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République tchèque : pour une consolidation de la société civile

Foi et développement, n°308, novembre 2002

par Lidmila Nĕmcova

Pour nous tous en Occident, la Révolution de velours, en automne 1989, n’avait qu’un problème à résoudre : comment sortir la Tchécoslovaquie du communisme ? A la même époque, André Glucksmann adressait déjà cet avertissement aux étourdis : “Sortir du communisme ne va pas de soi, c’est l’enjeu d’une bataille mentale”.

Lidmila Nemcova* exprime une préoccupation identique en soulignant la difficulté, pour toute une population déformée par la mentalité totalitaire, à sortir du “paternalisme”, à guérir de la schizophrénie résultant du double langage de l’ancienne idéologie officielle. Le langage des paroles, prometteuses et mensongères, et celui des actes, déprimants et opprimants.

A peine arrivé au pouvoir, Vaclav Havel l’avait dit lui-même à ses compatriotes dès le 1er janvier 1990 dans un discours télévisé retentissant : "Nous sommes malades moralement parce que nous sommes habitués à dire blanc et à penser noir”. Le système n’était plus qu’une "machine monstrueusement grande, grondante et puante…”, ajoutait le tout nouveau Président d’un pays appelé soudain à se lancer dans une aventure inédite pour laquelle il n’était pas préparé.

Où va-t-il aujourd’hui ? Après les années 1990-2002, qui constituèrent une sorte de période propédeutique, la République tchèque se profile sur le seuil de l’Union européenne avec de réels atouts. Mais pour en être un maillon solide, elle doit retrouver les valeurs de la confiance, de la responsabilité et de l’éthique nationale. Le nouveau Printemps de Prague en dépend. Lidmila Nemcova nous le confirme.

Albert Longchamp

* Economiste tchèque, enseigne l’éthique de l’économie et des entreprises à l’Université de Prague, cofondatrice de la Société tchèque pour l’éthique économique.

Dès 1989, le processus de désintégration des régimes socialistes apparaît clairement dans les pays de l’Est. Quelques organes décisifs du parti communiste commencent à initier une certaine libéralisation de la vie politique et économique. Les problèmes économiques en URSS deviennent plus cruciaux ; les mouvements politiques dissidents s’expriment ouvertement. En Tchécoslovaquie, l’Etat n’a plus la force de les en empêcher. La visite officielle du Président français, François Mitterrand, en octobre 1989 en est l’illustration : il peut librement rencontrer le groupe clandestin de Vàclav Havel. D’autre part, le gouvernement est contraint de donner son accord à l’émigration massive de la RDA vers la RFA. Il autorise aussi 8 000 catholiques à prendre part à la canonisation solennelle de la princesse tchèque Agnès, le 12 novembre 1989, à Rome.

La Révolution de velours

Cinq jours plus tard, le 17 novembre 1989, est célébré le 50ème anniver¬saire de l’attaque dramatique des étudiants de l’université par les nazis au temps de l’occupation allemande (1939). Organisée par les étudiants de Prague, la célébration se transforme en une brutale répression par la police, laissant ainsi entrevoir la fin du régime. Ce 17 novembre 1989 est devenu par la suite une date historique marquant le début de la Révolution de velours. Tout le monde s’attend à un changement du régime politique du pays après la désintégration du bloc socialiste de l’Est. Sa nécessité en est évidente. L’unité, la solidarité de la plupart des citoyens (sauf quelques partisans de “ l’ordre ancien ”) constitue un événement d’importance historique, une chance unique pour l’avenir du peuple et du pays.

Néanmoins, s’agissant du choix du chemin le plus favorable pour l’avenir, la situation n’est pas très claire. Les idées, les images et les rêves concernant le futur divergent selon les générations et les expériences personnelles. De grandes illusions concernant les conditions de vie dans le monde occidental et la vitesse du processus de transformation de l’économie et de la société perdurent dans les esprits. En outre, il n’existe pas de recette pour définir le chemin idéal, pas plus que d’expériences ayant fait leurs preuves dans les pays qui se trouvent dans la même situation. Il y a seulement de grands idéaux et de grandes attentes.

