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Palestine - Israël : le prix d'une paix véritable

Foi et développement, n°297, octobre 2001

par Michael Warchawski

Israéliens et Palestiniens glissent, lentement mais sûrement, vers l’état de terreur. Le spectre de la guerre totale se profile derrière le macabre décompte des victimes, presque chaque matin depuis le 28 septembre 2000. Ce jour de sinistre mémoire, Ariel Sharon provoquait la révolte palestinienne en venant pérorer sur le Mont du Temple – ou l’Esplanade des Mosquées – au cœur le plus intime de la Vieille Ville de Jérusalem. Le lendemain, le sang commençait à couler sur la mémoire d’un espoir défunt : le processus de paix. Qui retrouvera la voie de la pacification ? Et quand ? Plus personne n’ose se prononcer. La fatalité s’installe. L’hostilité se transforme en haine viscérale.

Des femmes, des hommes, de part et d’autre, refusent pourtant de capituler. Parmi eux, le philosophe et journaliste Michael Warchawski. Né en 1949 à Strasbourg dans une famille de juifs orthodoxes, ce militant de la paix israélo-palestinienne est arrivé à Jérusalem dès 1965 pour y suivre les cours d’une école talmudique. En 1967 – l’année de la guerre des Six Jours – il s’inscrit à l’Université Hébraïque tout en s’engageant, dès le premier jour, contre l’occupation israélienne en Cisjordanie. Convaincu que la paix ne saurait avoir d’autre fondement que le droit et la justice, il fonde en 1984 le Centre d’information alternative (AIC-Alternative Information Center) basé à Jérusalem et Bethléem, une ONG animée en commun par des Palestiniens et des Israéliens. Cet homme courageux, marié et père de trois enfants, paye son combat pacifique d’une arrestation en 1987 pour “soutien à des organisations palestiniennes illégales”. Deux ans plus tard, il est condamné à trente mois d’emprisonnement, une peine commuée en 1990 à huit mois de réclusion.

Foi et Développement offre à ses lecteurs et lectrices, un an après le déclenchement de la seconde Intifada, l’analyse d’un juif israélien. Cet article est un défi et un pari. Un défi aux porteurs d’armes et de larmes. Un pari sur les chances d’un dialogue entre les Palestiniens et l’Etat hébreu. Michael Warchawski défend la thèse audacieuse qu’Israël “ne peut pas et ne doit pas se séparer de son environnement arabe”. L’avenir de la paix, et d’Israël lui-même, dépendra de sa volonté de s’intégrer dans la région. Rares, très rares sont les voix israéliennes à plaider avec une telle transparence pour l’émergence d’une culture de paix au Proche-Orient. Il était urgent d’écouter celle de Michael Warchawski. Elle nous redonne espoir.

Albert Longchamp

Depuis la guerre du Golfe, le concept de paix a été usé jusqu’à la corde. Cette guerre, la première des guerres impériales du nouvel ordre mondial américain, n’a-t-elle pas été présentée comme un moyen d’imposer la paix au Koweït ? Ce fut déjà le cas, moins de dix ans plus tôt, lorsque l’armée israélienne envahit le Liban au nom de l’opération “ Paix en Galilée ”. Tout se passe comme si, au tournant de ce millénaire, les horreurs les plus grandes et les agressions les plus sanguinaires ne pouvaient obtenir l’assentiment des populations qu’à condition d’être présentées sous l’angle de la paix.

LE “ PROCESSUS DE PAIX ”

Le concept de paix, à défaut d’être défini de façon plus précise, peut avoir des significations très différentes. Il peut désigner la fin d’un conflit, mais aussi le désir de ne pas être importuné par autrui (“ fiche-nous la paix ”) ; le fruit d’un compromis plus ou moins équitable, mais aussi l’écrasement total de l’ennemi (la paix des cimetières) ; le retour du droit dans les relations bilatérales, mais aussi la capitulation d’une des parties. Cette question de la définition de la paix est particulièrement pertinente depuis que les relations israélo-palestiniennes se déroulent dans le cadre communément dénommé “ processus de paix ”.

Depuis 1991, le Moyen Orient est en effet entré dans l’ère du “ processus de paix ”. Si derrière le mot “ paix ” se cachent bien des choses, souvent contradictoires, le concept de “ processus ”, lui, est encore plus mystificateur. Il a, pendant plusieurs années, laissé supposer une dynamique objective, quasi naturelle et indépendante de l’action des hommes et des femmes. Rares ont été les commentateurs qui, depuis la signature de la Déclaration de principes de Washington (DOP), en septembre 1993, officialisant les Accords d’Oslo, ont douté de “ l’irréversibilité ” du processus enclenché par la poignée de main historique entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat. Et pourtant, en septembre 2000, le processus de paix s’échoue sur les récifs de Jérusalem, des colonies et des réfugiés palestiniens, c’est-à-dire sur les dossiers essentiels du conflit qu’il était censé résoudre. L’inévitable ne s’est pas réalisé, l’irréversible s’est avéré réversible.

