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Un tourisme aseptisé et insolent

Foi et développement, n°305, juillet-août 2002

par Dora Valayer

Le tourisme international de masse est-il un fléau ? C’est au fond la question posée par Dora Valayer, présidente de Transverses*. Si la réponse est franchement positive, comment y remédier au plus tôt ? Mais la réponse n’est pas aussi tranchée. Le voyageur – ce touriste massifié et mal élevé que nous sommes tous un jour ou l’autre – est un être bizarre. Il se sent fragile, a besoin de protection, il cherche le dépaysement mais s’efforce de rester main dans la main de son agence ! Il adopte des comportements quasi infantiles au centre d’un “exotisme” aseptisé.

Du coup, il ne rencontre réellement que ses congénères. Pour le reste, les agences de voyage se chargent de le maintenir en enfance. Le tourisme hors frontières se vit, comme le souligne l’auteur, à l’ère de la “proximité sans dialogue”. Bref, le vacancier est pour l’autochtone à la fois une engeance exaspérante et une source précieuse, voire indispensable, de revenus. Il faut faire avec. Alors, autant le faire au mieux et réduire au maximum ses nuisances.

Certes, ce tableau est un peu pessimiste. Le touriste “du Nord” n’est pas assez stupide pour n’avoir pas remarqué, à ses dépens, que l’arnaque “du Sud” existe aussi et qu’il ne porte pas tous les péchés du monde. Le but de l’analyse proposée par Dora Valayer n’est pas de culpabiliser un large public pour lequel, sans “tourisme de masse”, il n’y aurait pas de tourisme du tout. Cette activité économique de premier plan a encore toutes ses chances. Le défi consiste à lui permettre de redevenir pleinement “découverte, pèlerinage, cheminement à la rencontre de l’autre”.

Albert Longchamp

Cela a commencé entre Dieu le Père et son peuple : “Tu travailleras six jours et tu feras tout ton ouvrage, mais le septième jour est le jour du repos”. Repos obligatoire donc, pas seulement pour faire le vide ni pour ses loisirs, mais pour remettre tout à plat avant une nouvelle semaine, pour renouer, semaine après semaine, le dialogue avec le Créateur. Parce que l’être humain a besoin de ce recentrage pour ne pas oublier l’essentiel de sa vie. Et parce que sept jours, le chiffre parfait, correspond au cycle nécessaire, psychologiquement et spirituellement, pour ne pas s’égarer loin de son Créateur.

Notre société déchristianisée a gardé la semaine de sept jours, sans doute parce que c’était une bonne invention mais a souvent perdu en route Dieu le Père, auquel elle reste mystérieusement attachée par ce rythme des sept jours. Le peuple de Dieu est ainsi un peuple en permanente errance, un peuple en mouvement, en pèlerinage, en mission pour le meilleur et pour le pire.

La semaine anglaise

Longtemps plus tard, alors que la République a pris le dessus, la “semaine anglaise” et son repos du “week-end” s’imposent progressivement C’est au moment où s’esquisse déjà le conflit mondial de 1939 que les congés payés sont reconnus comme un droit. Une “vacance” de deux semaines par an dont chaque travailleur peut enfin faire ce qu’il veut. A notre époque planétarisée, il est difficile d’imaginer la révolution que fut cette prise de possession, par des millions de travailleurs, de l’espace d’un pays comme la France lorsque fut rompu le cycle sans fin du travail cinq ou six jours sur sept.

Les congés payés rendaient d’un seul coup possible une distanciation dans l’espace par rapport au lieu de travail et de vie. C’est cette possibilité de déplacement dans l’espace (dont la Loi juive limitait la distance autorisée au Peuple de Dieu pendant le sabbat) qui a radicalement modifié la vie des travailleurs et rendu le tourisme, loisir jusque là aristocratique, accessible à tous.

Les congés payés ont donc permis aux travailleurs de s’approprier un espace jusque là inaccessible. C’était aussi, pour des millions de ruraux récemment urbanisés, la possibilité de renouer avec leur famille d’origine restée à la campagne et de retrouver leurs racines. Appropriation de l’espace, donc, mais aussi du temps et du passé. Désormais, toutes les classes sociales peuvent élargir leur horizon réduit depuis des siècles au "boulot-dodo". La guerre a, quelque temps, de nouveau rétréci l’horizon mais les années 50 ont permis de rattraper le temps perdu.

