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5 octobre 2010 - Haïti n'a pas rompu avec le cycle de dépendance internationale

Prise de position de la PAPDA

9 mois après le séisme du 12 janvier 2010…

Cet article d’AlterPress nous a été transmis par Camille Chalmers, de la Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA)


Port-au-Prince, 5 octobre 2010

Près de 9 mois après le séisme du 12 janvier 2010, le pays demeure très vulnérable et les mécanismes comme la commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (Cirh) et l’annulation des dettes ne font que renforcer sa dépendance vis-à-vis de la communauté internationale, considère la plateforme de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda).

« Après les grandes promesses faites le 31 mars, la situation du pays demeure fragile. Nous faisons face à une très grande vulnérabilité et une très grande précarité », analyse Camille Chalmers, secrétaire exécutif de la Papda, lors d’une conférence de presse ce mardi 5 octobre, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

« 9 mois après le tremblement de terre, il est inacceptable que seulement 4% des débris aient été ramassés, seulement 2 à 3% des fonds promis décaissés, qu’un organisme qui s’est donné des responsabilités aussi importantes dans le cadre de la crise comme la Cirh réalise seulement sa 3e rencontre », juge la Papda.

Institution « grandement dominée par la volonté des institutions financières internationales, notamment la Banque mondiale », responsable de la gestion du fonds multidonneurs, la Cirh pourrait se réunir davantage via des téléconférences, signale la Papda.

Aide internationale ou “business as usual” ?

La Papda trouve « choquant » que la crise post-séisme n’ait pas modifié les rapports des puissances donatrices avec l’État pauvre caribéen.

Alors que, le 31 mars 2010, le principe adopté consistait à soutenir, par des dons, le pays, tout juste ravagé par un violent tremblement de terre, le Fonds monétaire international (Fmi) a plutôt mis en place un mécanisme financier pour prêter de l’argent à Haïti « à des taux d’intérêts croissants à partir de la première année ».

Comme plusieurs institutions internationales, la Banque inter-américaine de développement (Bid) a annulé totalement la dette d’Haïti à son égard.

Cependant, « Haïti n’est pas vraiment sortie du piège de la dette, même s’il y a une réduction significative du volume des dettes réclamées »

De plus, « le dossier de la dette [contractée] envers la Bid est entaché de plusieurs scandales… Suite à la crise de 1995, certains fonds déjà votés par la Bid n’ont jamais été décaissés, mais ont, tout de même, donné lieu à des flux de paiements. Haïti a payé pour des sommes d’argent qu’elle n’a jamais reçues », rappelle l’économiste Chalmers.

Tout en reconnaissant que les annulations de la dette externe constituent un pas en avant.

La Papda condamne les conditions de ces annulations.

« Il n’y a aucune réponse possible à la crise aujourd’hui à l’intérieur des mécanismes traditionnels. Et toutes les annonces, à travers la Cirh ou par l’annulation de dettes, rentrent dans le cadre des mêmes mécanismes de renforcement de la dépendance et de domination du pays ».

Pour cette raison, la Papda appelle le gouvernement et la population à ne pas « rester les bras croisés à attendre le décaissement des fonds [de reconstruction] qui ne sont que des promesses ».

« Une solidarité inter-haïtienne extraordinaire s’était déjà manifestée après le 12 janvier et doit aujourd’hui être appuyée par des politiques concrètes et des mécanismes de financements alternatifs ».

La solidarité haïtienne doit être la première réponse à la crise post-séisme et les ressources externes doivent rester complémentaires, martèle Camille Chalmers, réitérant la proposition de la Papda en vue de créer « un impôt de la solidarité haïtienne ».


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