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Mondialisation : l'interculturalité, avenir de l'humanité

Foi et développement, n°299, décembre 2001

par Adrien Ntabona

Le monde est aujourd’hui confronté à un défi majeur : la montée en puissance des intégrismes et du terrorisme mondialisé. L’attentat suicide contre les Etats-Unis, le 11 septembre dernier, a permis d’en mesurer brutalement toute l’ampleur. Face à cette manifestation inédite de la violence, une réaction s’imposait. Le gouvernement américain a choisi la guerre. Autre forme de violence. Certes, elle aura permis en Afghanistan de mettre fin à un régime exécré, celui des taliban. Mais au prix de nombreuses vies humaines et d’une suprématie renforcée sur le monde.

En vérité, la lutte contre le fanatisme et le terrorisme requièrent d’autres moyens autrement plus exigeants. Le combat qu’il faut mener n’est-il pas celui qui s’oppose au culte de la violence sous toutes ses formes et sous toutes les latitudes, au sein des politiques nationales et internationales, dans le quotidien de nos sociétés et en chacun de nous…

L’absence de démocratie, les oppositions ethniques, les revendications identitaires font le lit des intégrismes, du fanatisme et de la violence, comme le souligne ci-après Adrien Ntabona, professeur d’anthropologie à l’Université du Burundi. La « déculturation » des peuples est « la cause sous-jacente et profonde de crises interminables ». Analysant sans concession les génocides récents du Rwanda et du Burundi, il plaide en faveur d’une réappropriation de leur culture par les Africains pour que l’horreur ne se reproduise plus. Il en appelle aussi à « l’inculturation », c’est-à-dire à une fécondation des cultures locales par des valeurs étrangères à la tradition du pays.

Enfin, comme le fléau des intégrismes guette toutes les sociétés de la planète, Adrien Ntabona n’hésite pas à proposer une démarche d’« interculturation » qui permettrait, grâce à une interpénétration des civilisations, leur enrichissement mutuel. Ainsi seraient posés « les jalons d’une famille sans frontières » où le local et le mondial se réconcilieraient et ouvriraient la voie à un avenir de paix.

François Bellec

Face aux exigences de la mondialisation, un travail de mise à niveau est indispensable à l’échelle de la planète. Partout à travers le monde les esprits ne sont pas encore à la hauteur des exigences d’un développement durable ni ouverts à la mondialisation. Le problème ne concerne pas seulement les masses populaires mais aussi les leaders, à différents niveaux et à tous égards. Nombre de ces derniers jouent à la démocratie tout en ayant un agenda(1) caché : celui d’un pouvoir pour l’avoir ou pour les « petits arrangements » pour soi et pour les siens, tout en domestiquant la population et en caressant des cordes qui sont souvent réductrices. Le problème de l’attachement au pouvoir, en tant que poids psychologique et physique pesant inéluctablement sur les masses, est vraiment l’un des obstacles majeurs à une saine mondialisation car il cause la destruction des esprits.

DES INTÉGRISMES DE TOUS BORDS

Cette domestication des consciences passe par plusieurs canaux parmi lesquels les intégrismes de tous bords et de tous calibres, avec parfois des formes de fanatisation manichéennes qui mettent tout ce qu’il y a de bon du côté du « nous » et tout ce qu’il y a d’exécrable du côté du « vous », l’un et l’autre forgés à dessein.

De là à la déstructuration des esprits, qui conduit à la destruction des biens et des vies humaines - situés du côté du « vous » - il n’y a qu’un pas que certains franchissent allègrement. Cela peut aller jusqu’à des génocides comme au Rwanda et au Burundi où l’ethnocentrisme totalitaire s’est développé et se développe encore sur fond d’un semblant d’aspiration à la démocratie. Si l’on n’y prend garde, un tel fléau risque de se retrouver ailleurs sous d’autres formes.

