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24 août 2010 - L'inexistence des intellectuels et la candidature de Wyclef Jean

Par Mehdi Etienne Chalmers

A l’heure où j’écris ces remarques au sujet de deux articles sur la candidature de Wyclef Jean je ne sais pas si cela aura été utile de même y penser. Réfléchir à l’actualité et ses affluents n’est pas toujours une perte de temps, parfois un gain. Peut-être que cette fois…


La candidature d’un artiste

Beaucoup de choses me sont venus à l’esprit, après ces deux longues analyses qui ne conviennent que d’une chose : le comportement condamnable des intellectuels dans cette affaire. Je me suis demandé si j’étais un intellectuel ou si j’étais amené à l’être un jour, c’est-à-dire si ces articles me visaient. Je ne sais pas si cela parait sot ou suffisant comme interrogation, il se pourrait que ça le soit, au vu des personnalités qui ont ce statut, au vu de leur curriculum, au vu parfois de leur génie. En tout cas je parle français, mon créole n’est pas exactement trou-coucou, il essaye de suivre les évolutions qui se font dans les rues tant bien que mal. Je suppose que je pourrais prétendre en être, d’intellectuel, puisque j’écris, puisque je pense, et que je me conçois capable d’avoir une opinion digne d’intérêt pour un public, justement très restreint. Alors il ne serait pas mal placé de dire un mot dans ce débat sur l’avenir de la gouvernance d’Haïti, et sur la valeur de Monsieur Jean, qui risque de remporter ces élections.

La candidature de Wyclef est-elle ridicule ? En tout cas elle sujette à blagues, certaines plus drôles que d’autres., mais bon, beaucoup de choses, parfois très sérieuses sont sujettes à blagues. Les critiques de Wyclef Jean ne sont probablement pas toujours bien avisés, mais ce qu’on peut affirmer c’est qu’on ne s’est jamais improvisé leader, quelle que soit la classe sociale, même si nous vivons dans une société verrouillée, où malheureusement des incompétents peuvent diriger parce qu’ils sont simplement nés dans les langes appropriées. Il me semble que les quelques leaders populaires que nous avons connus ne se sont pas levés un jour, se découvrant fait de la matière dont on fait les présidents ou ministres ou députés. Du moins cela ne devrait pas en être ainsi.

Quand on parle des intellectuels, qui auraient permis cette catastrophe ou qui pourraient se plaindre de cette revanche des exclus, on entend des noms d’hommes très divers qui n’ont pas la même formation, la même activité et qui n’occupent pas la même place médiatique dans la société haïtienne. Déjà la distinction d’avec Wyclef n’est pas évidente, car Wyclef n’a peut-être pas lu Price-Mars (qu’est-ce que j’en sais, et en fait, quelle importance ?) mais il a une formation musicale, un savoir-faire indéniable, en tant que chanteur il a pu montrer une vision du monde intéressante, un talent de la composition qui révèle une réelle intelligence, en quoi ne serait-il pas aussi légitime que les autres, artistes du moins, à, d’abord prendre la parole, et puis à présenter sa vision pour les urnes.

Admettons, il parle créole, médiocrement, c’est problématique, mais il exprime sa pensée plus clairement qu’un certain nombre de politiciens aguerris. A mon avis il pourrait aussi se considérer comme intellectuel, ça ne serait pas plus absurde que pour d’autres. En tout cas, nous voyons que cette histoire d’intellectuels, qui seraient des hommes au garde à vous pour commenter, alerter ou conscientiser est confus. Mon propos est que cette catégorie ne sert à rien. Et ce n’est pas qu’une question de vocabulaire. Cette histoire d’intellectuel est au cœur du problème.

Je pense à cette phrase : « la plume au service du peuple ». Dans toute sa grandiloquence elle reste fort belle. Elle a malheureusement peu de chose à voir avec la réalité, autre que sa beauté, qui est réelle, son idée dans le cas concret d’Haïti est profondément fausse.

