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Le défi alimentaire mondial : inventer des chemins nouveaux

Cahier de BRES n°3 - novembre 2010

JPEG Dans un monde qui prend conscience de l’accroissement de ses besoins et de la rareté de ses ressources, l’accès à la nourriture et aux sources d’énergie devient un enjeu central, où se jouent la paix et l’avenir de l’humanité.

Comme les publications précédentes, ce troisième Cahier de BRES(1) ne prétend pas apporter une solution universelle ni un modèle de rechange. Il se limite à offrir quelques repères à ceux qui cherchent des raisons d’espérer et d’agir, à partir de la confrontation, de lectures et d’engagements, en retenant quelques propositions à la lumière de l’héritage de L.J. Lebret : « le développement de tout l’homme et de tous les hommes ».


Pour se procurer ce Cahier BRES, envoyer un mail à bretagneesperancesolidarite@laposte.net ou contactez-nous


Introduction

Dans un monde qui prend conscience de l’accroissement de ses besoins et de la rareté de ses ressources, l’accès à la nourriture et aux sources d’énergie devient un enjeu central, où se jouent la paix et l’avenir de l’humanité.

La nouvelle expansion de la faim après des décennies de recul, les craintes et les violences qui couvent dans une partie importante de la planète, le désarroi des agriculteurs européens devant l’effondrement de leurs revenus et la perte de leurs repères : autant de domaines qui appellent des diagnostics et des traitements spécifiques, mais qui fondamentalement relèvent d’une même approche globale. Les crises de l’alimentation mondiale, les angoisses des agriculteurs de chez nous sont parmi les révélateurs aigus d’une grave crise de civilisations, qui peut devenir désastreuse si elle n’est pas traitée à temps et à la profondeur voulue, ou au contraire être une chance historique de faire advenir un mieux vivre ensemble pour l’humanité et pour chaque être humain.

Nous vivons le crépuscule de deux siècles où l’occident a entraîné la moitié » de l’humanité dans un essor exceptionnel, laissant l’autre moitié entre l’espoir de le rejoindre et la révolte d’en être exclue. Une étape touche à sa fin, sans qu’apparaissent encore les lueurs crédibles d’une nouvelle phase. D’un côté, les « aigles » du pouvoir et du savoir démontrent leur impuissance à saisir la complexité et l’ampleur des crises qui leur échappent ; mais en même temps, d’un peu partout, au Nord comme au Sud, se multiplient et commencent de s’organiser des réseaux de « fourmis », les « mille misères, mille projets, mille chantiers » du développement local et territorial, durable et solidaire. Sans prétendre faire système ni apporter une solution universelle, ils annoncent et démontrent à leur manière qu’une nouvelle avancée de l’humanité est possible, puisqu’elle est déjà en germe en de multiples semis qui convergent. Dans ce contexte de recomposition, de renaissance, l’agriculture et l’alimentation ont un rôle majeur à jouer, si on les aborde d’une manière doublement globale :

  • l’évolution de l’agriculture et de la chaîne alimentaire se lit désormais à plusieurs niveaux, du village à la planète, dans une interdépendance croissante des systèmes et des territoires à transformer en solidarités organisées dans l’articulation des différences. L’avenir agricole se joue sans doute à Chicago, à Pékin, à Bruxelles, mais aussi dans les capacités du développement local : tout se tient.
  • l’agriculture se conçoit au sein de systèmes alimentaires : « la façon dont les hommes s’organisent et organisent l’espace aux différentes échelles afin de consommer et de produire leur nourriture » (L. Malassis). Cela englobe les activités d’approvisionnement en amont, les productions agricoles, les financiers qui s’emploient à encadrer l’ensemble du système. Faut-il rappeler qu’en France, le ministère de l’agriculture est devenu le Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche ? C’est désormais le consommateur, le citoyen qui compte, mais comment ?

Pourtant, l’agriculture ne se réduit pas à sa fonction alimentaire : elle joue un rôle essentiel dans l’aménagement des territoires, la protection de l’environnement et des équilibres fondamentaux ; elle est une construction sociale et culturelle, porteuse de relations et de valeurs enracinées ; elle fait œuvre de civilisation.

Comme les publications précédentes, ce Cahier de BRES ne prétend pas apporter une solution universelle ni un modèle de rechange. Il se limite à offrir quelques repères à ceux qui cherchent des raisons d’espérer et d’agir, à partir de la confrontation, de lectures et d’engagements, en retenant quelques propositions à la lumière de l’héritage de L.J. Lebret : « le développement de tout l’homme et de tous les hommes ». Par souci pédagogique, on présentera d’abord des propositions d’orientations avant d’exprimer quelques propositions d’organisation.

Notes

[1] - Bretagne Espérance Solidarité est l’une des antennes Lebret, voir la présentation de l’association


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