Des conflits de groupes il y en a partout dans le monde. S’ils ne sont pas franchement ouverts ils n’en sont pas moins latents. Si les massacres n’éclatent pas, c’est que tel ou tel groupe n’a pas encore décidé d’exterminer tel ou tel autre. Sinon on aurait des Rwanda et des Burundi partout en Afrique et peut-être ailleurs dans le monde. Il faut donc prévenir cela en tout lieu et à tout prix. Faute de quoi la communication tous azimuts, à l’échelle planétaire, risque de brouiller davantage encore les paysages politiques, d’embrouiller les esprits et de créer des dédales dans les parcours. Aujourd’hui, en effet, pour paralyser des systèmes et faire exterminer des vies, la distance ne compte plus et cela quel que soit l’endroit où l’on se trouve. Les diasporas peuvent être contaminées par la fuite de fanatiques qui créent à leur tour des intégrismes de réplique, lesquels reproduisent des guerres de type identitaire.

Il faut donc, dans le contexte de la mondialisation, mettre en avant prioritairement un programme de formation aux valeurs. Ces valeurs qui sont à la base de la civilisation des droits de l’homme : sens de la dignité humaine, démocratie, promotion des libertés, tolérance, non-violence active, auto-promotion, autonomie des milieux naturels de vie. Ce programme doit inclure des études et des publications sur les richesses culturelles des peuples en matière de recherche d’harmonie, de prévention et de résolution pacifique des conflits. Sans oublier un travail de guérison des esprits et de la mémoire, là où des ravages ont déjà été faits en la matière.

Souvent, en Afrique, les contacts entre les cultures ont été créés dans un contexte d’acculturation(2) par substitution. Ce qui a conduit, ici et là, à une déculturation à nulle autre pareille. Or, qui dit déculturation dit « amoralisation » criminogène. C’est la cause sous-jacente et profonde de crises interminables. C’est pourquoi la médication actuelle, qui ne s’attaque qu’aux symptômes politiques, peut être comparée à la tentative de ne soigner que les maladies dites opportunistes ou diplomatiques d’une personne sans chercher à s’attaquer directement à sa déficience immunologique (pensons au SIDA, par exemple). Or s’agissant de l’éthique, son système immunologique est plus ou moins déficient à l’échelle planétaire.

Le problème mondial fondamental n’est donc pas d’abord politique ou économique mais axiologique, c’est-à-dire lié au système des valeurs qui font qu’un homme est un homme. Or ce système est détruit. La déculturation radicale a produit dans beaucoup de milieux naturels de vie une « vacuisation axiologique »(3). Nous sommes devenus, un peu partout dans le monde, semblables à des nageurs profondément perturbés dans leur traversée aquatique et qui cherchent désespérément où s’agripper.

Le fond du problème, en Afrique particulièrement, est donc le vide axiologique résultant de la violence culturelle effectuée, au départ, du temps de la colonisation : violence qui s’aggrave aujourd’hui, avec la communication audiovisuelle pratiquement à sens unique. Ce qui donne un citoyen étranger à son propre milieu puisque, depuis l’épistémologie(4) coloniale et post-coloniale, il lit le monde avec des lunettes d’emprunt. Il cherche à se connaître à travers ce qu’on lui dit qu’il est. Il n’a plus envie de le savoir par lui-même. Il a perdu ses points d’ancrage. Il est devenu un homme de paille, une marionnette, une cire molle à qui on peut faire prendre toutes les formes.

RECHERCHE EFFRÉNÉE D’UN AILLEURS

La flamme a quitté l’Africain moyen. C’est pourquoi il fait tout pour se fuir et aller vers un ailleurs inconnu. Il connaît les embûches de cet ailleurs mais il doit partir. Tel est le drame de la dérive africaine dans beaucoup d’endroits. Comment peut-on servir un continent annihilé anthropologiquement et axiologiquement ? Un continent où l’on n’existe qu’avec son corps, le cœur étant ailleurs ? Quand le milieu rural, devenu opaque pour ceux qui le composent, n’attend d’éclairage que de la ville ; quand la ville, elle-même, attend sa lumière d’un ailleurs résolument et irrémédiablement inconnu, la mondialisation devient un bulldozer aux conséquences imprévisibles qui avance lentement mais inexorablement.

