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Accueil du site > Economie humaine > Colloque 2011 à Recife : Lebret et l’urbanisme

Villes neuves et épanouissement humain

tiré d’une étude du CIEDEHL - Economie et Humanisme n°138 mars-avril 1962

Pour aller vite et parer aux besoins les plus urgents, on a trop souvent construit, non pour permettre la vie sociale et créer une véritable Cité, mais pour loger (ou plus exactement faire dormir) la main-d’oeuvre des grandes concentrations urbaines et industrielles. Le IVme Plan, en insistant sur les investissements collectifs et l’urbanisation, a clairement condamné une telle tendance. Reste à savoir comment construire pour les hommes. Tirant les conclusions de dix ans d’expérience, d’action et d’enquête, l’auteur trace les voies de solution possibles et nécessaires.

Selon les indications contenues dans le IVme Plan, on estime que pendant les années 1962-65, la demande de logements familiaux sera moins pressante et ne reprendra qu’en 1966. C’est l’occasion pour les constructeurs et les municipalités de réfléchir sur le travail réalisé depuis dix ans et d’examiner les problèmes posés par les petits, moyens et grands ensembles qui ont changé la physionomie de nos villes et bourgades de l’Est.

Peut-être ces réflexions seront-elles utiles à d’autres qui ont des expériences analogues ailleurs.

PROBLÈMES POSÉS À UNE MUNICIPALITÉ PAR LES LOGEMENTS DÉJA RÉALISÉS

Il y avait des besoins en logement indéniables, c’étaient 100, 200, 300 familles qui harcelaient le maire et ses conseillers. Il fallait construire : une société d’H.L.M. ou un office municipal était là, quelquefois même un architecte de renom se trouvait prêt à aider la municipalité et avec raide de l’Etat, les terrains municipaux, un emprunt, beaucoup de papiers, de tracas et de bonne volonté, on a réalisé 1, 2, 3, 4. groupes d’habitation qui ont enfin permis aux familles de se loger.

Mais alors on s’est aperçu que tout n’était pas résolu, bien loin de là. Il y a eu les écoles à réaliser, les centres commerciaux, les garages, les parkings, Ies espaces verts, les maisons de jeunes, etc. Puis il y a non seulement le logement des demandeurs de la ville à satisfaire, mais toute la région qui a des besoins en logements, et là, on ne sait plus bien comment chiffrer la demande et établir le programme. Il y a les oppositions qui se créent entre anciens quartiers et nouveaux quartiers (avec les « étrangers qui ne sont pas d’ici »)… qu’ils viennent de 10 ou 100 ou 1 000 km, c’est la même chose), comment établir les liaisons ? Il y a la vie sociale - on fait des choses : stade, jardin public, salle des fêtes… c’est très compliqué et le but sera-t-il atteint ? Dans quel ordre réaliser ces équipements ? Comment les faire vivre une fois qu’ils existent ?

D’autres programmes vont être à réaliser à partir de 1965-66 ou plus tôt. Comment tirer parti de l’expérience actuelle ? Quel programme précis donner aux constructeurs ? Faut-il des pavillons, des logements avec jardin, de petits ou grands collectifs ? Il n’est pas possible d’apporter des réponses à ces questions sans avoir recueilli l’expérience et les leçons des réalisations semblable.

LA POPULATION OUVRIÈRE DE L’EST DEVANT LES LOYERS ET LES CHARGES DES IMMEUBLES MODERNES

Avant de se mettre dans la position du constructeur qui dresse un programme, il faut bien comprendre la mentalité de la famille qui recherche un logement et qui a devant elle une gamme de propositions. En effet, il y a lieu d’espérer que bientôt, dans l’essentiel, la crise du logement sera résolue, et que les familles ne prendront pas n’importe quoi, à n’importe quel prix, comme cela a été le cas jusqu’à présent en période de pénurie.

D’une certaine manière, pas complètement, le logement est à la fois une denrée et un service, et il faut connaître les désirs profonds du client.

Le choix du logement et de la densité d’occupation

Il y a tout d’abord une notion théorique du besoin, qui peut s’exprimer de façon quantitative et analytique : étant donné l’âge, le sexe et le nombre des enfants, éventuellement des personnes à charge, on fixe, compte tenu des normes concernant la surface ou le nombre de pièces, l’importance du logement.

Par ailleurs, il est évident que Ies jeunes enfants préfèrent jouer sur un plan horizontal, à proximité de leur mère, et que s’ils sont plusieurs on a intérêt à les mettre dans un jardin particulier plutôt que de les faire courir dans l’escalier ou l’ascenseur d’un collectif, qu’il faut nettoyer et entretenir. Cependant, ces enfants grandiront, et arrivés à l’âge des études, ils ne resteront ni dans la maison ni dans le jardin : à ce moment là, la mère de famille, dans un bâtiment collectif, aura moins de travail et davantage de services collectifs : chauffage, vidoirs, commerces à proximité, etc.