Tout le monde, ou presque, est surpris : les espoirs de paix, de sécurité et de réconciliation s’écroulent en quelques jours pour laisser place à une nouvelle phase de conflit, plus violente que jamais auparavant. Comment en est-on arrivé là ? Voilà la question que se posent à la fois ceux qui sont directement mêlés au conflit et ceux qui se sont contentés d’être des observateurs, parfois des intermédiaires, pas toujours désintéressés d’ailleurs. Question qu’ils se posent, ou devraient se poser, car nombreux sont les Israéliens qui y ont rapidement répondu en levant un doigt accusateur contre les Palestiniens et leurs dirigeants. Et en fermant le dossier par une condamnation de “ l’intransigeance ” de leurs ennemis.

UN IMMENSE MALENTENDU

Il y a eu, pourtant, au cours des dernières années, de nombreux signes annonciateurs de l’impasse dans laquelle se trouve le “ processus ” depuis l’échec des négociations de Camp David, en juillet 2000(1). Et si la surprise est aujourd’hui le sentiment dominant, nombreuses ont été les prises de position et analyses prédisant l’échec de ce processus. En effet, il s’est très rapidement avéré que toute la période qui sépare la signature de la Déclaration de principes du Sommet de Camp David était caractérisée par un immense malentendu. Malentendu sur la réalité du conflit, dont on cherchait à négocier la solution, malentendu sur les conditions de la paix.

Faisons abstraction des positions israéliennes extrémistes qui mettent toute la responsabilité du conflit sur le dos des Palestiniens. Ceux-ci, dans leur opposition irréductible à l’existence même d’une communauté juive au Moyen Orient, auraient mené depuis plus d’un siècle une guerre terroriste visant à effacer l’existence juive en Palestine(2). Une telle philosophie rejetait à priori toute perspective de négocier et de trouver une solution. Le conflit étant, dès lors, une lutte à mort entre deux peuples, l’existence de chacun dépendant de la destruction de l’autre. Examinons plutôt les positions et les perceptions qui ont guidé les partenaires du processus négocié, soutenus tous deux par la majorité de leurs opinions publiques.

Pour les Israéliens, le conflit met face à face deux entités asymétriques qui se disputent un territoire dont chacun revendique l’entière possession. Ils doivent donc trouver un compromis raisonnable capable de mettre fin à leur contentieux. Cette position est reprise, depuis 1994, par les différentes administrations américaines qui ne parlent plus de “ territoires occupés ”, mais de “ territoires dont le statut final est en négociation ”. Il va de soi qu’avec une telle approche du conflit le rapport de force entre les protagonistes est un des éléments à prendre en considération. Le plus faible devant faire plus de compromis que le plus fort.

Pour les Palestiniens, en revanche, le conflit vise à réparer un tort qui leur a été fait et à récupérer des droits, tels que reconnus par les résolutions de l’ONU, la 4ème Convention de Genève et la Charte des Nations Unies. Consciente du rapport de forces, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a d’ores et déjà fait un immense compromis en reconnaissant l’Etat d’Israël dans ses frontières du 4 juin 1967. Ce qui est bien plus que ce que prévoyait la résolution de l’ONU de novembre 1947 pour le futur Etat juif. Le processus négocié a donc, pour les Palestiniens, comme seul objectif de décider des modalités de la mise en œuvre des résolutions de l’ONU et du droit international : retrait de l’armée israélienne de Cisjordanie (y compris la partie de Jérusalem qui y appartient), démantèlement des colonies considérées comme crimes de guerre par la 4ème Convention de Genève et retour des réfugiés. Ces objectifs ne sont pas négociables, seuls le sont les modalités et les rythmes de leur mise en œuvre. On peut envisager, éventuellement, quelques exceptions : échange de territoires, statut particulier des lieux saints juifs à Jérusalem-Est…

Contrairement à la position israélo-américaine, la Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est) et la bande de Gaza sont des territoires occupés, donc destinés à être évacués dès qu’un accord est trouvé. Les colonies, elles, sont des entités illégales destinées à être démantelées. Et les réfugiés sont des réfugiés, donc ayant le droit inaliénable de rentrer dans leur pays et de récupérer leurs propriétés. C’est la position de la communauté internationale, exception faite des Etats-Unis et de la Micronésie.

Ces profondes divergences sur la nature du conflit, et donc sur l’objectif des négociations, ont bien évidemment des répercussions sur la nature de la paix. Celle-ci, il faut sans cesse le rappeler, est censée être l’objectif ultime des négociations israélo-palestiniennes. Pour les Palestiniens, la paix est le résultat de la concrétisation – même imparfaite – du droit. Pour les Israéliens, au contraire, la paix est la neutralisation de la lutte nationale palestinienne et la séparation.