Ayant ainsi perdu leurs repères, les masses africaines sont habituées à obéir sans comprendre, pourvu que l’ordre viennent d’en haut, des chefs incarnant le « nous » béni. Même s’ils invitent à tuer. Tel est l’effet de la déportation culturelle qui donne, depuis un siècle, des citoyens brisés et blasés n’aimant que la sécurité individuelle et le profit immédiat. Tel est l’effet d’un génie créateur qui a tari, laissant la place à l’inertie et à la léthargie. Un vide qui attend n’importe quoi pour être comblé. Un brouillard qui envahit les cerveaux et engourdit les cœurs.

Ce brouillard risque de s’épaissir avec l’actuelle communication tous azimuts qui fonctionne à maints endroits sur fond de vide axiologique. On voit par exemple se développer un parler à chaud empreint d’une très forte affectivité. La résonance physique et émotionnelle des messages remplace de plus en plus la rigueur et la cohérence internes des discours. Une logique sensorielle est en route qui profite du vide axiologique. L’homme est ainsi fragmenté, voire éclaté. C’est ainsi que les débats, dans certains forums, ressemblent à des ruches bourdonnantes où chacun, au lieu de raisonner, ne fait que résonner à la vibration des messages. Cela se caractérise par un état d’adolescence collective pour laquelle la concentration rigoureuse sur des concepts demande un effort trop coûteux et qui se réfugie dans un certain aventurisme intellectuel et une pollution par un bruit assourdissant au vrai sens du terme. Cela cause un grand émiettement, entraînant à son tour une certaine hypnose de la raison au profit de la passion.

En d’autres termes, une extériorisation trop poussée de la personne, provoquant un endormissement de la vie intérieure, ne peut que conduire à l’aliénation, c’est-à-dire au fait d’être étranger à soi-même et d’être commandé du dehors et de loin. Tels sont les effets d’une mondialisation bulldozer.

DE L’INCULTURATION À L’INTERCULTURATION

Pour remédier au marasme décrit plus haut, il faut viser à former des rocs sur lesquels les masses puissent s’appuyer dans le brouillard ambiant. Des axes de rotation autour desquels de meilleures évolutions peuvent se faire. Des personnes qui ne sont pas prêtes à se vendre à n’importe qui ; des jeunes qui veulent sérieusement préparer l’avenir collectif en ne comptant pas nécessairement sur les adultes, eux-mêmes en crise. En d’autres mots, il faut former des personnes-ressources, des leaders endogènes, capables d’être des pôles de référence et des repères vivants dans lesquels les masses peuvent voir des valeurs vécues et rechercher résolument un chemin concerté d’existence, un projet de société endogène.

La mondialisation ne peut donc réussir qu’à condition de former partout des personnes qui puissent dire : « Si je n’obéis pas aux impératifs de ma conscience et de l’interpersonne sans frontières, je me tue ». Si je ne comble pas le vide axiologique et le marasme conceptuel ambiants, je me tue. Si ne n’obéis pas à l’interculturalité, localement raisonnée et contextualisée, je me tue. D’où, l’importance de la triade « reculturation, inculturation et interculturation » pour faire réussir la mondialisation.

Fondamentalement, on a de l’inculturation quand les données étrangères à la tradition d’un pays pénètrent et fécondent la culture locale en la transformant du dedans et en se laissant transformer par elle. Au point qu’il s’opère un humanisme de synthèse, capable de créer du neuf sur le tronc ancien. Dans le cas d’espèce, ces données doivent être en premier lieu les valeurs de base, déjà homologuées par la communauté internationale, pour créer toute société acceptable et fréquentable dans le concert des nations. Soulignons à ce sujet, par exemple, le fait que des valeurs comme les droits de l’homme, la démocratie, la bonne gouvernance, la tolérance et la non-violence sont des valeurs liées à la mondialisation mais qui doivent être inculturées pour pénétrer de façon durable dans les consciences.

Toutefois, ces valeurs ne doivent pas, comme c’est le cas maintenant, tomber dans les esprits comme dans un vide béant ou un tonneau des Danaïdes. Il faut donc faire précéder l’inculturation de la reculturation. La reculturation consiste dans le fait de « se réapproprier sa culture pour en faire une clef du développement », pour utiliser une expression chère à l’UNESCO. Par culture nous entendons, en premier lieu et avant tout, le niveau des valeurs, c’est-à-dire ce qui fait qu’un homme est un homme.