C’est un mot d’ordre très intéressant. Il y a de vieux échos des mots Justice, Vérité, Progrès derrière cette phrase. Cette phrase contient du bon, c’est évident, l’idée que l’art et la pensée sont au service de ceux qui n’ont pas les outils pour plaider leur cause.

Mais elle me gêne, elle me dérange, et je n’étais pas sûr de savoir pourquoi. J’ai alors compris quelque chose me dérangeait plus qu’un silence des « intellectuels » sur l’affaire Wyclef, quelque chose me gêne plus que le silence, et c’est peut-être une erreur de ma part, ou une question de tempérament : le bruit et le bavardage me gênent bien plus que le silence.

Je pense que le point d’appui de qui prétend vivre une vie qui ait quelque chose à voir avec l’intellect est tout de même la pensée, la pensée pour l’action parfois mais par la pensée, et qu’il faut donc « agir en homme de pensée, penser en homme d’action ». La pensée devrait donc se mouvoir avec assurance, mais elle devrait être humble dans son élaboration (c’est-à-dire un peu critique), et même silencieuse dans son élaboration ; plus une pensée est grande et féconde, plus sa construction risque d’être ardue et cachée. En tout cas, l’expérience semble attester cela.

Pour informer le public, il existe un métier qu’on peut apprendre, à l’université ou sur le tas par la pratique, et c’est celui du journaliste. Un journaliste cherche les informations, pose des questions, propose des réponses, sur des sujets d’actualités. Je ne vois pas pourquoi un artiste, un historien serait qualifié pour ce travail, comme ça, parce qu’ils en tous en commun de connaître les règles de la grammaire. Je ne dis pas qu’on ne peut pas faire les deux métiers, ou que les chercheurs ne travaillent pas avec le journalisme, non je pense juste qu’on n’est pas journaliste parce qu’on est écrivain ou historien ou chanteur ou poète.

Ceux qui ont pour travail d’informer, auraient dû, devraient faire leur travail, aiguillonner la réflexion du public, en posant les questions évidentes et les moins évidentes sur la candidature de Wyclef parmi tant d’autres sujets. Là où je doute un peu c’est surtout sur le fait que des artistes ou des intellectuels doivent intervenir, sur le champ, dans le débat public et dire ce qui leur passe par la tête ou vouloir prendre le pouvoir. Ça ne va pas vraiment de soi.

Cette conviction a priori qu’un artiste ou tout autre personne ayant quelque chose à voir de près ou de loin avec les humanités et la création soit qualifié pour opiner sur la société, la politique et la météo est l’une des racines d’une confusion et d’un problème plus profond que la candidature de Wyclef.

Wyclef peut par certains aspects être un symbole fertile pour l’évolution de la société haïtienne. Il met notamment à mal l’image de caste que nous avons de la politique, caste qui nous baigne dans l’illusion d’une compétence imaginaire pour justifier leur cloisonnement. Mais il renforce d’autres perceptions tout aussi insidieuses que nous avons de la politique. Il renouvelle ce goût, cette habitude de l’homme providentiel et du prophète, qui s’est toujours révélé une impasse pour Haïti ; par ailleurs, il ne peut pas représenter la nation haïtienne, parce qu’il la connaît mal, il ne s’en rend peut-être pas compte, mais son éloignement est crucial, même s’il aurait les cinq ans de résidence et qu’il aimerait son pays, cinq ans c’est court pour rattraper le temps perdu.

Wyclef sait faire de la musique pour nous et de l’argent pour lui, grand bien lui en fasse… en attendant la révolution, les ministères et la présidence sont des institutions, de lourdes machines qui pour inefficaces qu’elles soient n’ont pas besoin d’un homme qui a son art de la chanson et sa bonne volonté pour diriger cette mécanique dont dépendent tout de même des gens, une partie de l’économie et la stabilité politique.