L’étude des différentes fonctions du logement suivant la composition de la famille a été très bien approfondie ces temps derniers ; il n’est que de regarder ce qui a été écrit ou ce que nous voyons pour comprendre que, pour une famille donnée, à un moment donné, on peut lui affecter un logement qui la satisfera, théoriquement de façon parfaite.

Cette satisfaction cependant ne peut être que momentanée, car il se trouve des points qui échappent à l’analyse.

En dehors du fait du temps qui intervient, qui fait vieillir la famille comme le logement, il y a d’autres, choses qui ne peuvent pas être évaluées ou analysées : l’entourage au point de vue naturel, la vue, les communications, la proximité des équipements collectifs qui sont utilisés de façon très différente suivant l’âge des parents et des enfants ; les voisins, qui sont un problème extrêmement important et cependant bien subjectif puisque, si on recherche l’origine des brouilles entre voisins, on ne trouve d’ordinaire pas grand chose de réel ; tout cela influe et influera de plus en plus sur le candidat à un logement.

En fait, le logement n’est pas seulement une marchandise ou un service, il agit profondément sur la vie et le comportement de tous les membres de la famille ; cette famille se trouve placée dans un ensemble vivant et dans un cadre qui aura une influence certaine sur son comportement,

La notion de temps, qui fait évoluer les besoins, apporte l’idée d’enracinement qui est quelque chose d’essentiel pour la plupart des individus et a fortiori pour les familles.

Le logement locatif qui théoriquement permet à tout moment, s’il y a suffisamment de logements et une bonne variété de types, d’affecter à une famille le logement correspondant à ses besoins, est en partie opposé au désir d’enracinement qui est cependant très sain.

Le logement locatif a marqué un progrès sur la propriété individuelle, qui a été le lot des familles pendant des centaines de générations ; mais le principe de la mutation ne doit pas être poussé trop loin, car on risque de favoriser les instables et les insatisfaits, sans les contenter. A tout le moins, il faut que la famille puisse rester dans la même ville ou mieux le même quartier.

Le coût du logement

En tant que marchandise et service, le paiement d’un loyer pour le logement semble une chose normale, surtout pour des familles qui ont une tradition urbaine. Mais la transformation qui marque ce siècle fait que nous substituons une civilisation urbaine à une civilisation rurale.

Pour les seuls départements de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, la population urbaine a été multipliée par 6 ou 7 en 100 ans. La plupart des familles viennent ainsi de petites villes ou de campagnes, où le loyer a été nul ou presque, surtout du fait des différentes lois sur le logement qui ont arrêté la construction.

La notion d’un coût du m² de logement et de son équipement, si elle est saisie intellectuellement, n’est pas rentrée dans la pensée des familles.

Toutes ces familles, qui sont si près de leurs attaches rurales, ont gardé le goût et le désir du jardin, avec non seulement l’idée d’un rapport matériel, légumes, fruits, etc., mais ressentent très bien l’apport moral du jardin avec ses fleurs et ses fruits. Il y a là une réaction saine contre la collectivation de la vie et de l’époque qui n’a que trop tendance à uniformiser l’homme dans ses sentiments.

Il ne faut donc pas s’étonner des réactions fort différentes devant le même logement, suivant que l’on a à faire à des familles qui viennent d’un milieu urbanisé depuis longtemps, ou au contraire d’un milieu rural.

Le coût du logement est allégé par des prêts ou des garanties de l’Etat, et par l’allocation logement qui permet aux familles nombreuses ou ayant de faibles ressources de pouvoir payer le loyer correspondant au logement satisfaisant ses besoins.

Mais le mécanisme compliqué de l’allocation logement n’est toujours pas compris. Il est courant en effet qu’une famille qui dispose par exemple d’un logement, avec jardin, de 3 ou 4 pièces habitables, refuse un logement tout à fait semblable, avec une pièce de plus parce que cette pièce lui coûtera 3 000 ou 4 000 fr de loyer mensuel en sus. On a beau expliquer que le déménagement sera presque complètement payé, que l’allocation logement supportera 90 à 95% de l’augmentation du loyer, le ménage hésitera à partir, et quand on cherche à aller au fond des choses, on trouve les arguments suivants : les faux frais de déménagement, l’enracinement avec les habitudes prises, et surtout l’argument des voisins et des commerces (on se trouve bien où on est, on s’entend bien avec les voisins, on ne veut pas changer de quartier, etc.).