Il faut donc chercher une référence historique. Quelle période de notre histoire peut servir à trouver l´inspiration, voire des recettes pour la vie future ? 1968 et le rêve du Printemps de Prague ? 1945, avec la nationalisation limitée de la fin de la guerre ? 1938 et la Première République avant Munich ? 1918, au début de l’indépendance du pays ? Ou, pour une faible minorité, le rétablissement de l’ancien empire ? Quoi qu’il en soit il faut aller très vite et essayer de s’intégrer très rapidement aux pays occidentaux européens qui, après la guerre, n’ont pas été touchés par un système totalitaire.

Il y a encore d’autres problèmes. Quels politiciens ou quelles élites vont pouvoir guider la vie politique et économique du pays ? ہ part quelques exceptions individuelles - des personnalités rentrées après l’exil - on ne trouve que des personnalités formées par le système totalitaire, y compris dans les mouvements dissidents, et qui n’ont pas d’expérience de la vie dans un pays démocratique. En pratique, ce sont exclusivement les ex-communistes du Printemps de Prague ou bien les jeunes gens - membres du parti communiste qui utilisent leur know-how (savoir-faire) d´une façon pragmatique, expurgé de l´idéologie officielle - qui sont vraiment préparés à prendre part aux activités politiques et surtout économiques de la période nouvelle.

Il ne faut pas oublier que le régime ancien ne permet pas aux membres des familles qui incarnent une opposition potentielle de compléter l‘éducation et la préparation à la vie politique (ils sont considérés comme des ennemis en puissance du régime). Vàclav Havel par exemple, du fait qu’il est né dans une famille de la grande bourgeoisie tchèque ne peut pas accéder à une éducation correspondante (comme beaucoup d‘autres membres du mouvement dissident). Il jouera pourtant un rôle décisif dans l´opposition et sera élu Président de la République tchécoslovaque en décembre 1989.

Le premier impératif est de convertir l’économie socialiste centralisée et planifiée en un marché libre : restituer la propriété privée, introduire la pluralité des formes de propriété (y compris les petites et moyennes entreprises), libéraliser le commerce et les relations économiques avec le monde entier, etc. Il faut réparer les vieilles injustices, construire une nouvelle législation, rétablir le système démocratique avec la pluralité des partis, des mouvements politiques, des associations, des fondations. Une trentaine de partis et mouvements essayent de rassembler des voix aux premières élections libres de 1990 et 1992. Le panorama politique se clarifie grâce aux 5% minimum de voix exigées pour accéder au parlement.

Les élections de 1992, qui font apparaître une tendance à droite dans les pays tchèques alors que la Slovaquie penche plutôt à gauche, ouvrent le chemin à la partition du pays. La séparation totale se réalise le 1er janvier 1993 dans un climat de paix, sans problèmes majeurs et sans même avoir recours à un référendum. Jusqu’à aujourd’hui, un système de relations particulier existe entre les deux pays - République tchèque et Slovaquie - fondé sur l’expérience d’un passé commun.

Les difficultés de changement

Il est clair que le processus de transition doit être réalisé en principe par les propres forces du pays, par la population locale. Mais comment opérer des changements alors que la façon de penser de toute une population est déformée par des dizaines d’années de régime totalitaire ? Les gens sont habitués à vivre dans une société paternaliste où l’Etat prend toutes les décisions. De plus, l’idéologie officielle communiste se caractérise par une contradiction entre “les paroles et les actes”. Pour survivre, les gens pratiquent une certaine schizophrénie pour cacher leurs opinions publiques ou privées. La confiance est inexistante sauf entre parents et vrais amis. Dans la propriété socialiste, tout appartenant à tout le monde, personne ne se sent responsable. Un mot d’ordre circule : “Qui ne vole pas (la propriété socialiste) dépouille sa famille !”. Tout cela est en rapport avec une économie souterraine, officiellement interdite mais pratiquement tolérée.