Tout ce qui peut garantir plus de séparation est un pas en avant vers la paix, quelle que soit l’opinion que s’en font les Palestiniens. Le bouclage des territoires occupés, mis en place dès le début du processus négocié, est vécu par les Palestiniens comme une véritable agression contre leur liberté de mouvement. Pour la majorité des pacifistes israéliens, il est perçu comme une des avancées les plus significatives de la paix, parce qu’il est un début de réalisation du “ nous chez nous et eux chez eux ”.

Quand la paix des uns est vécue comme une agression par les autres, les chances de voir déboucher des “ négociations de paix ” sont évidemment minimes.

DES RAPPORTS DE DOMINANTS À DOMINÉS

Ne vous en faites pas, rien ne va changer ”. C’est en ces termes pour le moins étonnants que le Premier ministre Yitzhak Rabin avait tenté de convaincre l’opinion publique israélienne d’accepter les grandes lignes des Accords d’Oslo. Ce qui est grave, c’est que sur le fond rien n’a changé. Or, après cent ans de conflit comme le rappelle avec précision le préambule de la Déclaration de principes - tout devait changer. Surtout si l’objectif est de parvenir non seulement à la fin des hostilités mais aussi à la réconciliation. On a de la peine à comprendre l’existence d’une telle marge entre l’objectif ultime – la réconciliation – et la décision que rien ne doit changer, du point de vue israélien s’entend.

Pourtant, si l’on veut passer d’un conflit plus que centenaire à la paix, il faut que tout, ou presque, change. Et d’abord dans la relation à l’autre. Or, comme l’a indiqué le journaliste israélien Uri Avneri, à maintes occasions après le constat d’échec de Camp David, “ ce qui se confirme, dans l’incapacité actuelle des pacifistes israéliens à comprendre la responsabilité israélienne dans l’échec du processus de paix, c’est le fait que nous n’avons pas su, au cours des six dernières années, traiter les Palestiniens sur un pied d’égalité ”.

Les négociations et la mise en œuvre des accords ont reproduit le rapport dominants-dominés : Israël a dicté ses conditions, imposé sa lecture des accords et sa conception de la sécurité, fixé les paramètres des négociations. Et s’est rétractée chaque fois qu’il a fallu, à ses yeux, “ punir ” les Palestiniens.

Les forces militaires n’ont en rien changé leur attitude vis à vis des résidents palestiniens de Cisjordanie et de Gaza (sauf pour les VIP qui recevaient un traitement de faveur octroyé… et repris, selon l’arbitraire des forces d’occupation) ; les tribunaux militaires ont continué comme si rien ne s’était passé à Washington en septembre 1993. Le refus de libérer tous les détenus politiques est, en ce sens, très symbolique : ce n’est qu’après de longs marchandages que la majorité des prisonniers, détenus pour faits de lutte contre l’occupation, ont été libérés. Beaucoup restent en prison encore aujourd’hui.

Le rapport de forces n’a jamais cessé de s’exprimer, perpétuant une asymétrie de plus en plus humiliante : les Palestiniens se devaient de montrer en permanence leur intentions pacifiques, particulièrement en réprimant les forces politiques hostiles aux accords, alors qu’en Israël l’extrême droite et les colons étaient au gouvernement et menaient une campagne haineuse contre les Accords d’Oslo. Les Palestiniens se voyaient privés de dessert (renforcement du bouclage, suppression de permis de travail, annulation des cartes VIP, refus de règlement de dettes dûment signées) s’ils ne parvenaient pas à arrêter tel leader islamiste soupçonné, à tort ou à raison, d’être responsable d’un attentat. Alors que les Israéliens libéraient – si tant est qu’ils aient été arrêtés – des assassins notoires de civils palestiniens.

On ne l’a pas toujours compris comme il le fallait. La violation systématique des accords signés ne relevait pas uniquement, de la part d’Israël, d’une simple mauvaise volonté ou d’une malhonnêteté gratuite, mais bien plutôt d’une attitude : celle du maître face à l’élève, du parent face à l’enfant, du directeur de prison face au prisonnier. Dans tous ces cas de figure, il fallait marquer une ligne de partage qui montre qui a le pouvoir, le droit et les moyens de l’appliquer. C’est une attitude typiquement coloniale.

Typiquement colonial, également, est le manque d’écoute de l’autre. Du point de vue du colonisateur, le colonisé n’a pas de parole autonome, il n’a pas non plus de véritable connaissance de la réalité. Tel un enfant, il faut lui donner une parole, le convaincre de ce qu’il est et doit être, lui enseigner ce qui est bien ou mauvais, y compris ce qui est bon pour lui. C’est bien la raison profonde pour laquelle on ne négocie pas, on dicte, on donne… Et on reprend pour punir. On félicite quand les Palestiniens montrent qu’ils ont bien appris la leçon et on les sermonne quand ils font la sourde oreille. Une telle attitude n’est pas seulement le fait de négociateurs coriaces et de militaires obtus, elle est le propre de toute la société israélienne, y compris ses intellectuels de gauche. C’est ce que l’éditorialiste de Haaretz, Doron Rosenblum, a dénoncé avec ironie par le vocable “ style didactique ”.

