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En Europe

Ateliers préparatoires et séminaire à Prague (Rép. Tchèque), oct. 2005

Séminaire sur les rapports entre la société civile et les pouvoirs publics

Prague, 2005

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Le contexte

Dans un contexte où la priorité n’est pas donnée à la construction de l’Europe sociale, la crainte de l’avenir et la méconnaissance réciproque entre populations de l’Est et de l’Ouest sont une source de tensions et un frein à l’intégration.

Le projet

Le centre international Développement et Civilisations - Lebret-Irfed a joint ses efforts à ceux d’autres réseaux à l’œuvre en Europe :
  • pour promouvoir un dialogue en profondeur entre acteurs aux histoires et enracinements culturels différents,
  • pour appuyer un dialogue et des échanges d’expériences de transformation sociale. Ce dialogue est mené par des acteurs sociaux ayant la pratique, à différents niveaux, de relations entre sociétés civiles et pouvoirs publics .

Deux ateliers se sont tenus, l’un le 22 janvier 2005 en Savoie, l’autre les 27 et 28 juin 2005 à Bratislava (Slovaquie). Ils ont permis de commencer un dialogue entre organisations de la société civile d’Europe de l’Est et de l’Ouest, à partir de la présentation et de l’analyse de leurs expériences de relations avec les pouvoirs publics.

Ces deux rencontres ont été suivies du séminaire Europe, qui s’est déroulé fin octobre 2005 à Prague (République tchèque) et a réuni des participants d’Allemagne, Autriche, Belgique, France, Portugal, République tchèque, Slovaquie, Roumanie. Leurs expériences ont pu être échangées et confrontées à celles de représentants d’Asie, d’Amérique latine et du Moyen Orient impliqués dans des processus similaires.

Rapport d’atelier

Rencontre internationale de Prague

Un premier pas vers la constitution d’une société civile européenne

Le séminaire initié conjointement par le Centre international Lebret-Irfed et l’organisation tchèque Ekumenicka Akademie Praha, du 27 au 29 octobre 2005 à Prague (Tchéquie), a permis de franchir une étape importante dans la construction d’une société civile organisée en Europe.

Le rejet de la Constitution européenne au printemps 2005 par la France et les Pays-Bas et l’incertitude des consultations à venir dans les autres pays proviennent pour une large part de la faiblesse de participation de la société civile du continent aux débats et aux décisions prises par les institutions de l’Union.

Il est vain d’espérer une avancée significative tant que les citoyens européens resteront en dehors de cette construction qui les concerne au plus haut point. Qui oserait en effet prétendre qu’on puisse construire une Union réellement démocratique sans mobilisation des citoyens dans tous les secteurs de la vie en société, qu’ils soient économiques, politiques, sociaux ou culturels ?

Cependant, il faut aussi tenir compte du fait qu’une des difficultés à construire une société civile européenne organisée réside dans l’histoire de l’Europe et de sa séparation en deux blocs, séparation qui l’a durablement marquée au cours des longues années de la Guerre froide (voir article ci-joint de Lidmila Němcová). Les populations anciennement de l’est et de l’ouest de l’Europe se méconnaissent encore largement et manifestent des peurs les unes à l’égard des autres, allant même jusqu’à se voir réciproquement comme une menace par rapport à l’émigration et à l’emploi, entre autres.

A cela s’ajoute une autre difficulté, celle d’ancrer le débat européen dans les problématiques locales auxquelles sont confrontés les acteurs de terrain des différents pays du continent. De fait, les citoyens européens éprouvent des difficultés à percevoir au quotidien l’utilité de la construction d’une société civile européenne capable d’être un interlocuteur pertinent des institutions et pouvoirs publics concernés. Leur demande de proximité, de transparence et de participation trouve difficilement les canaux adéquats et efficaces pour s’exprimer. Cela ne peut que générer des frustrations et du découragement de la part des citoyens.

Autant de raisons qui ont poussé le Centre international Lebret-Irfed et Ekumenicka Akademie Praha à organiser un séminaire sur le thème des Rapports entre société civile européenne et pouvoirs publics en Europe. Treize pays ont participé aux débats, quatre n’avaient pu répondre à l’invitation. Des représentants d’autres continents (Amérique latine, Moyen Orient, Asie, Afrique) ont apporté leur expérience et permis d’enrichir l’échange.

De multiples questions ont surgi au cours du séminaire à propos desquelles il a été décidé de poursuivre la réflexion : participation des citoyens à la démocratie participative, éthique de l’action et importance des valeurs dans la vie politique et sociétale, travail en réseaux et transnationalité, recherche de synergies entre acteurs différents de la société civile, nécessaire dialogue entre civilisations et religions différentes…

Malgré les appréhensions du départ, le défi que représentait ce séminaire a été relevé avec succès comme l’ont souligné nombre de participants. « Ce fut un séminaire très positif, il ne faut pas laisser s’échapper les idées apparues ici », s’est réjoui Peter Marianek, de l’association slovaque Hnutie Human. Giorgio Casula de la CGTP portugaise, partage la même opinion : « J’ai découvert un réseau qui ne demande qu’à s’élargir. J’en retire de nombreux appels en direction de mes champs d’action : développement local et syndicat ».

Les représentants des autres continents ont également apprécié l’opportunité que leur a offerte ce séminaire. « L’ouverture vers l’Europe de l’Est représente pour moi quelque chose de très important, a souligné Jorge Balbis invité de l’Amérique latine. J’ai découvert que les problématiques des deux continents sont similaires ». Même réaction de la part de Samy Lorthousamy de l’Inde : « Ce séminaire m’a permis de découvrir cette partie de l’Europe qui m’était inconnue. La rencontre a été très positive, il faut continuer en ce sens ».

Les participants ont décidé unanimement de se donner des objectifs concrets pour poursuivre la réflexion et de renforcer l’action de la société civile aux niveaux local, national, régional et international. Il a été décidé en outre d’organiser prochainement un autre séminaire en Europe orientale sur le sujet crucial du dialogue des civilisations. Enfin il a été proposé de participer au Forum euro-latino-américain et caribéen de la société civile à Vienne (Autriche) en mai 2006 et au Forum des peuples d’Asie et d’Europe à Helsinki (Finlande) en septembre 2006. Autant d’initiatives qui devraient favoriser le développement des réseaux de la société civile internationale.

François Bellec

Voir rapport joint à cet article. (à télécharger)

Documents joints


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