Mais il fallait déjà en arriver où nous sommes, abstraction faite du séisme, on parlera donc d’un savant mélange de médiocrité de lâcheté et d’égocentrisme chez ces intellectuels qui pourraient jouer un rôle véritable en tant qu’élite politique, et qui ne le font pas.

Pour ma part je me perds un peu dans les causes de la situation que nous vivons. Je sais par contre que nous vivotons avec des valeurs de légitimité fragilisées. L’alternative Wyclef Jean n’est pas la légitimité par la couleur des plus nombreux mais celle de l’entertainment, rendue possible par notre américanisation effrénée, la valeur de Wyclef c’est son argent et sa notoriété.

Ce peuple n’est pas sot, comme disait l’autre, mais penser que ce peuple en l’état des choses va bien, qu’il est fécond, clairvoyant, créateur et beau comme il l’a été est un mensonge. Qu’on choisisse Wyclef très bien, va pour cinq ans de plus de délégitimassions de l’identité haïtienne. Ce n’est clairement pas un bon choix, il faut le dire, autour de soi, le dire en tant que citoyen, le dire en tant que journaliste, le dire au peuple, s’il est vrai que le peuple y pense en jubilant, on ne peut pas absolument savoir son choix, il faut donc penser comme si nous étions le peuple, et moi en peuple je ne vote pas cet homme qui ne me représente que par l’idée que je me fais de la créativité artistique des haïtiens.

Wyclef ne parle pas français et non plus le créole, il parle l’anglais légèrement street, bon. Je m’en fous de l’anglais, mais je n’ai pas à m’en foutre du créole ni du français, ce sont NOS langues. Ce point est fondamental pour moi, peut-être au-delà du raisonnable, mais si un homme se présentait pour m’offrir la sagesse personnelle, qu’il ne parle pas ma langue ne serait pas un problème, il me faudrait me conformer, maintenant qu’un homme veuille guider mes concitoyens et mes frères, selon leur intérêts, leur destinée manifeste, et qu’il ne parle pas la langue de ces concitoyens c’est autre chose.

Je n’aurais pas honte de défendre le français et je n’aurais pas honte de ne pas défendre le créole anglicisé de Wyclef pour l’amour de ceux qui savent le parler sans savoir l’écrire. Et cet homme n’est certainement pas celui qui donnera plus de souveraineté au peuple. Alors comme beaucoup de gens je ne pourrais pas voter pour lui.

Je ne comprends pas ceux qui prétendent encore le peuple votera en lui pour quelqu’un qui lui ressemble, en prétendant dire une chose tabou sur la question de couleur évidemment cruciale en Haiti. Les gens ne sont pas incapables de critiquer Wyclef parce qu’il est noir et que la minorité mulâtre jouit de privilèges obscènes. En ce qui concerne son rap, en tout cas, on ne se cache pas de le critiquer, chez les jeunes, dans la rue, si on demande aux fans de rap créole ce qu’ils pensent de Wyclef, on tombera vite sur la rumeur de vol de textes, on entendra « volè sa », « lap fè kob li ». Encore une fois les gens ne sont pas sots.

Si le peuple vote Wyclef ce sera parce qu’il n’a personne d’autre à reconnaître, à admirer, qu’il croit souvent que tout changement en l’état est bon à prendre. Le peuple a eu des leaders noirs, des leaders noiristes et des leaders se réclamant de lui, ils n’ont rien fait, et l’oubli du peuple n’est pas si grand qu’on veut le croire.

Wyclef existe à cause d’un vide politique, on ne me fera pas croire que voter pour un vide est bon, à cause d’une prétendue revanche des exclus, qui n’auront aucune revanche avec Wyclef, aucune… la minorité bourgeoise et intellectuelle a bien pleuré aussi, lors de l’élection de Préval, le peuple a bien eu une prétendu revanche cette fois là, personne ne s’en félicite aujourd’hui, et personne ne se félicitera de Wyclef demain.