C’est ce qui explique aussi les limites de l’autocritique israélienne face aux cent dernières années de conflit. Elle ne concerne jamais le fond des relations israélo-palestiniennes (racisme, colonisation…), mais porte sur le fait de n’avoir pas toujours fait preuve d’une intelligence suffisante pour comprendre qu’il est extrêmement difficile d’imposer sa position uniquement par la force. Comme les bons instituteurs de la fin du XIXème siècle, il aurait fallu savoir manier la carotte et le bâton, la fermeté et la douceur, les récompenses et les punitions.

LA NÉCESSAIRE RÉVOLUTION DES MENTALITÉS

Mais tout cela est cohérent. Si la paix est synonyme de calme dans la classe et non pas de rupture de la relation maître-élève, tout dépend seulement de la bonne manière de manier le bâton et la carotte. Si, en revanche, comme l’indique le bon sens, la paix nécessite des relations de réciprocité, d’égalité et de respect mutuel, une véritable révolution culturelle est nécessaire pour passer de l’état de domination à l’état de paix. Une révolution des mentalités et des comportements. Un tel changement ne s’écrit pas dans une déclaration de principes et ne doit pas être coincé dans un calendrier aussi serré que celui prévu par les Accords d’Oslo. Il exige une prise de conscience de la société et de sa direction politique, intellectuelle et spirituelle. Toutes choses qui ont fait cruellement défaut au cours de la dernière décennie.

Loin de se fier à un “ processus ”, la paix nécessite un travail, une action consciente et résolue pour remplacer une culture coloniale de guerre et de domination par une culture de paix.

La signature de la Déclaration de principes, en 1993, avait provoqué bien des espoirs. Pour la première fois, Israéliens et Palestiniens reconnaissaient qu’il était impossible, ou du moins pas souhaitable, d’imposer leur existence exclusive sur la Terre Sainte. Et s’engageaient à résoudre leur contentieux autour de la table des négociations. Pourtant, pour que cette déclaration d’intentions, comme son nom l’indique, se transforme en réalité, il fallait combler un immense déficit : cent ans de conflit, de relations coloniales et de culture de guerre. N’était-il pas ambitieux, voire prétentieux, de tenter de combler ce déficit en six ans ? Car le calendrier était serré et l’objectif, lui, maximaliste : la fin du conflit et la réconciliation. Rien de moins !

Pour les Israéliens, durant la majeure partie de ce siècle de conflit entre les deux peuples, les Palestiniens n’avaient tout simplement pas d’existence. Le slogan du sionisme n’était-il pas : “ Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ”. Et en 1973, Golda Meir(3) n’avait-elle pas affirmé : “ Les Palestiniens ? Ca n’existe pas ! ” C’était tout au plus un problème écologique dont il fallait se débarrasser, à l’instar des marais de la vallée du Jourdain, des moustiques ou de la malaria. “ Faire fleurir le désert ” : autre mythe. Celui d’un pays aride et désertique que seul le sionisme était capable de mettre en valeur, faisant fi des champs d’oliviers, de la culture en terrasses, des figuiers de barbarie que l’Européen qui immigre de sa Pologne natale croit tombés tout droit du ciel.

De 1948 à 1967, et en particulier à la suite de l’épuration ethnique de 1948 où plus de 700.000 Palestiniens sont refoulés hors des frontières de l’Etat Juif, cette négation totale de l’autre s’est renforcée. La minorité palestinienne qui restera dans l’Etat juif représente alors moins de 5% de la population du pays et vit, jusqu’en 1965, confinée dans de véritables réserves, sous le contrôle d’un gouvernement militaire qui la traite non seulement comme une cinquième colonne, mais surtout comme un accident de parcours, une erreur dans un Etat qui se voulait ethniquement pur. Ces 150.000 hommes et femmes, qui en cinquante ans deviendront un million, sont, comme l’indique la loi israélienne, des “ présents-absents ”. D’où un arbitraire quasi-total et l’absence de droits humains élémentaires - surtout le droit à la propriété foncière - même si cette population jouit, paradoxalement, de droits civiques.

L’occupation, en juin 1967, de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, et l’émergence d’un fort mouvement national (OLP) vont donner une visibilité au peuple palestinien, même s’il faudra attendre plus de deux décennies pour que celle-ci s’impose à la majorité de la population israélienne. Mais des décennies d’occupation militaire, d’arbitraire et de répression institutionnalisée ne sont pas sans effets sur l’occupant. Celui-ci va développer une culture caractérisée par un racisme de plus en plus ouvert et déclaré qui permettra de justifier une déshumanisation de l’autre et un déni permanent des droits humains les plus élémentaires. Le renforcement spectaculaire d’Israël, en termes économiques et militaires, va encore accentuer un sentiment de supériorité qui n’épargne quasiment personne.

