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Comment le capitalisme consumériste dévore l'Amérique

n°391 - février 2011

JPEG Le numéro 391, fev. 2011, de la revue
Développement et civilisations est sorti :

Nous revenons ce mois-ci sur le thème des dérives financières du capitalisme moderne qui sont, depuis la crise des subprimes, au cœur des réflexions.

Comment le capitalisme consumériste dévore l’Amérique

L’article principal s’intéresse particulièrement à la situation aux Etats-Unis. C’est le capitalisme made in USA, enivré de consommation à outrance, que décrit sans concessions le politologue américain Benjamin Barber. On pourrait résumer son diagnostic d’une formule : ce capitalisme-là, toujours plus générateur de besoins superflus, est bel et bien devenu fou. L’impératif n’est plus de produire pour répondre à des besoins mais de vendre à des consommateurs transformés en jouets des grands conglomérats. L’art de la persuasion commerciale a remplacé l’excellence industrielle. Et ne pas réagir, en imposant une régulation digne de ce nom, serait une erreur fatale.

Le néo-libéralisme en procès
Dans son libre-propos, René Lenoir, ancien ministre français et spécialiste reconnu des questions sociales et du développement, complète l’analyse de Benjamin Barber. Il souligne notamment que les revenus du travail, déjà mal redistribués par le système capitaliste, ne suffisent plus à « l’ogre productiviste » et le crédit a pris le relais en poussant les gens au-delà de leurs moyens. Cependant, il ne faut pas sous-estimer le rôle des consommateurs : partout s’ébauchent des réactions contre la consommation inutile et nuisible.


Les articles seront mis en ligne 3 après leur parution mais vous pouvez déjà lire l’édito.

Pour vous procurer le numéro 391, fév. 2011, de la revue développement et civilisations, vous pouvez nous contacter.
(Prix de vente au numéro : 4 € ou 7 CHF ou 7 US$, frais de port compris. Abonnement annuel, 10 N°s/an : 38 €, ou 60 CHF, ou 60 US $).

Éditorial

par Richard Werly

Turbocapitalisme

Les dérives financières du capitalisme moderne sont, depuis deux ans, longuement documentées. Films, livres, manifestations, procès publics… La crise des subprimes, qui a jeté à bas des millions de ménages américains dupés par les compagnies de crédits de mèche avec des promoteurs immobiliers vautours, a désormais sa place dans les manuels d’économie.

Mais quid du moteur même du capitalisme made in USA ? C’est celui—ci, enivré de consommation à outrance, que nous décrit sans concessions dans ce numéro le politologue américain Benjamin Barber. Avec un diagnostic que l’on pourrait résumer d’une formule : ce capitalisme—là, toujours plus générateur de besoins superflus, est bel et bien devenu fou…

Gare toutefois à une lecture trop hâtive. L’auteur ne s’adonne pas à une condamnation facile, caricaturale. Le formidable levier d’émancipation et de liberté qu’est la libre entreprise respectueuse des valeurs démocratiques et dûment régulée n’est pas clouée au pilori.

Le mérite de ce texte est d’être très documenté, précis, avec ce qu’il faut de recul historique pour montrer l’ampleur du précipice qui sépare aujourd’hui le bon grain d’un système concurrentiel et dynamique, de l’ivraie du profit à tout prix et contre tout. C’est ce « turbocapitalisme » que dénonce Benjamin Barber. Un capitalisme qui dévore le citoyen pour le recracher comme un consommateur interchangeable. Avec, au bout du compte, l’avènement de cette société de marché par nature contradictoire avec notre souci du « développement de tout l’homme et de tous les hommes ».


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