Les « intellectuels » et la politique

On peut juger que c’est justement le manque temps de réflexion, de silences et de discernement qui rend nos penseurs, nos écrivains si dissipés si peu inspirés dans leurs interventions, et si déconnectés.

Etre un artiste est une chose… se donner comme contrainte créatrice de diriger sa parole vers le peuple, et de construire l’identité de la création en parallèle avec celle des hommes de cette terre, tout cela est admirable, plus, cela est surement indispensable, pour un artiste haïtien… cependant, quelle naïveté, quelle suffisance de penser être efficace, de penser pouvoir servir le peuple immédiatement, et penser par exemple qu’il est de notre devoir de commenter le plus vite possible, le tremblement de terre ou les élections.

L’art est long, le temps est court. L’art est très lent, s’il a une fonction adventice qui serait politique ou morale, elle est pratiquement nulle au niveau d’une société. Même avec la plus grande popularité, l’effet d’un « message » est souvent proche de zéro. J’en prends pour témoin les chansons de Boukman, elles sont pleines des plus beaux sentiments et de la plus belle indignation contre les hommes qui ont gangrené la politique en Haïti, mais ont-elles vraiment touché ceux qui les écoutaient, je veux dire ceux qui prenaient plaisir à les écouter sont ils de farouches ennemis organisés des autocrates et de la corruption ? Évidemment, la réponse est non.

Les artistes parfois, parfois, convertissent, touchent, changent, une personne, deux, cinquante, cent, en profondeur, et cette personne changée agira dans sa vie pour un certain bien, et encore cela n’est pas certain qu’elle agisse véritablement. Il faut que les artistes se rendent compte que l’amour qu’on peut leur donner, la reconnaissance qu’on peut leur offrir de créer ne veut pas dire qu’ils rendent service au peuple ou qu’ils en sont capables. Certains le font, « rendre service au peuple » avec leur art, c’est vrai, ceux –là se comptent sur les doigts de la main. Non, il ne suffit pas de le dire, de faire semblant ou de dénaturer l’art pour rendre service au peuple. Un artiste ne bavarde pas (dans l’idéal en tout cas, il dit ce qu’il a à dire dans son ouvrage).

Créer des mondes de rêve qui nous font voir le monde sous un aspect différent, même un court instant, souvent un court instant, répond à un besoin de l’âme, un besoin luxueux, qui ne sert pas à survivre, qui entraverait presque la survie, mais un besoin d’Humain, que d’écouter un air magnifique le soir, de raconter des histoires et de peindre. Ce geste est le geste essentiel de celui qui fait de l’art, donc Frankétienne a raison, dans une certaine mesure, de s’occuper de sa bibliothèque (et il ne faisait pas que cela j’en suis convaincu) au lieu de se ruer sur les radios pour parler, comme d’autres, pour dire des banalités.

Malheureusement nous vivons sur un sol où l’inhumain règne, où il serait effectivement moral d’assigner tout talent à une fin utile. Cependant l’art n’est pas exclusivement bourgeois, et ne pas toujours se parer de fin utile immédiate, il donne autre chose, parfois le simple plaisir des sens, parfois plus, demandez à ces artistes qui meurent de faim, et qui continuent à le faire parce qu’ils sont obligés de VIVRE, c’est-à-dire produire leur art, et demandez à ceux qui veillent des nuits entières pour participer au rara de leurs quartiers. Il ne s’agit pas simplement d’amusement mais de nécessité. Cependant les artistes et les intellectuels remplis de mauvaise conscience mentent ou s’auto flagellent sur la réalité de leur rôle.

Frankétienne sait faire des œuvres qui nous font réfléchir sur notre pays en plus d’être simplement belles. Doit-il, peut-il nous faire réfléchir sur commande à la radio, dans le journal, parce qu’il peut le faire en théâtre et en roman ? Je ne sais pas. Mais s’il ne peut pas il n’y a aucune raison qu’il soit un charlatan.