Il faut que les repères vivants déjà souhaités puissent avoir l’occasion de s’approprier les références conceptuelles locales et internationales pour se forger un jugement solide au milieu du brouillard ambiant. Une capacité de discernement face à l’actuel brouillage de la communication et de la mémoire. En ce cas, précisément, la guérison de la mémoire doit accompagner la guérison des personnes et des groupes. Sans ce travail de « réaxiologisation », la mondialisation fera peut être des clients potentiels mais non des partenaires fiables, c’est-à-dire avec boussole, points d’ancrage et points de repère. Car il s’agit de naviguer. Au sens propre, ce sera sur mer et dans les airs et, au figuré, à travers l’internet ! Le partenariat, acquis grâce à la mondialisation mais établi dans ce contexte de séisme axiologique, ne peut donc être qu’un marché de dupes.

Toutefois, l’inculturation ne suffit pas. Elle comporterait, si elle était laissée à elle-même, un défaut de fabrication : le fait de prendre comme point de départ des données étrangères à une culture et comme point d’arrivée la culture locale. Il y a lieu de la compléter par « l’interculturation », c’est-à-dire le fait de partir de la reculturation. La reculturation c’est la réappropriation de l’essentiel des valeurs qui font qu’un homme est un homme dans une culture donnée, pour les marier avec les valeurs homologuées mondialement en opérant un mixage raisonné et contextualisé des différentes sources de référence. Et aussi pour engendrer une société où l’humain et l’interpersonne sans frontières se retrouvent ; où le local et le mondial s’épousent.

Quand je parle de réhumanisation, je ne crois pas exagérer. Il suffit de fixer les regards sur la violence qui se développe aujourd’hui sur les stades de football, pour se rendre compte que « massification » signifie de plus en plus réification(5). Il suffit aussi d’observer l’appétit aiguisé d’accaparer les biens des plus faibles en les domestiquant culturellement et axiologiquement. Il suffit enfin d’ouvrir les yeux sur la rage de tuer, en se suicidant s’il le faut. Rage qui est en train de se répandre dans le monde comme une marée de combustible versée par des bateaux ivres.

De la sorte, pour être positivement utile à la mondialisation, l’interculturation doit porter le plus possible attention à la dimension spirituelle et communautaire de la personne humaine qui, une fois située au cœur de la mondialisation, peut servir d’antidote à une globalisation organisée sur fond d’individualisme primaire et vulgaire. Une globalisation qui n’est propre qu’à aider le plus fort à manger le plus faible et à faire en sorte que celui-ci perde pied chez lui et décide de se réfugier chez le plus fort. Dans ce contexte, les migrations clandestines ne peuvent que pulluler.

UNE RÉHUMANISATION PORTEUSE DE FRUITS

Cela étant, pour réussir la mondialisation il faut radicalement s’adresser à l’être humain en tant que tel et à tout l’être humain, surtout dans tout ce que celui-ci a de sacré. Au lieu de se fonder sur le seul échange de choses comme c’est malheureusement le cas aujourd’hui dans les règles du commerce mondial. Cette sémantique réductrice poussée à l’extrême ne peut du reste qu’engendrer une chosification des personnes, avec son cortège de violences conceptuelle, verbale et physique.

Si, en revanche, la personne humaine est prise au sérieux dans la mondialisation, les cultures des peuples et même celles des plus faibles seront prises en compte. Je souligne bien la culture des plus faibles, car la consistance d’une communauté humaine se mesure à sa capacité de promouvoir les plus faibles de ses membres. Partant, les concepteurs de la mondialisation garderont à l’esprit le fait que l’homme ne devient homme que par la culture. Ils se résoudront alors à contribuer à promouvoir la culture des plus faibles dans un climat de convergence mondiale et de complémentarité active à l’échelle planétaire. L’économie globalisée ne réussira donc qu’en se mettant au service de l’homme et de sa culture qui, de toutes façons, sont ce par quoi l’homme devient un homme. L’internationale citoyenne n’avancera qu’à ce prix.