Au cours des décennies qui ont suivi la guerre, un certain nombre d’organismes à finalité religieuse ou politique ont inscrit les voyages par-delà les frontières comme un aspect ou parfois un devoir de la militance. “Aller à la rencontre de l’autre” fait partie des responsabilités de l’être humain vis-à-vis de son prochain ou de son camarade, dans le cadre d’une église ou dans celui de la grande fraternité athée. On exprime le désir sincère de faire la connaissance des peuples en voie de décolonisation vis-à-vis desquels on se reconnaît des responsabilités. Et on cherche, maladroitement mais généreusement, à nouer le dialogue avec eux.

Parce que ces voyages et l’affrontement des différences et de certains horizons n’étaient pas sans risques, parce que l’avion était encore cher et que le prix à payer exigeait des sacrifices, il y fallait une volonté réelle et un certain esprit de “pèlerinage” que ce soit en Terre Sainte ou dans toute autre région. La simple curiosité exotique, plus tard pervertie en voyeurisme, était alors moins forte qu’elle ne le devint lorsqu’éclata définitivement le tourisme de masse.

Un voyageur fragile

Au moment où il fallait donc une certaine dose de courage pour partir au-delà des mers, la tranche d’âge concernée était réduite. Les conditions de confort et de soins en cas de maladie étaient suffisamment aléatoires pour écarter des voyages au long cours les jeunes enfants et les personnes vieillissantes ou fragiles. La tranche d’âge ne s’étendait guère au-delà ou en deçà des 40/55 ans, sans compter les jeunes célibataires encore insouciants et déjà à la recherche de l’âme-sœur. Mais les voyages coûtaient trop cher pour beaucoup d’entre eux.

L’explosion mondiale du sida n’a pas été sans effet sur l’activité touristique. La crainte d’être accidenté et de dépendre pour une transfusion d’un sang peut-être contaminé a inquiété les voyageurs. Et suscité aussitôt la réponse des agences de voyages : prise en charge de toute personne malade ou blessée et rapatriement sanitaire dans les plus brefs délais. La législation a vite rendu ces assurances obligatoires. Ces frais supplémentaires pour les agences n’ont pas facilité la survie des petits organismes qui, avec un personnel réduit, parfois bénévole mais très compétent, continuaient à proposer aux voyageurs des découvertes respectueuses des populations locales.

La proportion des voyages “responsables”, plus chers et plus exigeants, a chuté, pendant que les nouvelles législations, la protection des voyageurs et la baisse du coût des transports aériens permettaient de doubler ou de tripler le nombre d’années pendant lesquelles un être humain peut voyager sans risques dans des régions lointaines. Les tranches d’âge concernées par le tourisme au-delà des mers se sont allongées. Par contrecoup, le voyageur est devenu fragile, exigeant et de plus en plus protégé, de plus en plus dépendant : toute législation protectrice a pour effet de “ désautonomiser “ ceux qui en bénéficient…

Ces dispositions rendues obligatoires ont eu pour effet de creuser encore plus le fossé qui sépare le voyageur de l’habitant du pays qui l’accueille, parfois lui-même privé de toute protection sociale. Le touriste est devenu un enfant que son agence prend par la main pour un voyage à forfait soigneusement balisé. Il y a paradoxe entre cette prise en charge et la promesse d’aventure. Comment alors le dialogue et la rencontre pourraient-ils être possibles ?

Les exigences du voyageur ont multiplié les lieux d’accueil conformes aux attentes diversifiées. Les hôtels qui le reçoivent, souvent gérés par des chaînes puissantes, lui offrent d’un bout du monde à l’autre un cadre identique suivant le nombre d’étoiles qu’ils affichent et un personnel de qualification stéréotypé. Alors que chaque civilisation a son style, ses cérémonies et ses rites d’accueil qui sont autant de précieux instruments d’échanges, le personnel des hôtels a désormais perdu sa spécificité culturelle de race, de tribu, de dialogue et ne propose que des services uniformisés. Le client est perdant mais encore plus la femme de ménage elle-même aux yeux de laquelle on a dévalorisé sa propre culture en exigeant de sa part, d’un bout du monde à l’autre, les mêmes gestes et le même rythme.