Le coût des charges afférentes au logement

Un certain nombre de services sont rendus maintenant par les immeubles modernes, et, au fur et à mesure de l’élévation des niveaux de vie, il est souhaitable que ces services se multiplient. Des maintenant, en dehors du tout-à-l’égout, de la voirie et de toutes ces choses qui sont règlementaires, interviennent pour un immeuble moderne, même simple : l’éclairage des parties communes, l’ascenseur, le chauffage, l’aménagement et l’entretien des abords et de la voirie privée, avec souvent des espaces de jeux organisés pour les enfants. Tout cela coûte et est supporté en totalité par les locataires. Ce sont des frais qui jusqu’à présent entraient peu ou pas dans le budget des familles ; si le coût de la minuterie est faible, l’ascenseur représente environ 500fr par mois et par logement. Le chauffage collectif apporte une amélioration certaine au point de vue du confort ; il permet un meilleur rendement. Mais il faut payer et entretenir une installation plus onéreuse ainsi que le personnel de gestion et d’entretien ; la répartition de la dépense se fait aussi moins bien, et il y a un gaspillage de calories que l’on peut évaluer à 30 ou 40%, etc.

Analysons le problème du chauffage : nous devons mettre en regard les moyennes suivantes : le chauffage annuel d’un 4 pièces collectifs (70 à 72 m²&) coûtera dans nos régions environ 45000fr/an ; pour le même logement, en chauffage central individuel, qui nécessite évidemment un travail du locataire, le prix baissera à 25 ou 30000fr, suivant que le locataire sera plus ou moins frileux. Evidemment, le service ne sera pas le même ; à la limite, un simple chauffage à air chaud coûtera, toujours pour le même logement, 20 à 25 000fr : les chambres ne seront peut-être pas bien chauffées, mais cela marque déjà un progrès important par rapport au chauffage d’hier qui était celui de la cuisinière chauffant la salle commune. Dans l’esprit des familles, ces charges sont, comme le loyer, obligatoires, et on ne veut pas, pour la grosse majorité, avoir de dette. On craint pour l’avenir de ne pas pouvoir payer ces charges lourdes en cas de chômage partiel ou de maladie, « on n’est pas maître de la dépense », tandis que si ce service n’existait pas, on pourrait à son gré se chauffer ou économiser.

Plus ou moins consciente, cette réaction existe dès l’entrée dans les lieux et dès que le choix est proposé.

L’EVOLUTION DES BESOINS

Nous en avons dit un mot plus haut.

Il faut analyser cela plus à fond : au fur et à mesure des années, les besoins des familles changent considérablement.

en fonction du travail

Les ressources du ménage peuvent être très différentes suivant qu’il y aura un ou deux ou plusieurs salaires. La stabilité du travail pourra permettre de s’engager ou non sur un budget. L’emploi apportera un genre de vie qui pourra changer suivant que l’on est posté ou non posté par exemple, suivant les variations d’horaire de travail (travaux publics) ; la distance du logement au lieu de travail est un facteur important suivant que l’on se trouve devant un emploi stable ou au contraire, comme dans les grandes villes ou dans certaines professions, devant un emploi dont l’implantation change.

Ceci influencera le logement : son implantation, en fonction de la distance ou des moyens de transport ; sa situation, en fonction du bruit ou du silence ; le type même du logement : il faut que l’homme puisse par exemple se reposer la journée.

Si plusieurs membres de la famille travaillent, Ies heures des repas seront souvent différentes, d’où influence sur la confection des repas ; si la mère de famille travaille, là aussi la cuisine, le ménage ne seront pas Ies mêmes, en raison des différents modes de vie

en fonction des enfants

L’âge et Ie nombre sont des facteurs importants. Tant qu’ils sont petits, le problème est simple ; ils jouent au jardin ou à proximité immédiate de la maison. Mais dès qu’ils grandissent les problèmes scolaires se posent, et entrainent maintenant souvent la question de transports.

Jusqu’à présent, nous vivions dans un monde où, pour la grande majorité, les besoins scolaires des enfants se limitaient à l’école primaire. Il n’en est plus de même maintenant, et heureusement, nous allons vers une époque où les taux de scolarisation de 75% seront courants jusqu’à 20 ans. Ces écoles techniques, professionnelles, secondaires devront pouvoir être implantées avec des durées de trajet raisonnables, et vraisemblablement il faudra abandonner le retour à midi à partir d’un certain âge.

Le nombre des enfants a aussi une grande importance, puisque, quelle que soit raide qu’apportent Ies allocations familiales, le budget des familles nombreuses sera toujours plus difficile que pour les autres familles.

Il faudra aussi que les enfants, même s’ils sont nombreux, puissent non seulement jouer à proximité de la maison, mais .encore travailler chez eux, car ils ne seront pas tout le temps à l’école et il ne feront pas que jouer quand ils seront rentrés.

en fonction de la mère de famille

Deux situations se posent, entièrement différentes, suivant qu’elle a des enfants chez elle ou non.

Si elle n’a pas d’enfants, le logement moderne doit normalement lui faciliter son travail ; elle ne sera pas suffisamment prise par son intérieur. Elle saura ou ne saura pas faire un jardin, et elle n’en aura pas toujours. Alors, toute une gamme de choix se pose à elle suivant qu’elle préférera vivre à l’intérieur chez elle ou à l’extérieur. Là, elle sera sujette à l’influence de ses origines géographiques, de son éducation, éventuellement de ses études : si elle est du Midi, elle vivra à l’extérieur. Cela ne pose d’ailleurs pas de problème d’éthique, mais uniquement de comportement.

