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En Haïti

Enquête participative, ateliers et séminaire en Haïti, 2004-2006

Le contexte

JPEG L’année 2004 a marqué le 200ème anniversaire de l’indépendance d’Haïti. La date comme la situation de ce pays restent malheureusement l’expression tragique de son « cataclysme fondateur » : l’absence de dialogue entre des civilisations, dont les répercussions se font encore sentir.

Haïti est donc apparu comme hautement symbolique pour tenir un séminaire régional Amérique latine et Caraïbes, centré sur l’analyse des rapports entre la société civile et les pouvoirs publics. Avec le départ du président Jean-Bertrand Aristide en date du 29 février 2004 et les violents troubles politiques qui l’ont accompagné, la déstructuration tant des instances politiques que des organisations constitutives de la société civile ont accentué la nécessité d’instaurer un tel débat.

Du côté des pouvoirs publics, l’appareil étatique mis en place risque bien de ne pouvoir engendrer qu’une « démocratie de façade » car il a été mis en place et est contrôlé par l’oligarchie locale et des forces extérieures au pays. On copie ainsi un modèle politique étranger aux réalités du pays, sans y associer les populations.

Du côté de la société civile, le coup d’État (1991-94) a mis un terme à la forte émergence de mouvements populaires qui avait eu lieu à partir de 1986. En 1994, avec la fin des répressions, les mouvements reprennent vie mais dans une moindre mesure et de façon plus superficielle. Qu’en est-il à présent, après la chute d’Aristide et le vide qu’il a laissé quant aux revendications insatisfaites des classes populaires ?

Au niveau local, nombre d’organisations de la société civile sont porteuses d’une grande diversité d’expressions s’articulant avec les pouvoirs publics locaux et prometteuses de construction démocratique à partir « d’en bas » et avec les citoyens.

Le projet

JPEG Le passage dévastateur du cyclone Jeanne et l’instabilité générale ont eu raison en 2004 du désir pourtant réaffirmé des partenaires locaux d’accueillir un séminaire sur le thème des "Relations entre la société civile et les pouvoirs publics".

Mais quelles que soient les incertitudes et les difficultés conjoncturelles, le projet a été programmé en trois étapes :

  • l’identification et la capitalisation d’une douzaine d’expériences de terrain, se situant dans la durée, dans lesquelles la société civile organisée au niveau local et les pouvoirs publics locaux travaillent ensemble en vue d’améliorer les conditions de vie de la population.
  • l’organisation d’un atelier de restitution et de synthèse, afin de tirer les leçons des expériences capitalisées au niveau local et d’en élaborer des stratégies pour la construction d’un projet national
  • l’organisation d’un séminaire international avec une forte dominante caribéenne / latino-américaine. Il aura pour objectif de prendre du recul sur l’expérience proprement haïtienne et de permettre aux acteurs haïtiens de se confronter à d’autres expériences de rapports entre la société civile et les pouvoirs publics, permettant aux populations locales un meilleur exercice de leur citoyenneté.

La première étape a donné lieu à la réalisation en juillet et août 2005 d’une enquête participative, menée sur le terrain par deux jeunes chercheurs membres de DCLI, l’un sénégalais et l’autre haïtien. Ils ont bénéficié de l’appui logistique de l’ICKL, qui devient dès lors l’un des partenaires du projet.

Les deux dernières étapes ont été confondues. La rencontre internationale sur la question des rapports entre la société civile et les pouvoirs publics en Haïti, qui s’est tenue du 20 au 22 juin 2006, a repris les objectifs de l’atelier de restitution et de synthèse, ainsi que ceux du séminaire international.

Partenaires

L’atelier a été co-organisé par le centre Développement et Civilisations - Lebret-Irfed, et par l’ICKL.

Il a été animé par :

  • Jorge Balbis, vice-président du centre Développement et Civilisations, secrétaire exécutif d’ALOP (Asociación latinoamericana de organizaciones de promoción al Desarrollo)
  • Necker Dessables, Office de la protection du citoyen
  • Camille Chalmers, directeur de la PAPDA (Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif)

Rapport d’atelier

Les relations entre la société civile et les pouvoirs publics en Haïti

Gressier, Haïti 20-22 juin 2006 – Rapport de l’atelier international co-organisé par le centre Développement et Civilisations – Lebret-Irfed et l’Institut culturel Karl Lévêque, 2006/06, 40P, 10 Euros.
Document bilingue français / anglais, également disponible en créole et en espagnol.

En juin 2006, le centre Développement et Civilisations - Lebret-Irfed a co-organisé en Haïti un atelier sur « les relations entre société civile et pouvoirs publics ». Les participants - membres d’organisations paysannes, chercheurs, représentants d’ONG, spécialistes de la décentralisation – ont analysé les défis, nationaux et internationaux, que traverse ce pays. Ils ont également pointé du doigt les risques de la coopération décentralisée ou de l’action des ONG internationales lorsque n’existe pas de concertation et d’articulation des programmes locaux avec un projet national.

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Définir le terme de société civile

Face au détournement, au niveau haïtien et international, du terme de société civile, les participants ont dans un premier temps tenu à le redéfinir et ont réaffirmé la place incontournable que jouent les mouvements populaires en son sein.

Des espaces de participation citoyenne existent

Les participants ont mis en avant le fait que des espaces de construction démocratique existent, notamment dans la Constitution et dans les nouveaux textes de loi sur la décentralisation. Par l’éducation populaire et l’appropriation d’une conscience citoyenne, basée sur la connaissance des droits et des devoirs, la population en situation d’exclusion, paysanne dans sa majorité, s’avère en mesure de devenir un interlocuteur de l’Etat dans la définition des priorités politiques.

Agir pour en terminer avec l’exclusion

Par ailleurs les participants à l’atelier ont voulu que ne soit plus martelé ce terrible constat : « L’État ne nous connaît pas, et nous ne connaissons pas l’État ». Et souhaité qu’enfin puissent se poser les bases d’un développement où tous les acteurs concernés soient parties prenantes.

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Acteurs de développement aux niveaux local et global

Dans un processus participatif, l’atelier a conjugué deux regards. L’un, interne, fut apporté par l’enquête de terrain et les interventions de sociologues, de membres d’associations populaires et de spécialistes haïtiens de la décentralisation. L’autre, extérieur, fut celui des partenaires du réseau international Lebret-Irfed qui ont abordé l’interaction entre les réalités haïtienne, régionale et internationale.

Des outils pour un « développement de tout l’Homme et de tous les Hommes »

Le rapport de cet atelier a été publié . Ouvrant ses colonnes aux points de vue haïtiens et latino-américains, il prend une singulière actualité au vu des récents événements de violence sociale et de chaos politique, dont Haïti peine à sortir. Ce document, tout en proposant une hiérarchisation des actions concrètes à mener, contribue à la compréhension des enjeux d’un « développement de tout l’Homme et de tous les Hommes », et à l’analyse de la pertinence des pratiques de changement social. En annexe sont restituées, dans leur intégralité, les contributions des intervenants.

Voir rapport joint à cet article (à télécharger)

Documents joints


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