UN MOUVEMENT DE LA PAIX CONTAMINÉ

C’est sur la base d’une véritable mentalité raciste et de comportements conquérants qu’Israël reconnaît, en 1993, l’OLP et entreprend de résoudre le conflit en six ans. On comprend qu’il y avait de quoi être sceptique sur une issue positive du processus d’Oslo et le succès du calendrier. L’existence d’un fort mouvement de la paix en Israël aurait peut-être pu aider à réaliser l’impossible et créer un rapport de forces en faveur d’une paix incluant le droit, l’équité et la justice. Malheureusement, celui-ci était, lui aussi, fortement contaminé par les effets pervers de l’occupation et du colonialisme et partageait, sur le fond, la conception de la paix défendue par les dirigeants du pays. Une paix dont l’objectif est de se débarrasser des conséquences de l’occupation et non de l’occupation en tant que telle, de se délivrer des Palestiniens et non de leur rendre leurs droits. Et de fait, dès la signature de la Déclaration de principes, la conception de la paix défendue par la grande majorité des pacifistes israéliens apparaît dans toute sa faiblesse, comme l’indiquent ces extraits d’une “ Lettre ouverte à un ami de la Paix Maintenant ”, que j’écrivais en septembre 1993(4). Elle commence par décrire le type de paix qui a comblé de joie le pacifiste israélien.

Tu as dansé dans la rue parce que tu étais heureux de cette paix. Pas seulement la paix, mais un mélange de paix, de sécurité, de Palestiniens abjurant leurs fautes (renonciation au terrorisme) et espérant des concessions d’en face pour plus tard. Une paix dont tu pouvais être fier. Une paix pour laquelle tu te réjouissais. Nous n’avions rien concédé (“Juste un tout petit peu”, chuchotait le Premier ministre) et nous avons gagné beaucoup : la reconnaissance, une plus grande sécurité, l’arrêt de l’Intifada, la renonciation au terrorisme, le soulagement de la pression arabe et plus encore. Tu es heureux de cette sorte de paix et tu m’invites à danser en son honneur. Non merci !

De fait, pour le pacifiste israélien, la paix n’a rien à voir avec la réalisation des droits légitimes des Palestiniens. Elle n’est qu’un moyen de mettre fin aux effets du conflit, ceux qui le concernent, mais pas ceux qui concernent la population occupée. Dans une telle perspective, il est clair que moins on fait de compromis, mieux cela vaut. Il s’agit en fait d’un marchandage : “ Tu arrêtes de te battre en échange d’un retrait militaire aussi modeste que possible ”.

Et la lettre de poursuivre : “Depuis que je te connais - quinze ans déjà – tu as lutté pour une paix qui n’était pas une valeur en soi mais un moyen pour nous, les Israéliens, d’assurer notre sécurité. Tu es en faveur du retrait des Territoires occupés dans le but d’assurer une majorité juive en Israël ; tu manifestes contre Sharon parce que tu te préoccupes de l’avenir de la jeunesse juive et tu acceptes les négociations avec l’OLP car sans cela nous devrions négocier avec le Hamas. Moi, au contraire, je vois la paix comme une fin et pas simplement comme un moyen. J’appelle à quitter les Territoires occupés parce que nous n’avons rien à y faire, même si cette occupation ne nous coûtait pas une victime et même pas un centime. Et je suis contre l’assassinat des enfants et des adultes simplement parce qu’il est interdit de tirer sur les enfants et les civils”.

A l’opposé d’une telle conception marchande de la paix, il s’agit de mettre fin à un très long déni de droits commis par Israël, par principe mais aussi parce que c’est le seul moyen de mettre fin à ce qui pousse les Palestiniens à poursuivre le combat, comme je le suggère à mon interlocuteur. “Alors qu’est-ce qui pourrait être meilleur pour toi que cette paix-là ? Tu te débarrasses de Gaza, tu sépares les Israéliens des Palestiniens, tu leur laisses le sale boulot et, en échange, tu ne leur promets même pas le retrait militaire ou un véritable Etat. Une paix pouvait-elle être achetée à meilleur prix ? Pour toi, l’accord israélo-palestinien a toujours été un jeu à somme nulle : tout ce que nous leur donnons va nous manquer. Il gagne, je perds. Si tu étais capable de penser réellement en termes de paix, tu comprendrais à quel point tu te trompes : plus les Palestiniens recevront d’indépendance, de fierté et plus nous en profiterons. Plus nous serons avares et plus nous perdrons…

Si l’on veut créer les conditions d’une paix véritable et pas seulement un cessez-le-feu, on ne peut se contenter de couper la poire en deux. Ou, pire, de réduire au maximum les concessions à faire par la partie responsable de l’occupation. Il faut rendre ce qui a été pris, complètement. Il faut que l’occupé sente que l’occupant d’hier a fait le choix de changer du tout au tout son attitude et ses objectifs.