Si la femme a des enfants, le problème est différent ; sa vie est organisée en grande partie en fonction de ses enfants, et là encore elle demandera à son habitat des choses différentes, suivant son éducation à elle, son comportement, etc.

…et de la famille

Ces besoins des familles évolueront profondément dans les dix ou vingt prochaines années, alors que les logements sont construits et ne pourront guère être modifiés pendant une durée beaucoup plus longue.

Pour le moment, les familles que nous logeons se bornent, pour la plupart, aux famines réduites au couple et aux enfants, c’est ce que nous appelons la famille conjugale. Mais, avec le vieillissement des parents et l’âge de la retraite, les problèmes se modifieront. Lors de la crise aiguë du logement, nous avons vu plusieurs ménages du même groupe familial au même foyer. Cela se poursuivra-t-il ? Est-ce bon ? Il est certain en tous cas que les enfants ont besoin, pour leur éducation, d’une certaine proximité des grands-parents et des vieillards. La cité de demain le permettra-t-elle ?

Avec les modifications du niveau de vie, les goûts se modifieront. Dans quel sens ces goûts, ces besoins évolueront-ils ? On peut en avoir quelque idée : les familles chercheront à équilibrer la vie de tension, de bruit, du magasin, de l’usine et du bureau, par plus de calme, plus de détente, plus de silence. La contre-partie de la vie moderne, toujours plus active, sera la réduction du nombre d’heure de travail.

Il y aura donc lieu pour tous ceux qui travaillent, de rechercher une activité manuelle ou une occupation qui leur permettra de s’épanouir, alors qu’ils ne le peuvent souvent pas dans leur occupation professionnelle ; c’est la vogue aux Etats-Unis du « hobby » et du « faites-Ie vous-même ». Ceci commence, dès maintenant, dans nos logements ; nous le voyons pour beaucoup de ménages qui cherchent à aménager au mieux leur demeure pour simplifier le travail de leur femme, et ceci est bon ; c’est un facteur de stabilité. Nous le voyons aussi pour quelques-uns qui réalisent ou perfectionnent des appareils ménagers. Demain, ce sera le week-end tout en sorties, le bateau, et pourquoi pas la « maison à soi », qui ne sera peut-être qu’un simple cabanon, si pour d’autres motifs (éducation des enfants ou travail) on doit rester en ville. Mais cette « maison à soi » apportera le jardin ou tout simplement le verger, la détente qui est nécessaire à l’équilibre de vie d’une famille.

LES ÉQUIPEMENTS COLLECTIFS

Il semble difficile, dans une vie urbaine moderne, de ne pas donner de façon commode à tous les habitants l’usage facile des 29 équipements citadins ou des services qu’ils représentent suivant l’énumération ci-dessous :
mairie ; édifice du culte ; cimetière ;réseau de rues et trottoirs ; entretien des chaussées ; nettoyage des rues ; protection contre l’incendie ; téléphone ; transports vers d’autres localités ; commerces ; école primaire ; bibliothèque ; salle de spectacles ; eau potable ; égouts ; terrain de sports ; hôtel ; bureau de poste ; salle de réunion ; consultation de nourrissons ; école maternelle ; assistantes sociales ; enlèvement des ordures ; grande place ; parc à voitures ; marché ; W.C. public ; gaz.

Cette énumération correspond à un ensemble d’équipements collectifs devenu indispensable en milieu urbain.

C’est pourquoi, les programmes actuels de construction de logement sont d’environ un millier de logements, afin de constituer un quartier de 4000 à 5000 habitants qui représente à peu près l’unité de vie sociale urbaine.

ESSAI DE SOLUTION POUR SATISFAIRE LES BESOINS

Il nous faut, tout d’abord, esquisser une solution générale du problème : compte tenu de besoins si différents, il faut insister sur la pluralité des types de logement qui doit s’accompagner d’une large échelle du montant des loyers appIiqués.

Ceci aura déjà l’avantage d’éviter l’uniformité que l’on a reprochée aux cités ouvrières et que l’on retrouve souvent dans les quartiers neufs où l’on voit les petites maisons et les collectifs s’ajouter les uns aux autres de façon monotone et géométrique. Le premier principe du programme général d’un quartier de mille logements devra être de permettre aux futurs locataires d’exercer leur choix sur une gamme très étendue. Ceci évitera d’ailleurs à ce quartier d’avoir un caractère trop marqué et d’y permettre la pluralité des professions, des ressources et des âges : sur l’impérieuse nécessité de cette diversité tous Ies sociologues se sont trouvés d’accord.

