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Les chrétiens à l'épreuve des fractures du monde arabe

n°390 - janvier 2011

JPEG Le numéro 390, jan. 2011, de la revue
Développement et civilisations est sorti :

Les chrétiens à l’épreuve des fractures du monde arabe

Nous consacrons ce numéro à la question des chrétiens au Moyen-Orient. En effet, les sociétés du monde arabe en général et ses communautés chrétiennes en particulier sont menacées par la montée d’une conception de l’islam passéiste et extrémiste. Plusieurs attentats tragiques l’ont prouvé récemment.

Les extrémismes se nourrissent toujours de la discrimination, de la répression et des abus commis contre la population. Boutros Labaki, professeur d’Économie du développement et secrétaire général de l’ILDES, l’explique fort bien : le sort de ces communautés chrétiennes est surtout indissociable des conflits et des fractures sociopolitiques qui déchirent la région.

Les faux amis des chrétiens d’Orient
Dans son libre-propos, Jean-Claude Petit, ancien directeur de l’hebdomadaire « La Vie » et président du Réseau « Chrétiens de la Méditerranée », insiste sur l’importance d’afinner les analyses et la réflexion afin de contrer les simplifications abusives et dangereuses héritées de la guerre en Irak du « Bien contre le Mal » et du choc des civilisations.


Les articles seront mis en ligne 3 après leur parution mais vous pouvez déjà lire l’édito.

Pour vous procurer le numéro 390, jan. 2011, de la revue développement et civilisations, vous pouvez nous contacter.
(Prix de vente au numéro : 4 € ou 7 CHF ou 7 US$, frais de port compris. Abonnement annuel, 10 N°s/an : 38 €, ou 60 CHF, ou 60 US $).

Éditorial

par Richard Werly

Les vérités qui dérangent

La tragédie des chrétiens d’Orient est d’abord celle dans laquelle s’enfoncent, trop souvent, leurs pays d’origine. Impossible, en effet, de ne pas relier leur sort à celui du reste de la population en Irak, au Liban, en Syrie, en Palestine ou en Égypte. Les chrétiens, aujourd’hui ciblés par l’islamisme fanatique, ne sont pas des victimes différentes de leurs frères musulmans, chiites ou sunnites, assassinés par dizaines lors d’attentats tous plus meurtriers les uns que les autres. Se faire exploser près d’une église ou y mitrailler les fidèles, revêt bien sûr, en plus, un caractère délibéré d’épuration religieuse. C’est incontestablement un Orient débarrassé des « infidèles » que veut la nébuleuse Al-Qaïda. Mais comment ne pas voir le lien entre ce déferlement de violence anti-chrétiens et la tragédie, tout court, du peuple irakien ou palestinien ?

Les extrémismes et le terrorisme se nourrissent toujours du chaos, de la discrimination, de la répression et des abus commis contre la population. C’est aujourd’hui le cas à Bagdad, où le renversement du dictateur Saddam Hussein (qui défendit longtemps les chrétiens avant de courtiser les islamistes pour contourner l’embargo et rester au pouvoir) a ouvert la boîte de Pandore des règlements de compte et de la sectarisation de la société. C’est le cas en Égypte où l’autoritarisme en bout de course du régime alimente les pires instincts. C’est la réalité en Palestine où le rouleau compresseur israélien et la colonisation referment le pire des étaux sur les chrétiens palestiniens…

Boutros Labaki l’explique fort bien : le sort des chrétiens d’Orient est indissociable de la terre qui vit naître et se propager le christia-nisme. Ils en sont le sel, au même titre que les autres communautés. Ceux qui veulent leur destruction n’aboutiront qu’à appauvrir plus encore leurs sociétés. L’Orient sans les chrétiens est, socialement, culturellement, économiquement, un Orient décapité.


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