Chacun est contaminé plus ou moins par cette atmosphère et on ne peut pas s’attendre à ce que la façon de penser change comme par miracle. Le cas de l’écrivain tchèque catholique Frantiڑek Křelina, empri¬sonné pendant neuf ans dans les geôles communistes, illustre très bien la situation. D’après les mémoires de sa fille, à son retour, il ne savait plus comment se servir d’une fourchette et d’un couteau ; pendant longtemps il ne s’était servi que de sa cuillère. Il imaginait que ses surveillants continuaient de le suivre. L’expérience de la plus grande partie de la population n’a pas été aussi tragique, mais on peut aisément faire des parallèles…

L’éthique des affaires

Ce n’est pas seulement l’économie qui est à transformer, mais aussi la structure politique et sociale. Ainsi que la sensibilité éthique de toute une population. Le mot d’ordre du jour est “ privatisation ”. Mais les partis politiques n’ont pas les mêmes conceptions de l’étendue et des limites de cette urgence, de la rapidité avec laquelle il faut y parvenir. Y a-t-il des secteurs qui doivent rester propriété de l’Etat ?

Au départ, on sous-estime le rôle de l’éthique dans les affaires et les valeurs de la solidarité. On glorifie le rôle de l’individu et on considère la rapidité et l’extension de la privatisation comme des priorités absolues. Une devise caractérise le climat de cette époque : “Réalisons d’abord la transformation et pensons ensuite à l’éthique des affaires. Ce qui n’est pas défendu est permis. La liberté doit exister sans aucune limite. La main invisible du marché va résoudre tous les problèmes”.

Cela n’est pas si simple. Le processus de transformation rencontre des problèmes et des dilemmes éthiques. Comme toujours, il y a des moments positifs, des moments négatifs et même dangereux. Le développement entrepreneurial est toutefois sans précédent. Beaucoup de particuliers enthousiastes fondent de petites et moyennes entreprises, soit comme activité principale, soit à côté d´une autre activité professionnelle. Beaucoup se réfèrent aux vieilles traditions familiales d’avant 1948, quand les entrepreneurs tchèques étaient bien connus pour leur haut niveau de technicité, la qualité de leur travail, l’honnêteté.

Ils veulent réaliser leurs projets, être indépendants, améliorer leur situation économique. Malheureusement, à côté de cette majorité, apparaissent de soi-disant entrepreneurs qui n’ont qu’un désir : faire des profits énormes et immédiats, à tout prix, en utilisant une situation économique exceptionnelle qui ne se répétera pas et des méthodes malhonnêtes. Les lacunes de la législation sont d’ailleurs favorables à de tels comportements.

Les entreprises peuvent être classées selon le degré de leur rapport à l’éthique des affaires : entreprises dont l’activité est complètement amorale ; entreprises qui se contentent de respecter les réglementations en vigueur (ce qui est alors déjà énorme) ; entreprises conscientes de l’importance de l’éthique tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leur organisation.

Les entreprises étrangères venues développer leurs activités dans le nouveau marché tchèque présentent la même variété dans leurs intentions et leurs efforts : aider sincèrement l’économie nationale tchèque ; profiter du bon marché des ressources humaines et matérielles et réaliser rapidement un profit substantiel ; enfin, se débarrasser d’une concurrence tchèque potentielle ! Certaines entreprises étrangères ne respectent pas les mêmes exigences éthiques dans leur pays d’origine et dans le pays de délocalisation !

Les privatisations sont réalisées sous différentes formes. Par “ coupons ”, par vente directe ou aux enchères, par restitution aux anciens propriétaires. La privatisation par “ coupons ” permet aux citoyens tchèques de se procurer un certain nombre de bons qu’ils peuvent échanger contre les actions des entreprises qui appartenaient autrefois à l’Etat. C’est une opération compliquée, dont les règles et les circonstances détaillées ne peuvent être présentées dans le cadre de cet article. La législation n’est pas encore très claire et bien des fraudes et des tromperies sont possibles. L’expression “tunnelage” trouve son origine dans les transferts malhonnêtes de propriétés nationales à des mains privées, ce qui est contraire aux intentions de l’Etat.

D’après une enquête, la criminalité, la corruption et surtout l’absence de transparence des lois constituent les problèmes les plus graves de la vie économique et sociale.