Il faudra y trouver :

1er groupe : petits logements très économiques avec jardin

Ces petits logements auront un minimum de voirie et d’équipements. En principe, il n’y a que peu de circulation automobile sur la voirie. On y laissera la possibilité pour les occupants d’y réaliser un travail assez important concernant la clôture et les aménagements. Evidemment un cahier des charges précis devra être imposé pour ces travaux. La voirie sera réduite : pas de trottoirs, routes avec semi-imprégnation. Pour obtenir le loyer le plus faible possible, on évitera toutes les dépenses aussi bien dans le logement que dans les VRD qui pourraient charger aussi bien le coût de base que les frais d’entretien et de fonctionnement. La liste suivante n’est pas limitative : chauffage par poêle, pas de gaz de ville (le butagaz doit suffire), fosses septiques ou simples fosses de décantation si le service de santé le permet, etc.

Ces groupes de petits logements pourront être éloignés des commerces et centres de circulation. Il faudra cependant qu’ils se trouvent à proximité d’un axe de transport sur lequel les occupants trouveront les transports en commun nécessaires.

Le type des logements sera divers : logements individuels de 5 pièces et plus pour familles nombreuses, logements en bande, éventuellement des petits collectifs de 4 logements, 2 au rez-de-chaussée, 2 à l’étage, mais avec des entrées séparées et la possibilité, pour tous ces logements, de pouvoir aller dans son jardin sans passer chez le voisin.

Compte tenu du genre de vie des familles qui s’y trouvent, le garage et les accès de transport un peu lourds ne doivent être qu’occasionnels. Si l’élévation du niveau de vie permet aux occupants d’avoir une voiture de deuxième main, les garages devront être rejetés à l’extérieur.

2ème groupe : petits collectifs à 3 ou 4 niveaux

Ils constitueront des ensembles plus résidentiels et devront avoir le confort des H.L.M. ou des Logéco actuels. Ils n’ont pas d’ascenseurs mais doivent présenter les éléments minimum suivants : insonorisation la meilleure possible, aussi bien dans le sens horizontal que dans le sens vertical ; aménagements extérieurs permettant aux enfants de jouer et aux mamans de les surveiller ; chauffage central avec la chaudière dans l’appartement, ce qui permettra au locataire de conduire lui-même son chauffage ; équipement sanitaire simple mais convenable (bacs à laver, récepteur de douche).

Ce groupe de logements devra permettre à des familles d’avoir à la fois de petits enfants et des enfants d’âge scolaire. Il devra trouver à proximité des groupes scolaires primaire.

3ème groupe : grands collectifs de 5 niveaux et plus, d’excellent standing

Ils seront approximativement du type connu sous le nom de prime à 6 NF. Les espaces verts qui les entourent ainsi que la voirie doivent correspondre à ce standing. Ils sont au centre du quartier ou placés à proximité, non immédiate, d’axes de transport importants. Ils se trouvent équipés d’un chauffage collectif, de vide-ordures, etc. Cependant le chauffage collectif devra être corrigé, soit par des répartiteurs de calories, soit par un chauffage d’appoint réglable par le locataire.

Ces grands collectifs ne doivent pas être les seuls bâtiments autour du centre commercial ; il y aura lieu de trouver une combinaison simple, qui permettra d’utiliser les rez-de-chaussée de ces grands collectifs comme magasins de façon à créer de la vie autour d’eux.

Dans cet esprit et afin d’éviter une classification trop rigide des classes sociales par les loyers, nous souhaitons que les étages inférieurs, de ces grands immeubles soient réservés à des bureaux ou a des logements de normes plus économiques que celles des logements supérieurs.

4ème groupe : villas

Ce sont des maisons individuelles ou jumelées d’un bon standing dépassant le plus souvent les normes de la prime à 6 NF, donc d’un loyer assez élevé en raison du coût de la construction du terrain, de l’aménagement des abords et de la voirie.

Après cette classification sur le plan du loyer et sur le plan social, il faut rechercher le point de vue de l’architecte et de l’urbaniste.

C’est en fonction d’un programme de logements tenant compte des différentes classes sociales et de leurs possibilités de paiement des loyers et charges que l’architecte et l’urbaniste travailleront avec soin afin de réaliser une composition ayant une valeur plastique. Leur rôle ne se bornera pas là : l’urbanisme devra être étudié en fonction des besoins collectifs de cette population, c’est-à-dire :

  • 1 -Les circulations : circulation des voitures automobiles, circulation des piétons, analysées en fonction des différents courants. Comment vont circuler les enfants vers les écoles, les parents vers les commerces, vers les centres urbains et les services publics, vers les lieux de travail. Il faut que ces différents courants de circulation soient conçus de \façon réaliste afin d’éviter des accidents et de la fatigue.
  • 2- Les espaces de jeux des enfants doivent être étudiés avec soin de façon à être différenciés selon les âges : il y a l’âge du bébé qui reste près de sa mère et ensuite l’âge de l’école primaire, puis l’âge du jeune sportif.
  • 3- Les espaces de repos et de détente pour les adultes doivent se trouver dans le quartier. Il faut des squares avec de la verdure, des jeux d’eaux si possible où les habitants de la ville puissent trouver un peu de calme. Il y a la place des jeux calmes d’adultes qui doivent se trouver en dehors des stades et de l’entraînement des sportifs. Il y a enfin les jardins de compensation, clos de façon convenable avec un petit abri fait par l’organisateur où peut être entreposé le matériel et à proximité peut-être, si la distance l’oblige, un abri pour la pluie.