Et la lettre de conclure : “Nous avons signé un accord de cessez-le-feu et c’est bien que nous l’ayons signé. Mais la paix est encore loin, car la paix exige l’honnêteté, la paix exige l’égalité. Vous voulez les forcer à mentir, vous voulez qu’ils capitulent pour avoir la paix, vous célébrez une paix entre le maître et l’esclave. Dans de telles conditions vous aurez peut-être la pacification et la tranquillité, mais vous n’aurez pas la Paix. Pas tant que nous ne serons pas prêts à une paix entre partenaires égaux”.

Sept ans ont passé et le monde entier peut se rendre compte qu’Oslo n’a pas engendré la paix. Si la Déclaration de principes a permis, pendant un certain temps, de pacifier les Territoires occupés, ce n’était, comme le montrent les évènements de ces derniers mois, que partie remise. Paix et capitulation sont bel et bien incompatibles, de même que paix et domination.

L’absence d’écoute de l’autre – écoute qui se définit comme un des préalables à une nouvelle culture de paix – s’est particulièrement fait sentir au cours des sept années écoulées. Car les Palestiniens n’ont cessé de dire, dans les rues et autour de la table des négociations, ce que sont, à leurs yeux, les conditions nécessaires à une paix israélo-palestinienne. Mais plus la sécurité s’imposait sur le terrain, grâce aux accords intérimaires signés avec les Palestiniens, plus se renforçait chez les Israéliens l’illusion d’une paix à moitié prix et la certitude qu’ils pourraient imposer aux Palestiniens un prix moindre que celui qui se dessinait aux premières phases des négociations. Le refus ou l’incapacité d’écouter l’autre a mené non seulement à l’impasse de Camp David, mais aussi à l’immense déception des forces pacifistes israéliennes. Et à leur colère présente contre les Palestiniens qui n’ont pas accepté de jouer la partition que les Israéliens leur dictaient. C’est ainsi que l’on est revenu à la case départ.

COMMENT CONSTRUIRE LA PAIX ?

Dans le contexte israélo-palestinien, une stratégie de construction de la paix est l’exact opposé de ce que laisse entendre le concept de “ processus ”. Elle nécessite un travail à la base qui s’attaque aux préjugés et aux perceptions présentes et n’hésite pas à remettre en question des intérêts établis et des alliances existantes. Une telle stratégie s’articule autour de cinq objectifs qui se complètent mutuellement.

Dévoiler les racines du conflit

Il s’agit, tout d’abord, de faire comprendre ce qui motive, de part et d’autre, les hésitations, voire le refus de la paix. Et de montrer quelles sont les composantes de la paix à laquelle aspire chacune des deux communautés. En d’autres termes, la première condition, nécessaire mais sans doute pas suffisante, est de montrer que le conflit n’est ni un malentendu regrettable, ni le résultat d’une haine irrationnelle. Mais l’expression d’intérêts réels et de choix contradictoires : la volonté colonisatrice du sionisme d’une part, l’aspiration du peuple palestinien à la liberté et à l’indépendance d’autre part. Derrière ces objectifs éminemment politiques, il y a aussi, et il faut le faire comprendre, des comportements et en particulier des angoisses dont certaines ont leurs racines dans l’histoire et la mémoire collective des peuples. Œuvrer à la paix consiste d’abord à rationaliser la conduite de l’autre aux yeux de chacune des communautés. Il s’agit donc d’un travail d’information qui doit se faire sans compromissions : montrer l’autre tel qu’il est, y compris dans sa haine, et non pas tel qu’on aimerait qu’il soit.

Définir la paix

Le deuxième objectif consiste à définir les paramètres de la paix à laquelle nous croyons, de telle sorte qu’elle puisse être viable et aussi juste que possible. Ces paramètres sont, faute de mieux, ceux du droit tel que défini par les résolutions et les conventions internationales. Faute de mieux, car le droit lui aussi est le résultat d’un certain rapport de forces et pas toujours l’expression d’une justice historique pleine et entière. Il implique le droit au retour des réfugiés, le droit à l’autodétermination, le “ non-droit ” que représentent les colonies ou l’annexion de territoires occupés. Voilà la base d’une paix israélo-palestinienne qui pourrait être viable.

Travail de mémoire et repentance

Troisièmement, il faut créer un pont entre politique et éthique, entre droit et justice, à travers les concepts de responsabilité et de pardon. La paix est le résultat d’un compromis politique qui, certes, se définit sur la base du droit, mais reste le produit d’une négociation. Donc d’un compromis qui est rarement symétrique. Si les Palestiniens sont prêts à faire des compromis sur l’application de leurs droits, en revanche ils ne seront jamais disposés à accepter une paix qui passe l’éponge sur la responsabilité de l’injustice historique dont ils ont été les victimes. En premier lieu, il est nécessaire que des historiens, des éducateurs démystifient le récit sur la formation de l’Etat d’Israël et le redéfinissent. Mais il ne s’agit pas que d’histoire. Le politique ne peut faire l’économie d’un retour sur le passé et d’une demande de pardon.