Crise de confiance

Au début de la privatisation, on oublie de mettre en œuvre les idées toujours actuelles de Max Weber, selon lesquelles chaque entrepreneur doit assumer la responsabilité de ses activités et de leurs conséquences. Il aurait fallu admettre que le but de toute activité entrepreneuriale n’est pas seulement le profit ni l’enrichissement personnel, mais le service d’autrui.

Dans les années 94-95, après la publication par les média de scandales économiques et politiques divers, la population tchèque connaît une crise de confiance. Une enquête est diligentée dont les résultats sont présentés à la conférence Business et Ethique à Prague. Le but en est l’analyse de l’éthique des entreprises dans la société tchèque, leurs liens avec les problèmes et les traditions économiques et politiques du pays, la comparaison avec les “affaires” des pays les plus avancés. Les résultats de l’enquête servent de base à l’évaluation du niveau éthique des affaires en République tchèque.

Cette crise de confiance est sans doute l’obstacle le plus fort à un développement économique optimal. La population a commencé à comprendre que les résultats économiques sont liés à l’éthique des affaires. Plus s’accroît la méfiance dans la société, plus élevées sont les dépenses de transaction. La perte de confiance se fait rapidement, retrouver la confiance est un processus de très longue haleine lié à la construction d’une société citoyenne.

En 1989, les gens criaient en chœur : “Liberté ! Démocratie ! Totalitarisme, non ! Pluralité, oui !”. Mais ils ne comprenaient pas toujours le sens de leurs slogans et les interprétaient dans le contexte de l’économie néo-libérale et dans le sens d’un individualisme absolu. Une occasion de réaliser ses projets personnels sans se préoccuper des besoins et des libertés des autres. La population - en oubliant la société civile (citoyenne) avec ses organisations non gouvernementales aux orientations très différentes - pensait que la démocratie se concrétisait seulement dans l‘existence d´un spectre étendu des partis politiques. Au cours du développement ultérieur on va découvrir, par les expériences et activités pratiques, les autres conceptions du développement de la société, comme la société civile.

Aujourd’hui, une des tâches primordiales est de continuer à promouvoir une société civile. C’est un but à long terme. Il faut aussi, sur une base humaniste, offrir de nouveaux projets correspondant aux besoins actuels de la société tchèque. Chacun doit pouvoir prendre une part active à la construction de cette nouvelle société. Trop de gens pensent qu’ils ne peuvent pas influencer la société. Cette attitude passive se manifeste par l’accroissement du pourcentage d’abstentions aux dernières élections (35 à 40%). Dans ce contexte, le rôle des personnalités et des élites est essentiel.

L’absence de courage civique pour imposer des idéaux et trouver un consensus public est typique à l’heure actuelle de la société tchèque. On observe des insuffisances dans la communication publique (média, politiciens, entrepreneurs). Des gens ont peur de la liberté et attendent d’être sauvés par les institutions d’Etat, impuissantes aujourd’hui.

La recherche de transparence

La corruption est présente partout. Dans la République tchèque, comme dans les autres pays de l’ancien bloc de l’Est, la corruption existe à l’état endémique. Elle menace le développement de la démocratie et de la société civile. Elle produit des activités malhonnêtes, limite et démotive la saine concurrence et augmente les dépenses globales de la société. Selon une enquête réalisée par Transparency International en 2001, parmi 91 pays du monde, la République tchèque occupait le 47ème rang du point de vue de la perception de la corruption dans le pays. Cet index (CPI) exprime surtout la grande corruption. Les autres pays ex-socialistes n’ont pas de meilleurs résultats : 31ème position pour la Hongrie, 44ème pour la Pologne, 51ème pour la Slovaquie (pour comparaison : la France occupe le 23ème rang). Un citoyen tchèque sur cinq se dit touché par la petite corruption.

Tant au niveau gouvernemental que personnel, la République tchèque lutte pour empêcher et prévenir la corruption, elle prend des mesures d’ensemble et dans son système éducatif fait appel à la persuasion individuelle : “Ne pas corrompre, ne pas être corrompu !”. Un ouvrage a été publié sur des stratégies “anti-corruption” et a dévoilé différentes “affaires”. On recherche la transparence des actions dans tous les domaines. Les jeunes commencent à rechercher l’honnêteté dans les activités du marché libre. C’est une promesse positive pour le futur.