Ces principes généraux pourraient être développés suivant les cas particuliers.

APPLICATION A UN CAS PARTICULIER

La ville ancienne, appelons-la Villevieille, n’avait pas de terrain libre à proximité de ses remparts ; le plan d’urbanisme a profité du petit bois qui était la promenade locale aux arbres centenaires : Blanchefontaine, classé comme espace vert à conserver en priorité. Un peu plus loin, près de la fontaine, on a créé Villeneuve qui fait l’admiration de tous les connaisseurs car cet ensemble de 400 logements donne vraiment l’idée de l’architecture de demain : c’est l’exemple des bâtiments du siècle, et on vient de loin pour les voir. Mais Villeneuve vient d’être occupé et il faut sérier les problèmes qui s’y posent.

Le liaison Villevieille-Villeneuve est le problème le plus important et le plus urgent. Il faut trouver la liaison qui sera la plus directe et la mieux dessinée en fonction des besoins de la population comme en fonction de l’esthétique. Il faut absolument éviter l’isolement de Villeneuve qui créerait bien vite, si l’on n’y prend garde, de véritables maladies sociales :

  • 1 -Repliement de la population sur elle-même. Les locataires ne se connaissent pas, ils soutiendront volontiers celui qui tiendra le plus de volume ou qui sera te plus beau parleur : au bout d’un certain temps, ils seront déçus et s’enfonceront encore plus dans un individualisme qui ne sera pas sain.
  • 2 -Conflit avec Villevieille ; il est facile de grouper les rencontre quelque chose ou contre quelqu’un : il sera bien évident que, pour les occupants de Villeneuve, tous les maux, vrais ou prétendus, viendront de Villevieille qui ne s’occupe pas d’eux et qui ne fait pas ce qu’il faut, etc.
  • 3 -Etat d’anarchie des mentalités, particulièrement chez las jeunes ; il faut prendre conscience que ces familles et plus particulièrement les enfants, ne se trouvant plus dans le cadre qui a été celui de leur vie de famille jusqu’alors, rejetteront les contraintes de cette nouvelle collectivité et seront tentés de devenir des anarchistes.

Il faut que Villeneuve se sente aidé et soutenu en permanence par la population existante de Villevieille. Cela se trad.ira par des réunions d’associations couvrant toute la ville de Villevieille, et qui se tiendront, tantôt dans Villevieille, tantôt à Villeneuve ; comme il s’agit d’une population jeune, les réunions sportives pourront à la belle saison favoriser ces rencontres. Il faut ajouter des visites par les habitants de Vlllevieille. Combien connaissent Villeneuve sous sa forme actuelle, telle qu’elle est occupée, avec ses qualités et ses défauts ?

En sens inverse, il faut que les habitants de Villeneuve se sentent accueillis quand ils vont à Villevieille : la mairie, le centre d’accueil, etc. où lors de la mauvaise saison et lors d’un coup dur, ils pourront se connaître entre eux et connaître les habitants de Villevieille. Il faut créer des liens entre les deux villes.

Vie du quartier de Villeneuve ; quand tous les logements seront occupés, il y aura approximativement 1 500 à 2 000 habitants. Cela devra être suffisant pour créer une vie de quartier, bien que cela nous semble un peu court, mais il n’y aura pas de vie de quartier tant que les gens de Villeneuve ne se connaîtront pas et pour qu’ils se connaissent, il faut qu’ils réalisent ensemble des choses. Nous considérons que se borner à signer des pétitions de réclamation ne représente pas une réalisation : on ne refuse pas de signer à un meneur. Il faut qu’ils apprennent par eux-mêmes les difficultés de toute réalisation.

En tout premier, le rôle d’une association familiale nous semble primordial. C’est elle qui analysera les besoins : besoins des enfants, des mères de famille, de ceux qui travaillent au dehors. C’est l’association familiale qui cherchera à trouver une solution par ses moyens propres. Il faut déjà, avant de tendre la main à VillevieiIle, que par eux-mêmes ils trouvent des solutions à certains problèmes.

Le rôle de liaison avec la mairie doit être organisé pour tout le quartier à l’échelon d’une association largement ouverte à tous. Il semble que l’association familiale puisse grouper tout le monde. Pour cela, il faut que cette association familiale soit apolitique et ne présente pas de caractère de classe.

C’est avec l’association familiale que la municipalité doit étudier très rapidement la liste des équipements collectifs pour voir comment il a été répondu jusqu’à présent à ces différents besoins.