Car il ne saurait y avoir de réconciliation sans reconnaissance par Israël, ses dirigeants et sa population, de l’injustice commise, par eux et en leur nom, à l’encontre du peuple palestinien. Et sans une demande de pardon. Il ne s’agit pas seulement d’une dette morale à payer aux victimes de plus d’un siècle de colonisation et de spoliations, mais aussi de la nécessité, pour le peuple israélien, d’appréhender les racines du conflit. Et de prendre la mesure de la générosité, non de ses propres dirigeants, mais des Palestiniens qui offrent un compromis. La paix et la réconciliation sont incompatibles avec l’amnésie. Elles exigent, au contraire, de réévaluer sa propre histoire et de se regarder dans le miroir, sans filtre et sans concession. Seule une demande de pardon sincère et globale pour les crimes commis peut créer les bases d’une égalité réelle entre ceux qui ont perpétré ces crimes et leurs victimes. C’est une condition incontournable pour que la paix soit le point de départ d’une véritable réconciliation.

Exprimer la solidarité

Œuvrer à la paix en Israël-Palestine implique de traduire dans une réalité concrète et au temps présent les valeurs sur lesquelles cette paix pourra s’appuyer pour devenir réalité. S’agissant d’une paix entre deux entités non-symétriques, c’est-à-dire entre un Etat qui est le produit d’un mouvement colonisateur et un peuple qui en a été la victime, le concept de solidarité s’impose comme élément médiateur entre le présent, fait de répression et de domination, et l’avenir, fait de respect et d’égalité.

Pour qu’un dialogue de paix s’établisse, il faut que la partie israélienne s’engage, reconnaisse sa responsabilité spécifique dans les actes présents de son gouvernement. Et soit prête à traduire par des actions de solidarité sa reconnaissance des droits des Palestiniens.

Promouvoir la coexistence

Enfin, travailler à l’émergence d’une culture de paix exige de lutter contre la philosophie de la séparation. Cette philosophie, au cœur du projet sioniste, ne croit qu’en des entités ethniquement homogènes et en tant que telle est un obstacle majeur à une véritable paix israélo-palestinienne. Israël ne peut pas, Israël ne doit pas se séparer de son environnement arabe, son avenir – si celui-ci se veut un avenir de paix – dépendra d’une volonté de s’intégrer dans la région, dans un esprit de partenariat, de réciprocité et d’égalité. Le refus de la coopération signifiera continuer à être et à vouloir être un corps étranger et hostile. Ce qui ne saurait que provoquer l’hostilité du monde arabe à l’égard du peuple israélien.

Cette révolution que représenterait la place d’Israël dans le monde arabe commence, bien évidemment, par une attitude radicalement différente envers les Palestiniens, qu’ils soient citoyens d’Israël ou citoyens d’un éventuel Etat palestinien. Une attitude basée sur la coopération et non plus sur la séparation ethnique et qui cesse d’être obsédée par le “ danger démographique ” que représentent les Palestiniens. Une conception de la citoyenneté basée sur le sol et non plus sur l’appartenance ethnique ou religieuse permettra d’approcher sans crainte la question du droit au retour des réfugiés palestiniens.

LA COMPLAISANCE DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE

Faire avancer la paix n’est pas uniquement la tâche des acteurs directement concernés, Palestiniens et Israéliens. Cet objectif concerne aussi la communauté internationale. En effet, celle-ci n’a pas seulement des intérêts au Proche Orient – et en particulier ceux liés aux dangers que pourrait représenter pour le monde entier une explosion généralisée de la violence – mais aussi des responsabilités. Tout d’abord parce que c’est par une action de la communauté internationale qu’Israël a vu le jour et que les Palestiniens se sont fait confisquer leur patrie. En prenant, en novembre 1947, la décision de diviser la Palestine en un Etat juif et un Etat arabe, l’Assemblée Générale des Nations Unies a pris aussi la responsabilité qu’une telle résolution ne se traduise pas par la négation des droits individuels et collectifs des populations juives et arabes.

Ces droits, en ce qui concerne les Palestiniens ont été bafoués d’une façon massive : expulsion en masse, expropriations, etc. C’est pour tenter de réparer ces effets, facilement prévisibles, de la résolution de 1947, que les Nations Unies adoptaient la résolution 195 qui exige, entre autres, le retour des réfugiés et la restitution de tous les biens confisqués. Le soutien par Israël de cette résolution a même été la condition de son acceptation à l’ONU. Or rien n’a été fait depuis. La complaisance de la communauté internationale face à la non-application par Israël des différentes résolutions de l’ONU et à la violation systématique de la 4ème Convention de Genève, ainsi que le véritable état d’impunité dont jouit l’Etat hébreu, ne contribuent en rien à la paix, bien au contraire.