Solidarité lors des inondations de 2002

La destruction de l’environnement est un des grands dangers aujourd’hui. Les hommes cherchent à subordonner la nature à leurs buts, mais sans se donner de limites, et la nature se révolte. Ce problème surgit dans n’importe quel régime politique. Pendant longtemps, la protection de l’environnement n’a pas été considérée comme une priorité.

En août 2002, une crue gigantesque, dépassant tout ce que le pays avait pu vivre dans le passé, a touché un large territoire de la nation (spécialement au sud, au centre, à l’ouest et au nord de la Bohême). 99 villages (comptant 263 000 habitants) ont été totalement engloutis, tandis que 347 villes et villages (1,6 million de personnes) ont été touchés partiellement. Grâce aux enseignements tirés des inondations de Moravie en 1997, l’administration et les communes ont été mieux préparées au sinistre. Malgré l’extension inouïe du désastre, une bonne coopération de toutes les organisations de sauvetage et de la population dans son ensemble a pu contenir les effets de la tragédie. Le succès des opérations a été manifeste, les victimes humaines n’ont pas dépassé une vingtaine, dont la moitié au moins avaient refusé d’obéir aux consignes ou avaient pris des risques inutiles.

Le Premier ministre a évalué la situation immédiatement après la fin de l’inondation : il a comparé la situation de la nation à celle d’un champion de boxe qui, après un coup très lourd, ne capitule pas mais continue sa lutte, résolu à emporter la victoire. D’après lui, l’inondation a révélé les forces de la nation : solidarité, pitié, invention, ténacité, bravoure, aptitude à dépasser les intérêts particuliers. “Notre stratégie n’est pas celle d’un simple retour à la normale, il s’agit d’une poussée en avant”. Commentant l’aide des pays étrangers, il a encore déclaré : “Si cela s’avère être dans nos moyens, nous irons les aider à leur tour. Au cours des inondations, nous ne sommes pas restés seuls. L’aide internationale n’a pas été décisive, mais elle a été très précieuse. Elle nous aide en complétant nos ressources, en renforçant notre vigueur, en restaurant nos forces morales”. En un mot, la situation a été surmontée grâce à la solidarité nationale et internationale.

Il reste maintenant à réfléchir aux conséquences du désastre sur la vie économique et sociale, sur l’agriculture, le tourisme, le chômage, les salaires, l’inflation… Les opinions sur la participation de l’État au financement de la reconstruction varient selon l’orientation politique. Cela dit, malgré toutes les épreuves traversées, on peut regarder la situation actuelle de la République tchèque avec un certain optimisme. Ces expériences dramatiques nous ont fait découvrir une nouvelle relation à la nature, nous débattons des buts et des priorités de la société et nous entrevoyons des visions réalistes nouvelles.

Les citoyens doivent participer à la démocratie

La valeur la plus importante pour le développement de la société est l’homme et son esprit de solidarité. L’avenir exige des personnes d’une qualité nouvelle, des gens responsables ayant une échelle de valeurs et des priorités humanistes. Il faut détrôner le profit comme but ultime de l’humanité et faire comprendre que toutes les activités entrepreneuriales doivent être au service des autres. Toutes les forces positives doivent se mobiliser dans la société, se sentir responsables de la création d’une infrastructure éthique nationale et internationale.

Dans la République tchèque, ainsi que dans les autres pays ex-socialistes, il faut améliorer le climat éthique et retrouver une confiance mutuelle, grâce à l’éducation dans les familles, les écoles, les média, les diverses organisations (églises, associations, fondations). Du point de vue politique, la promotion d’une société civile est primordiale, les citoyens doivent participer à la démocratie réelle sans accepter que les partis politiques soient les représentants exclusifs de la société.

En ce qui concerne les problèmes économiques, bien qu’on ait déjà réalisé la conversion de l’économie centralisée et planifiée en marché libre, la progression continue vers l’Union européenne. D’autres régions sont aussi en train de se développer et de changer. Il s’agit donc d´un processus permanent de convergence vers une nouvelle Europe unie.

Lidmila Nĕmcovā


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