Les équipements collectifs : chacun des besoins suivants devra être étudié d’abord par l’association familiale, puis en liaison avec la municipalité, pour rechercher quelle solution peut être trouvée sur place, ou sinon comment sera faite la liaison.

  • 1 -Annexe de mairie : une permanence ou un bureau ne doit-il pas être installé sur place pour renseigner les locataires, et s’il en reste encore à arriver, pour accueillir les nouveaux ? Une petite enquête doit être faite : comment les habitants de Villeneuve ont-ils été accueillis sur le plan individuel, en dehors du logement proprement dit ? Qu’auraient-ils voulu trouver ? Comment la mairie peut-elle résoudre les problèmes qui sont de son ressort ? Le bureau d’état civil doit être étudié. Faut-il obliger les pères de familles, lors d’une naisance ou d’un décès, à aller à Villevieille ? Comment résoudre le problème sur place ?
  • 2 -Culte : peut-on obliger les habitants de Villeneuve à aller à Villevieille pour remplir leurs devoirs religieux ? Une chapelle peut-elle être édifiée, du moins à titre provisoire ?
  • 3 -Aménagement des abords, jeux d’enfants et espaces verts, entretien des chaussées, éclairage public, service d’enlèvement des ordures. La distinction du domaine public et du domaine de l’office doit exister au moins provisoirement de telle façon que les tâches qui incombent aux propriétaires et celles qui incombent à la municipalité soient bien fixées.
  • 4 -Protection contre l’incendie : n’y a-t-il pas des instructions à donner de façon précise aux locataires, non seulement par écrit mais de façon pratique, en liaison avec la municipalité et le propriétaire ?
  • 5 -Bureau de poste : une annexe de bureau de poste doit être installée. Il nous semble qu’un simple bureau muet est insuffisant pour une population de cette importance.
  • 6 -Service des transports en commun : compte tenu de l’hiver et de nos régions de l’Est, les transports individuels ne peuvent pas résoudre tous les transports vers le travail ou vers les centres commerciaux, etc. Des transports collectifs devront être organisés de façon à répondre aux, différents besoins, aux heures et suivant les convenances. Il est bien évident, par ailleurs, qu’un service des transports en commun doit avoir une certaine rentabilité ; cela, entraînera des plaintes fréquentes des usagers qui auront d’ailleurs du mal à dire exactement ce qu’ils veulent. Il ne faut pas oublier non plus que lorsque l’on crée un service, au début il n’est pas connu, les habitudes ne sont pas prises, et il n’y a personne dans le car : il faut avoir un peu de patience en la matière.
  • 7 -Commerces : une étude, par nature de commerce, du chiffre d’affaires possible doit être réalisée. Cette étude peut être approximative et s’appuyer uniquement sur l’analyse des budgets telle qu’on la trouve dans les publications du CREDOC : compte tenu du coefficient familial, on établi le budget de l’ensemble des familles : on a ainsi le chiffre d’affaires possible. Il ne faut pas oublier cependant qu’un certain « coefficient d’évasion » doit être introduit pour tenir compte des achats qui se feront en dehors de la commune. Cette étude est indispensable pour connaître les commerces rentables sur la base de 1 500 habitants ; en première approximation, il semble que n’est rentable qu’un magasin d’alimentation générale d’une surface de vente d’environ 80 m². Il peut s’y ajouter l’annexe d’un bureau de tabac avec la vente des journaux.
  • 8 -Ecoles primaires et maternelles : là nous avons les chiffres actuels : 103 enfants d’âge maternel et 156 enfants d’âge primaire. Cela représente trois classes maternelles et les classes élémentaires de l’enseignement primaire. Cependant il faut faire attention à l’avenir, car la population n’est pas stabilisée dans l’ensemble actuel. Il est indispensable de faire la pyramide des âges des enfants et de suivre les naissances pour pourvoir suffisamment à l’avance aux besoins scolaires, en tenant compte évidemment de l’instabilité des familles.
  • 9 -Bibliothèque : il s’agira d’une bibliothèque tournante, avec une permanence plusieurs fois par semaine, à des heures à convenir avec la population et où se feront les dépôts de livres.
    Deux catégories : bibliothèque pour adultes et bibliothèque pour enfants. Il faut insister sur l’éducation des familles et des enfants au moyen de ces prêts de livres, qui, compte tenu de l’isolement de Villeneuve, seront certainement beaucoup plus prisés qu’à Villevieille. Nous sommes à peu près sûrs qu’on lira beaucoup plus à Villeneuve qu’ailleurs.
  • 10 -Salle de spectacle : la constitution d’un esprit de quartier se fera par des réunions où se retrouveront les gens qui habitent ce quartier. Comment veut-on sans cela qu’ils se connaissent ? Ce ne peut être les contacts occasionnels, lors de la garde des enfants, lors des transports en commun ou lors du passage dans les commerces ambulants ou autres, que peut se faire la connaissance des familles entre elles.
    Comme nous sommes dans un pays où le climat n’est pas toujours très clément, il faut que les réunions soient possibles ; c’est-à-dire que le plein air ne sera que l’exception. Il faut une salle de spectacle et des salles de réunion. Peu importe l’objet même de la réunion à la condition qu’il soit d’un effet positif : ciné-club, projection de films, causeries, etc. L’essentiel c’est la réunion et la discussion qui se produit, et où les leaders peuvent apparaître et exposer sur un sujet pratique tout ou partie de leurs idées. Il faut aussi que ces réunions soient dirigées par quelqu’un qui y apporte le bon sens nécessaire.
    A noter toute fois que la seule réunion dans le noir lors d’une projection d’un film, n’est pas une réunion. Il faut un exposé préalable et une discussion après la projection.
  • 11 -En annexe de la salle de spectacle, il doit y avoir de petites salles de réunion pour des sociétés ou groupements. La population doit fixer l’importance de cette salle de spectacle et des salles de réunion. On peut estimer qu’une grande salle de 150 à 200 places est suffisante et que trois salles de réunion pour 12 à 25 personnes chacune conviennent, mais ces chiffres ont besoin d’être vérifiés en liaison avec la population.
  • 12 -Consultation des nourrissons : doit être faite sur place. On peut utiliser les salles de réunion dont nous parlions ci-dessus, compte tenu de la fréquence de ces consultations. Par contre, la visite médicale scolaire ne semble possible à Villevieille qu’à la condition d’organiser le transport des enfants.
  • 13 -Marché : pour le moment il ne semble pas que la population puisse faire vivre un marché. Cependant, compte tenu des besoins en commerces, qui ne seront pas résolus avant un certain temps pour la population de Villeneuve, une telle réalisation serait certainement bien accueillie.

