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Etudes de cas significatives, analyses et interprétations

Séminaire 1 – Socio- Anthropologie du développement - Approche globale, analyse et pratique

Comment chacun - individu ou groupe- adopte une stratégie pour répondre à la situation où il se trouve ?

Chacun peut-il être acteur de sa propre vie ?

Quelle place du chercheur, du praticien du développement ?

Lors de ce premier séminaire, Roland Colin a posé les bases de ce cycle de formation. Il a proposé un modèle de compréhension de ce qui fait notre quotidien, en le représentant comme une socioculture dynamique aux multiples dimensions, et dont nous retrouvons les manifestations dans la presse écrite, page à page, rubrique après rubrique.

Il s’agit de considérer ce vécu dans la globalité, et non de façon uniforme, selon une norme unique valable pour tous.

L’opposition, le choc entre des références et des logiques différentes produisent les nouvelles du "vingt heures" dont s’empare le politique. Le choc inter-culturel, le rapport de force dominant-dominé, peuvent aller jusqu’au conflit armé. Mais regardons simplement l’actualité qui se déroule sous nos yeux : celle de « la fracture sociale ». La conception du « social » de qui vit une situation d’exclusion n’est pas celle de l’appareil d’Etat.

Or, l’histoire sociale trouve son sens dans la prise en compte de l’histoire de vie des individus qui en font partie, et la réciproque est vraie. Car chaque acteur trace sa stratégie en fonction de ses références, de la situation où il se trouve. Il peut le faire individuellement ou collectivement, en groupe ou en réseau. La logique d’action des individus qui vivent dans la rue, en situation d’exclusion, sert leurs propres objectifs. Elle s’opposera, à priori, à la logique des agents publics ou privés engagés par une institution pour une mission dont l’objectif est centré sur une gestion de moyens.

Chacun est-il acteur de sa propre vie ? Et comment choisit-il de l’être ?

  • Acteur passif, tel le consommateur gavé de publicité, devenu dépendant, ou encore le professeur qui applique des consignes et jauge le résultat des élèves, sans en chercher le sens ?
  • Ou bien acteur qui choisit consciemment de développer une stratégie qui lui est propre, d’être porteur de son projet, à l’écoute de l’autre ?

Le film L’Esquive montre, par exemple, comment une professeur de français et sa classe d’ados trouvent en Marivaux l’allié idéal qui donne la parole à ces filles et garçons pour parler d’eux même, en cette langue française qui leur est si étrange. C’est cela, donner la parole, écouter, pour produire du sens qui guide l’action.

Il s’agit bien d’un choix, que chacun de nous peut faire, de considérer l’autre dans sa globalité. Ce choix concerne le chercheur, le praticien, qui agissent au point de rencontre de cultures, de mondes différents.

Mais alors, la mise en évidence d’une réponse à leur propre question ne suffit plus. Sinon, ne courent-ils pas le risque de ressembler à cet homme qui, la nuit, ayant perdu des clefs, ne les cherche que sous le lampadaire, se justifiant par le fait que « c’est le seul endroit éclairé » ? Ils devront chercher la clef au-delà des limites du cône lumineux de leur propre socioculture, en élargissant leur champ de compréhension à la « zone d’ombre » qui l’entoure, à tous ses acteurs, aux problèmes connexes.


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