En revanche, si l’être humain est réduit au principe d’individuation, à savoir la matière dotée de quantité (materia signata quantitate), l’homme ne sera pas citoyen du monde, sujet de droits et de devoirs compris et assumés. Il sera plutôt une chose (res) en plus, au service d’autres choses érigées en idoles, avec une pensée unique à la base. Ainsi, les biens de la terre n’appartiendront pas à l’homme mais c’est lui qui leur appartiendra, avec toute la sujétion voulue et toute la servitude qui s’ensuivra. Alors, la mondialisation pourrait même être le socle de l’esclavage post-moderne provoquant par la suite des revendications identitaires, tentaculaires et interminables. Lesquelles seraient accompagnées de formes de violence encore plus identitaires qui paralyseraient les échanges mondiaux.

On ne fait pas impunément de la sémantique réductrice, surtout quand le réductionnisme évacue l’essentiel du point de vue anthropologique et axiologique. On ne peut commercer sainement, à l’échelle planétaire, qu’en dilatant les esprits et les cœurs pour poser les jalons d’une famille sans frontières. Plus largement encore, on ne peut sauver la terre qu’en sauvant l’homme.

A cet effet, il faut donc un nouveau pacte. Après la Deuxième Guerre mondiale, un pacte a permis l’actuelle prise en compte des droits de l’homme. Mais ce pacte lui-même est aujourd’hui galvaudé par ceux qui devaient le mettre en pratique. Il faut un nouveau pacte qui souligne les devoirs de l’homme, l’obligeant à joindre constamment spiritualité, solidarité et coresponsabilité, à l’échelle locale et planétaire à la fois. Comme il doit en être dans tout corps organique, pris aux sérieux.

UNE BELLE MOTTE DE BEURRE !

Cela prendra du temps. C’est le minimum. Le temps détruit, de toute façon, tout ce qui est fait sans lui. Il faut imaginer, par exemple, que les pays africains sont comparables aux grenouilles de l’allégorie. Celles-ci sont tombées dans un énorme récipient de lait. Et, au lieu de se décourager et de se noyer, elles décident de se débattre au mieux.

Et plus elles se débattent, plus elles battent le lait. Or, quand le lait est soumis à cet exercice il produit progressivement du beurre. C’est ce qui s’est passé. Une belle motte de beurre ! Les grenouilles sont montées dessus, la tête haute, et sont sorties du récipient revigorées à jamais.

Précisément, les pays africains, pour la plupart, ne sont pas tombés dans de l’acide mais dans du lait. Ils ont des valeurs qui, malheureusement, couvent pour le moment sous la cendre ou sont englouties sous des débris. Il faut donc les déterrer et les revigorer. C’est le travail de la reculturation et de la réaxiologisation dont il est question plus haut. De plus, pour eux, l’ouverture à l’interculturalité sans frontières est déjà acquise. Il suffit de les former à choisir et à naviguer en vue d’arriver à bon port, dans un climat fait à la fois d’inculturation et d’interculturation.

Ce travail, le Centre de recherches pour l’inculturation et le développement (CRID)(6) que l’auteur de ces lignes a eu le bonheur d’initier et qu’il dirige, s’est proposé de le faire. Il a déjà beaucoup publié en la matière. Toutefois le terrain est plein d’embûches. Le CRID serait donc heureux que d’autres services et organismes du même genre puissent collaborer avec lui pour atteindre, ensemble, des résultats palpables et diffusables. L’avenir est à ceux qui cherchent et luttent sur le terrain axiologique à l’échelle planétaire.

Adrien Ntabona

Notes

[1] - Utilisé dans le cadre des conférences internationales, le mot anglais « agenda » signifie « programme politique ».

[2] - Processus par lequel un groupe humain assimile tout ou partie des valeurs culturelles d’un autre groupe humain.

[3] - Action provoquant un vide moral et intellectuel caractérisé par une perte des valeurs.

[4] - Théorie de la connaissance et de sa validité.

[5] - Action de transformer en chose ou de donner le caractère d’une chose à une personne ou un groupe ; on dit aussi chosification.

[6] - CRID : B.P. 1390 Bujumbura, Burundi -


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