Optimum de population : l’analyse faite en commun par Villevieille et Villeneuve montrera :

  • 1 -L’insuffisance de la population dans certains cas. Certains commerces, l’éducation des grands, les loisirs des jeunes à partir d’un certain âge, le bureau de poste, le gymnase, les sociétés sportives, etc. nécessitent un certain chiffre de population variable suivant le nombre de « clients » en puissance.. Si ce nombre est insuffisant, il faudra envisager deux solutions :

Transport verrs Villevieille de la population intéressée par cet équipement : il faudra dénombrer le nombre de « clients », les horaires, la possibilité de payer, etc.

La création autour de Villeneuve de nouveaux quartiers d’habitation : le besoin en logements existe dans la région drainée, mais il est nécessaire que les réalisations soient faites en fonction de possibilités de payer un loyer par ceux qui demandent un logement.

  • 2 -L’évolution, dans le temps, des besoins des habitants : ces besoins évolueront très vite si l’on considère une période de 10 à 15 ans ; ce qui semble actuellement essentiel ne le sera plus du tout, peut-être, dans 4 ou 5 ans. Ceci est fonction de l’habitat, car un tel mode d’habitat en collectif avec l’équipement que représente l’unité d’habitation influencera certainement le comportement de la population, et ses demandes, qui actuellement sont celles de populations logées de façon, différente jusqu’à présent. Pour la plupart, ce comportement se modifiera profondément dans les années qui viennent ; du fait tout simplement du changement de la composition familiale, le nombre et l’âge des enfants va se modifier et cela amènera de profondes évolutions dans l’analyse des besoins des familles.

EN CONCLUSION

a - De toute urgence, il faut donner une solution même provisoire aux besoins urgents et impérieux qui ne peuvent être discutés. Comment les trouvera-t-on ? En attendant d’avoir une association familiale groupant le plus grand nombre de familles, il faudra trier toutes les réclamations qui seront remises aussi bien à la mairie qu’au propriétaire, la plupart des locataires faisant difficilement la ventilation entre les possibilités d’action de ces deux organismes.

b -Transformer le caractère social revendicatif des habitants et lui donner un aspect constructif par l’action d’une association familiale, qui analysera les besoins, en discutera et donnera un ordre d’urgence avec des essais de solution.

c -Une étude en commun des réalisations à promouvoir, compte tenu de l’évolution dans le temps de ces besoins, est à mettre en route dès maintenant. II faudra dès le début marquer à tous Ie temps nécessaire à la moindre réalisation, compte tenu des délais de financement et de construction qu’il faut toujours prévoir suffisants.

d- Tout cet ensemble doit se placer évidemment dans le cadre d’un plan d’urbanisme avec l’idée maîtresse de la liaison Villevieille-Villeneuve. Ce plan doit être intégré dans un plan d’ensemble de la région de Villevieille qui ne doit pas être la seule expression d’une conception esthétique ou artistique.

Ce plan d’ensemble devra être une proposition d’aménagement de l’espace en fonction des différents besoins des individus, mais plus encore des familles qui y vivent et y travaillent.

Sans ce plan d’ensemble, il apparaît difficile de faire un travail sérieux à l’échelle de la ville de ViIlevieille, qui reste le centre d’attraction de sa région.


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