Ce laxisme de la communauté internationale, ou plus précisément des Etats occidentaux, s’explique d’abord par le sentiment de culpabilité de l’Europe envers le judéocide de la dernière guerre mondiale. Une Europe qui n’a pas pu, ou n’a pas voulu, défendre les juifs face à la barbarie nazie. La solution sioniste avait de plus l’avantage pour les Etats occidentaux, USA compris, de résoudre le problème des rescapés d’Europe de l’Est qui se trouvaient hors des frontières du monde occidental. Après avoir laissé massacrer les juifs, on se débarrassait des rescapés en les envoyant en Palestine. Avec, en plus, le sentiment de faire une bonne action.

C’est sur cet arrière-fond de culpabilité que les Etats occidentaux ont soutenu non seulement la création de l’Etat d’Israël, mais également son économie et sa force militaire. Sans une aide internationale massive, Israël ne serait pas devenu la puissance qu’il est aujourd’hui et, vraisemblablement, n’aurait pas pu se permettre de développer des ambitions hégémoniques au Proche Orient. En continuant à soutenir Israël, alors qu’il est devenu aujourd’hui un véritable hors-la-loi régional, la communauté internationale se fait complice de l’agression israélienne contre les Palestiniens et de l’échec des tentatives de paix entre Israël et le monde arabe.

Mais c’est aussi rendre mauvais service à Israël et à son peuple que de continuer à les traiter comme les enfants gâtés de l’Occident à qui on pardonne quasiment tout… dans le but de se faire pardonner l’enfance malheureuse de ses parents. Qui aime véritablement a le devoir, quand il le faut, de mettre des limites à celui dont il veut le bien. Et cela, peut mener parfois à lui taper sur les doigts. Sinon, à force de le gâter et de le laisser faire, on contribue à sa perte.

Le soutien quasiment inconditionnel des pays occidentaux à Israël n’est pas seulement le résultat de l’histoire. Il participe également du conflit, plus ou moins latent, entre le Nord et le Sud. C’est d’une façon tout à fait naturelle que l’Europe et les Etats-Unis s’identifient à Israël qui est à leurs yeux l’expression du progrès, de la démocratie, de la modernité et du bon droit au nom desquels ils justifient leur politique à travers le monde. Le monde arabe, en revanche, est identifié au fanatisme, au terrorisme et à la dictature. Point n’est besoin, alors, de faire dans le détail. L’illégalité flagrante de la colonisation, l’usage de missiles contre des populations civiles, l’absence de liberté de culte ou de mouvement, sont précisément des questions de détails dans un conflit dont les grandes lignes sont celles du conflit entre le bien et le mal, entre le Nord et le Sud.

L’identification spontanée des jeunes des banlieues(5) à la lutte des Palestiniens ne découle pas d’un anti-judaïsme atavique, mais précisément du fait qu’ils ressentent, dans les discours des politiciens et surtout dans les couvertures médiatiques, une similitude de traitement : on parle des Palestiniens comme on parle d’eux. Ceux qu’ils voient bombardés à Ramallah ou à Beit Sahour sont les exclus du nouvel ordre régional comme eux sont les exclus de la démocratie et de la prospérité.

Un retour critique sur le nouvel ordre mondial, sur cette nouvelle forme de guerre froide qu’est la mondialisation néo-libérale, est indispensable pour que la communauté internationale joue un rôle constructif en faveur de la paix au Proche Orient. Une nouvelle culture de paix est nécessaire tant en Europe que dans les régions de la périphérie. Et elle passe également par un nécessaire changement de regard sur l’autre, par une exigence de solidarité. Et par l’élaboration d’une stratégie de coexistence basée sur l’égalité, le respect et la coopération. Si une telle remise en question du désordre mondial actuel ne se réalise pas dans un avenir relativement proche, les guerres du Sud, et en particulier le conflit israélo-arabe, traverseront les frontières et s’étendront, comme une nappe de pétrole en feu, de la périphérie au cœur des métropoles.

Michael Warchawski

Notes

[1] - Rencontre entre Bill Clinton, Ehud Barak et Yasser Arafat qui, faute de discussions sur le fond, entraîna l’échec des négociations.

[2] - Le 1er Congrès sioniste, réuni à Bâle en 1897 sous l’impulsion de Theodor Herzl, stipulait que le “ but du sionisme est de créer un foyer pour le peuple juif en Palestine ”.

[3] - Elue Premier ministre d’Israël, de 1969 à 1973, elle dut démissionner suite à une commission d’enquête sur le manque de préparation de l’armée israélienne lors de la guerre du Kippour.

[4] - Cette lettre a été publiée dans News From Within.

[5] - Ndlr : l’auteur fait ici référence aux jeunes des banlieues françaises issus de la deuxième génération d’immigrés et sensibles au déclenchement de la 2ème Intifada, jeunes qu’il a eu l’occasion de côtoyer lors de ses visites en France.


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