Il pourrait écrire un livre sur tout ça, mais « nul n’est tenu d’écrire un livre », comme nul n’est tenu d’ouvrir sa bouche parce qu’on a le titre autoproclamé d’intellectuel. Un texte qui est une véritable pensée, une véritable part d’âme, avec tous les fruits que cela peut porter, ce texte arrive à temps, à son temps, parfois trop tard, parfois trop tôt, c’est ainsi que sont les choses, une pensée ne peut arriver que selon son rythme.

Penser n’est pas un métier, mais penser existe, ça nous arrive à pratiquement tous, de temps en temps, par contre je ne suis pas sûr que « intellectuel » ça existe vraiment, que ce soit quelque chose. Il y a des métiers : journalistes, économistes, cuisiniers, sociologues. Il y existe des méthodes d’analyse… oui, qu’on en fasse usage, avec soin.

On peut aussi faire un autre vrai métier, très utile, la politique, il faut avoir quelques compétences, et d’autres qualités malheureusement plus impalpables.

Pourquoi voudrait-on d’un homme qui passe son temps à peindre et griffonner des phrases en « spirale » ou un autre qui nous raconte ses obsessions sur sa mère et son expérience d’apatride ? Pourquoi voudrait-on qu’il soit un producteur d’idées politiques, un reporter professionnel ou un expert en économie, en diplomatie, en psychopathologie des traumas collectifs et que sais-je encore ?

Je pense qu’à force de se faire prendre dans l’illusion qu’un auteur crée un univers entier, alors qu’il ne propose que quelques vérités souvent très minces (un auteur pourrait n’avoir qu’une seule proposition philosophique pensée et comprise, et qui tient en une phrase, elle soutiendra des volumes entiers de son œuvre) mais d’une profondeur réelle, et bien, à croire en l’illusion que les artistes sont des Créateurs tout-puissants de mondes, on finit par croire que tout artiste est potentiellement un esprit polyvalent, profond et pertinent en tout temps et en tout lieu.

Je termine sur ce qui m’avait interpellé dans l’article ce problème qui n’était pas tout à fait le sujet central. Dans nos bavardages sur le changement en Haïti, nous souffrons d’un manque de clarté, d’un manque d’humilité généralisé. La clarté est ce qui est le moins évident à atteindre, nous devons tendre vers elle, mais avant de l’avoir, l’humilité ne serait pas de luxe, un but infiniment moins difficile à tenter d’atteindre ; même appliquée sans conviction, ses effets sont salutaires… sans une minuscule humilité le désir de clarté, sur ce que nous sommes et sur ce dont nous parlons ne sera jamais, et l’élite de ce pays continuera à l’aider à s’écrouler.

Wyclef est dangereux pour le pays, profondément mauvais, car il représente cet aveuglement qui s’empare si souvent de nous haïtiens. Il aurait été si simple de prendre le temps, d’apprendre, de faire éventuellement de la politique, mandaté par le peuple et de faire certaines preuves. On ne s’improvise pas expert, en quelque domaine que ce soit, et aucune science ne donne les outils pour analyser sur commande tout ce qui existe. Qu’il se mette au service du peuple par palier. Quoi ? A lui tout seul il changera l’indigence de notre situation ? Personne ne le fera. Apprenons à choisir nos cibles, à penser le changement, Wyclef ne le fera pas.

Si l’exigence venait à apparaitre sous la forme d’une exigence personnelle dans la pratique de nos expertises diverses de citoyens, pour une opinion libre et un engagement politique sincère et raisonnable, et non sous la forme de l’arrogance, de l’ambition pure ou du délire messianique (qui, je le répète, nous a valu beaucoup de déconvenues jusqu’à présent) nous marcherions certes lentement mais tout à fait plus surement vers une Nation, ce dont nous sommes si loin de toute façon que la lenteur de nos pas n’a presque pas de conséquence.

Mehdi Etienne Chalmers


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