.

Pour la société civile, la continuité du forum représente aussi un travail à long terme d’auto-organisation et de consolidation de ses propres forces.

Mise en contact avec d’autres institutions concernées par le processus ASEM

Deux personnes de l’équipe du Centre ont participé à la conférence organisée par EIAS,European Institute for Asian Studies, à Bruxelles le 3 avril 2000.
Des contacts ont été établis avec ASEF (Asia-Europe Foundation) à Singapore et repris à Séoul même avec la venue de deux représentants d’ASEF au Forum. Au séminaire organisé par ASEF à Barcelone, Connecting with Civil Society, DCLI a participé au notamment dans un des ateliers concernant le dialogue des civilisations.(2) Lors d’ASEM 6 à Helsinki, ASEF a sollicité la participation, dans ses propres activités, d’une dizaine de participants de l’AEPF dont Sergio Regazzoni et Richard Werly de DCLI.

L’accueil et l’organisation de la visite de la délégation asiatique
Le forum de Séoul a permis la visite de représentants d’organisations coréennes en Europe. En France, le collectif français a pu organiser une réunion large avec des associations et des syndicats dont le CFDT, des échanges avec des dirigeants de la Confédération paysanne et des syndicalistes de la CGT Renault (l’entreprise automobile ayant récemment pris le contrôle de Nissan au Japon et de Samsung Motor en Corée du Sud). La délégation a été également reçue par le ministère des Affaires étrangères.

Participation au Forum social mondial en Inde (janvier 2004)
Le Centre Lebret(3) et ses partenaires indiens ( AREDS et SWATE) avaient décidé de participer au Forum social mondial en Inde (janvier 2004) en proposant l’organisation d’un atelier Spiritualités et identités dans le dialogue des civilisations. Ce thème, nouveau aux forums sociaux, a été intégré sans difficulté compte-tenu de l’actualité de ces questions, notamment pour les Indiens.
L’atelier a aussi contribué à la préparation ultérieure du séminaire régional Asie du Sud, Fondamentalisme religieux et mondialisation : Dialogue des civilisations et développement des peuples.

L’atelier de Mumbaï a eu lieu le 19 janvier 2004 et a accueilli une centaine de personnes. Sept intervenants se sont exprimés à partir de leurs expériences, autour du thème particulier Obstacles contre le dialogue et approches favorisant le dialogue :(4)

  • R. V. Mathias (Présentation du thème)
  • Swami Agnivesh (Spiritualité et mondialisation)
  • Rama Mani (Au delà du choc des civilisations : une humanité commune à redécouvrir)
  • L.A. Samy (Les actions d’AREDS et de SWATE : le dialogue avec les Dalits à Karur)
  • M.J. Edwin (Les parlements de quartier)
  • Boutros Labaki (Le dialogue islamo-chrétien au Liban)
  • Paul Houée (Perspectives : cinq fondamentaux pour une « montée humaine universelle » selon L.-J. Lebret)

Thématiques

Trois principales thématiques sont abordées dans les Forums :
  1. Paix et sécurité :
    Commerce d’armements ; insécurité humaine ; résolution des conflits ; sécurité environnementale,
  2. Sécurité économique et droits sociaux :
    Privatisation, sécurité du travail et protection sociale, souveraineté alimentaire et agriculture, dette et commerce,
  3. Démocratie et droits humains :
    Impact de l’anti-terrorisme sur les droits civiques ; participation populaire, gouvernance locale et concepts alternatifs de démocratie ; droits des peuples indigènes et dialogue interculturel ; mouvements sociaux et partis politiques.

Des « espaces libres » permettent aussi d’aborder d’autres questions : l’avenir d’ASEM ; la situation post-tsunami ; régionalisme et alternatives ; situation dans divers pays : Birmanie, Aceh, Tibet, Timor Lorosa’e…

Les Forums

Séoul, 2000

Hanoi, 2004

Helsinki, 2006

Beijing, 2008

Le Forum de Séoul (2000, à l’occasion d’ASEM 3)

Suite à la recommandation du People’s Forum dans son bilan d’ASEM 2 (Londres, 1998), le thème Spiritualité et mondialisation a été introduit pour la première fois en tant qu’atelier dans le Forum 2000. Soucieuses d’inclure les questions spirituelles et les valeurs humaines dans les débats concernant la mondialisation, des organisations comme le Santi Pracha Dhamma Institute (Thaïlande), l’ICMICA, le CCFD et le Centre Lebret se sont proposées pour préparer ensemble l’atelier à Séoul. La KCC-AE, une coalition d’organisations catholiques pour une économie alternative, s’est chargée de la préparation en Corée même, avec la collaboration de groupes protestants et bouddhistes.
L’atelier s’est tenu à Séoul du 16 au 20 octobre 2000, avec une centaine de personnes venant de 10 pays asiatiques et européens. Ses travaux se sont déroulés en 3 sessions plénières et 3 sous-ateliers autour des thèmes suivants :
-  dialogues inter-religieux pour la tolérance et la paix,
-  mondialisation économique et spiritualité,
-  mondialisation, femmes et spiritualité.
Une déclaration a été rédigée à la fin des travaux.