L’exotique apprivoisé

La formule “club” a été inventée. On ne séjourne plus dans des hôtels immergés dans un milieu inconnu. On délimite un vaste territoire protégé comportant tous les avantages de l’exotisme, toutes les attractions imaginables et toutes les protections dont l’Occidental ne peut désormais se passer. L’exotique est apprivoisé. On est déjà “chez soi ailleurs”. Peu de ces “gentils” clients soulèvent la question posée par les populations environnantes dont les grilles qui les séparent rendent la distance psychologique encore plus importante. Qui désormais est chez qui ? Les normes de sécurité alimentaire et d’hygiène sont imposées par les pratiques occidentales et des médecins occidentaux font partie du personnel. Alors que le dispensaire voisin, seul recours des populations, manque de cachets d’aspirine. Qu’à cela ne tienne. Si certains clients s’en inquiètent, on ouvrira une fois par an les portes du club aux enfants des villages voisins pour un goûter offert par la direction.

Quant aux vacanciers traités en enfants gâtés, il font ailleurs ce qu’ils n’oseraient pas faire chez eux. Ils se sentent plus libres de leurs comportements loin de chez eux. Un nombre étonnant de touristes, paraît-il, qui ne sont pas délinquants chez eux, le deviennent en vacances. Cela va du vol à l’étalage jusqu’au comportement exhibitionniste ou même déviant. Ce laxisme a facilité l’explosion de la prostitution enfantine dans certains pays et il a fallu la campagne internationale acharnée de ECPAT(1) pour que les délinquants qui abusent sexuellement des enfants soient désormais poursuivis jusque dans leur propre pays.

Les populations locales spectatrices et parfois victimes du tourisme commencent, mais en vain, à s’inquiéter de cette promiscuité. En 1986, la représentante d’une population écrasée par le tourisme lançait un avertissement au cours d’une conférence internationale : “Ne vous étonnez pas, disait-elle, si un jour vous apprenez que nous avons pris les armes. Vous saurez que cela aura été seulement pour assurer notre survie menacée par votre présence”.

Leur niveau de vie aidant, les populations des pays développés sont, chez elles, de plus en plus protégées et par suite fragilisées. En deux générations seulement, les familles ont désappris à faire la lessive, à vivre l’alternance de la chaleur et du froid selon les saisons, à se débarrasser sans aide extérieure des mouches, des moustiques, des cafards et des souris, à discerner la fraîcheur d’un poisson ou d’une viande s’ils ne comportent pas de date de limite de vente. Les “pouvoirs publics” ont pris la relève des compétences autrefois acquises au foyer et, au moindre incident, on se retourne contre l’Etat-Providence. De même le citoyen voyageur, devenu dépendant et fragile, demande plus de protection. Et les agences de voyage sont là pour le maintenir en enfance.

Hautes technologies

Le marché touristique est en croissance permanente. Et il se trouve précisément que ce sont ces vacanciers fragilisés que l’industrie touristique entend, pour des raisons évidentes, entraîner non seulement au-delà des mers les plus lointaines mais, comme cela est vanté dans les publicités, jusqu’aux “extrêmes”. Le voyage s’accompagne alors de hautes technologies et on met sur le marché des chaussures qui réchauffent les pieds quand il fait froid et qui les rafraîchissent quand il fait chaud. Parce qu’on ne sait plus ce que c’est que d’avoir froid en hiver et chaud en été et parce que les lieux de vie et de travail avec l’air conditionné sont conçus pour assurer une chaleur uniforme en toute saison. Alors, on demande un dédommagement à son agence si la mousson, un peu tardive ou précoce, a introduit dans le programme auquel elle s’était engagée des perturbations étrangères au contrat. On oublie que si la nature est parfois inhospitalière c’est à cause de sa diversité. La biodiversité est un des cadeaux de la création. Le confort, au contraire, uniformise le quotidien.

En 1999, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), au cours de son assemblée générale à Santiago du Chili, a fait adopter à ses membres (représentants d’Etat et des multinationales du tourisme) un Code mondial d’éthique du tourisme(2) qui consacre le “droit au voyage” pour tous, y compris les plus fragiles. Mais le droit des populations locales à se préserver du tourisme est beaucoup moins présent dans ce texte que celui des voyageurs à aller partout.

Reconnaître un droit a pour effet de créer des besoins. Ce qui ne facilite pas le dialogue lorsque le voyageur est en face d’un hôte d’accueil dont les droits élémentaires ne sont pas reconnus. Or c’est sur ce “droit au voyage” que les organismes du tourisme peuvent désormais s’appuyer pour leurs inventions les plus originales et une créativité sans limite et sans considération des populations.

La multiplication des acquis sociaux a créé d’autres nuisances. En France, la mise en œuvre des 35 heures a eu pour effet de démultiplier les voyages. On ne part plus au-delà des mers pour trois ou quatre semaines, une fois tous les deux ou trois ans, mais pour des séjours de plus en plus brefs et de plus en plus nombreux plusieurs fois par an. En multipliant les offres publicitaires qui étalent sur des dizaines de mètres carrés une mer bleue et une plage déserte aux yeux des usagers des métros, parfois condamnés à vivre dans quelques mètres carrés, on encourage ces pratiques qui sont autant de compensations au quotidien frustrant de la vie urbaine.

L’explosion du nombre d’offres de courts séjours multiplie les vols et sature les aéroports. Les gouvernements ont de plus en plus de mal à faire accepter aux milieux ruraux la sombre perspective de la création de nouveaux aéroports à proximité ou à la place de leurs champs. Et l’espace aérien est saturé.

Sans souffrir des moustiques

Les exigences et les droits des touristes ont ainsi pour effet de créer des produits touristiques hyperprotégés, dont l’exemple le plus extrême est la croisière. Vous pouvez, entourés de vos jeunes enfants et de vos grands parents, remonter le fleuve Amazone en sirotant un whisky ou en dégustant une choucroute dans un air conditionné parfaitement réglé. Tout en regardant défiler la forêt amazonienne, ses perroquets et ses crocodiles et sans souffrir de ses moustiques.

On vous invitera pendant quelques instants à descendre sur la berge pour acheter des babioles à des indigènes venus à votre rencontre - mais vous trouverez aussi ces objets soigneusement sélectionnés dans la boutique du bord. De toute façon, vous n’aurez pas le temps d’adresser la parole à ces gens et vous vous contenterez de les photographier. Un conférencier à bord vous aura d’ailleurs longuement parlé d’eux et la bibliothèque à votre disposition vous permettra de vous documenter tant que vous voudrez. Vous en saurez ainsi sur ces populations primitives beaucoup plus qu’elles-mêmes, ce qui vous dispensera de chercher à communiquer avec elles.

On peut se demander si cette proximité sans dialogue n’est pas la réactualisation la plus achevée et la plus tragique de la Babel biblique. Entre le visiteur et le visité ce ne sont plus tellement les mots qui manquent - parce qu’on en trouve toujours ainsi que des gestes s’il le faut - mais le besoin ou le désir même de communiquer. On n’a plus rien à se dire. Quant à savoir ce que les populations locales elles-mêmes pensent des troupeaux de touristes et le trouble que cela représente dans leur communauté, qui s’en préoccupe sinon quelques anthropologues traités d’empêcheurs de voyager en rond ?

La construction de bateaux de croisière de plusieurs milliers de personnes est en train d’exploser parce qu’ils répondent actuellement aux désirs les plus fréquemment exprimés dans notre société. Mais on n’a pas encore réglé - et qui s’en soucie ? - la question du dégazage de ces navires lorsqu’ils doivent, au large mais parfois trop près des côtes, déverser les tonnes de déchets qu’engendre l’entretien de tant de personnes. Sur certaines îles, les populations locales se plaignent de plus en plus souvent des ordures laissées sur leurs plages par quelques centaines de croisiéristes qui y ont séjourné quelques heures sans laisser derrière eux la moindre devise.

Tout est-il donc irrémédiablement perdu à cause de l’omniprésence du "touriste-roi" ? Parallèlement, d’autres secteurs de la population, sensibilisés par quelques campagnes comme celle récente d’Agir ici(3) sur le tourisme mais aussi par un récent intérêt des médias devenus plus sensibles à ce genre de problématique, commencent à se poser la question : “Puis-je voyager sans risquer de nuire aux autres ? Comment entrer en dialogue avec les populations de ces régions lointaines ?” Le nombre de ces interrogations grandit.