Les échanges à Séoul ont été riches. Ce fut une occasion exceptionnelle de découvrir et de connaître ce pays, hier présenté comme un modèle de développement économique pour toute l’Asie et aujourd’hui frappé par le chômage, soumis aux mêmes programmes d’ajustement structurel. Le sentiment de solidarité qui s’est manifesté à Séoul fut l’un des aspects les plus importants des initiatives prises à l’occasion du sommet d’ASEM 3, avec la volonté de continuer à travailler ensemble.

L’atelier Spiritualité et mondialisation (2000)

Pour préparer l’atelier Spiritualité et mondialisation, le Centre Lebret a organisé un séminaire préparatoire à Yogyakarta (Indonésie) en juillet 2000, afin de permettre des échanges plus approfondis et de définir des propositions pour Séoul.

L’expérience de Yogyakarta a aussi permis la participation de 4 Indonésiens à l’atelier de Séoul, représentant le FPUB (Forum interconfessionnel de Yogyakarta), le Centre d’études féminines de l’Institut des études islamiques, le Centre Rifka Annisa de Yogyakarta et l’Institut de recherche et de développement Dayak. Le Centre Lebret a aussi facilité la participation d’un chef de la gouvernance Teduray-Lambaingan (peuples indigènes de Mindanao-Central aux Philippines), d’une religieuse vietnamienne et d’une enseignante tunisienne vivant en France, qui sont intervenus principalement dans les sous-ateliers.(5)

Le Forum d’Hanoi (2004, à l’occasion d’ASEM 5)

Développement et Civilisations - Lebret-Irfed a organisé l’atelier Dialogue des civilisations, religions et cultures et contribué à la mise en place de la troisième plénière sur Démocratisation et droits humains.(6) Parmi les personnes présentes du réseau Lebret-Irfed : Sergio Regazzoni, Sally Rousset, Jacqueline Heinrich, Stepanus Djuweng, Teresita de Guia, Yves Berthelot (qui faisait partie du panel organisé par VUFO et est intervenu sur La question régionale ), des partenaires des Philippines, Indonésie, Malaisie. La participation de l’OMRI (Montreuil, France) était liée au projet de coopération Mali-Montreuil-Vietnam sur les techniques de la culture du riz. Le Centre a aussi facilité la participation d’une délégation chinoise, à partir d’un contact établi lors d’un séminaire ASEM à Barcelone.

Le Forum d’Helsinki (2006, à l’occasion d’ASEM 6)

Au dernier forum d’Helsinki, DCLI a plus particulièrement co-organisé le troisième axe intitulé Démocratie et droits humains.(7) Des ateliers sur Gouvernance locale, mouvements sociaux et partis politiques, populations indigènes, femmes et droits humains ont été préparés dans ce cadre.

La déclaration de ce dernier Forum appelle les gouvernements ASEM à utiliser un autre paradigme du développement économique que celui des institutions financières, un paradigme qui vise effectivement à éradiquer la pauvreté, qui permette d’assurer un futur "durable" aux populations. Elle recommande aussi aux gouvernements de rendre le "processus ASEM" plus transparent et responsable, en mettant en place des mécanismes facilitant les échanges entre peuples et l’intervention active des organisations de la société civile.

Le Forum en Chine (2008, à l’occasion d’ASEM 7)

Du 13 au 15 octobre 2008, le Forum AEPF se tient à Beijing, en Chine.
Plus d’informations : cliquer ICI

Notes

[1] - Les autres membres actifs du IOC sont : TNI (Pays Bas), Asienhaus (Allemagne), One World Action (Angleterre), Collectif d’ONG (Finlande), 11.11.11 (Belgique), DCLI (France), IPD, Philippines, Focus on the Global South, Forum Asia, VDPF (Vietnam), MSN (Malaisie), IPJI (Indonésie).

[2] - Un ouvrage sur le séminaire a été publié par ASEF, disponible aussi à DCLI.

[3] - devenu depuis Développement et Civilisations - Lebret-Irfed

[4] - Un document préparatoire a été publié et diffusé lors de l’atelier ; les contributions mentionnées ci-dessous le complètent.

[5] - La compilation des contributions, en anglais est disponible au centre. Voir aussi l’article de Francis Lee sur la société civile coréenne dans Foi et Développement.

[6] - Le compte-rendu de l’atelier ainsi que les contributions sont disponibles en anglais à DCLI.

[7] - Plusieurs documents sont disponibles à DCLI : thématiques de la plénière, contributions des intervenants dont l’article de Mariéme Hélie-Lucas : Développement et civilisations n°344


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Contact | Mentions légales | Crédits