Johannesburg, un nouveau défi

Il y a une dizaine d’années, la prise de conscience de l’opinion publique à travers la campagne ECPAT contre la prostitution enfantine a eu pour effet secondaire et inattendu d’élargir la question plus que n’avait pu le faire quelque action que ce soit. "Est-ce que je peux tout faire au-delà des océans ? Est-ce que le tourisme est aussi innocent qu’il apparaît dans les publicités idylliques ?" Ou encore : "Le “ touriste enfant ”, totalement pris en charge par son agence de voyage, est-il réellement le seul prototype du touriste de demain ?" Ou enfin : "Comment pourrais-je moi-même tenter de voyager autrement ?".

On voit ainsi depuis quelques années se superposer deux tendances dominantes. La première, de la part des agences, consiste à multiplier les produits les plus protecteurs pour le touriste - donc incontestablement les plus destructeurs pour les populations locales. La seconde, de la part d’un nombre grandissant de citoyens, tente de répondre à la question : “Puis-je voyager sans faire de mal aux autres ?” Ou encore, de la part d’une minorité peut-être destinée à grandir : “Serait-il possible que le tourisme, en me faisant plaisir, puisse en même temps être utile à celui qui me reçoit ?” Et pour finir : "Pourrait-on se faire plaisir ensemble, et peut-être, être utiles les uns aux autres et à notre planète menacée par les excès du genre humain ?".

Tel sera dans quelques semaines le défi posé, parmi des milliers d’autres, aux participants officiels et marginaux du prochain Sommet de la Terre à Johannesburg. Le Sommet de Johannesburg présente un nouveau défi. Depuis Rio, les données ont changé : le tourisme international a explosé, un certain nombre de nuisances qu’il entraîne commencent à être connues et sont désormais largement dénoncées. Mais à l’opposé, il n’a jamais donné lieu à une telle créativité pour assurer la protection et le confort des voyageurs.

Fragilisation du public et exigences grandissantes de confort et de protection d’une part, prise de conscience et nouvelles questions d’autre part, le tourisme est confronté à de nouvelles donnes et il est bon qu’elles soient évoquées à Johannesburg. Une dizaine d’organismes de langue anglaise et allemande se sont réunis pour publier une brochure de sensibilisation à la question du tourisme intitulé Un carton rouge au tourisme ?(4). Ce document pose aux participants du Sommet de Johannesburg dix défis méticuleusement documentés. Ces défis concernent précisément les thèmes environnementaux et sociaux les plus urgents relatifs au tourisme : la relation de la pauvreté au développement, celle du voyage aux dépenses d’énergie, celle du sol et de la terre en relation avec la sécurité alimentaire, celles de la biodiversité, de l’eau, de la dignité humaine, des responsabilités de la société civile, de la consommation et enfin des politiques commerciales et de l’économie internationale.

Il est urgent que le considérable marché du tourisme ne soit plus livré au seul bon vouloir des citoyens, de l’industrie touristique ou des Etats émetteurs ou récepteurs de tourisme. Mais qu’il soit réellement porté sur la scène des défis planétaires. Johannesburg sera un lieu déterminant pour une prise de conscience mondiale des risques que le tourisme peut aggraver ou des chances qu’il peut offrir à l’avenir menacé de notre planète.

Il reste bien du chemin à parcourir pour que le tourisme redevienne découverte, pèlerinage et cheminement à la rencontre de cet autre afin qu’il devienne ou redevienne prochain, avec tout ce qui l’entoure, son passé, son présent, sa mer et ses montagnes.

Les risques présentés par le tourisme sont redoutables pour l’humanité. De nouveaux instruments sont proposés. Ils sont planétaires. Il appartient aux hommes de toutes croyances d’en faire bon usage dans le fragile face à face qu’il rend possible.

Dora Valayer

Notes

[1] - ECPAT : End Child Prostitution and Traficking – 328 Phayathairoad - Bangkok 10400 - Thaïlande –

[2] - Disponible auprès de l’OMT (Organisation mondiale du tourisme) – Capitàn Haya 42 – 28020 Madrid

[3] - Agir ici – 104, rue Oberkampf - 75011 Paris – 01 56 98 24 40

[4] - Document actuellement en cours de traduction. Peut être demandé dans quelques semaines à l’association Transverses – 7, rue Heyrault - 92100 - Boulogne - France


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