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Jeunes à l'heure des crises / Youth in the face of today's global crisis

Document de travail du Centre Lebret-Irfed

Article in English
The International Youth Encounter held in Karur was the first joint initiative of the Centre Lebret-Irfed and AREDS devoted to youth leaders […]

La rencontre internationale « Jeunes face aux crises globales » qui s’est tenue à Karur dans le sud de l’Inde du 20 au 26 mai 2009, est la première initiative conjointe que le Centre Lebret-Irfed et AREDS consacrent spécifiquement à de jeunes dirigeants.


Lire le document de travail "Youth in the face of today’s global crises" (en anglais).

Les points forts de la rencontre

La rencontre internationale « Jeunes face aux crises globales » qui s’est tenue à Karur dans le sud de l’Inde du 20 au 26 mai 2009, est la première initiative conjointe que le Centre Lebret-Irfed et AREDS consacrent spécifiquement à de jeunes dirigeants.

Avec en arrière-plan, les crises financières et écologiques, il nous a paru primordial d’ouvrir un espace de réflexion collective internationale qui s’adresse à des jeunes socialement et professionnellement engagés, provenant, pour cette première étape, majoritairement d’Asie.

Nous avons voulu entendre quelles sont les réponses mises en œuvre par ces jeunes adultes pour faire face aux conséquences des crises. Leur permettre de parler de leurs situations locales et d’échanger avec les jeunes leaders d’autres pays ou régions, nous semblait un bon moyen pour mutualiser leurs initiatives et renforcer leurs capacités à travailler durablement pour le changement social.

Nous avons été heureux de voir l’enthousiasme avec lequel ce défi a été accepté ! L’intérêt manifesté par les participants pour les différentes activités du programme, a été remarquable, depuis le questionnaire préparatoire plusieurs mois avant la rencontre jusqu’aux séances de « Playback Theater » à la toute fin… Nous avons perçu une telle générosité dans l’engagement de ces jeunes : leur participation aux ateliers, leur volonté d’apprendre autant que possible, leur soucis de rapporter chez eux et dans leurs organisations ces clés de compréhension forgées ensemble, ces promesses de garder le contact au travers d’un réseau qui fonctionnerait de manière créative…

Une demande de reconnaissance

Les débats, en ateliers ou en plénières, ont fait émerger combien ces jeunes ont besoin -et exigent- d’être reconnus. Reconnus économiquement et socialement : ils ont dit leurs grandes difficultés d’accès à la sécurité alimentaire, au travail, à un environnement non toxique. Reconnus politiquement : ils demandent que l’on accorde plus de confiance en leurs capacités à proposer des solutions et des alternatives afin d’améliorer les situations dégradées dans leurs communautés.

Le lien entre local et global

Les personnes-ressources, choisies pour apporter des éclairages sur les questions globales comme la crise financière ou le changement climatique, ont permis de mieux comprendre les situations vécues au niveau local – et par conséquent de mieux savoir comment agir… L’un des exemples est le phénomène d’accaparement des terres agricoles par les compagnies privées, dont sont victimes de façon croissante les communautés autochtones.

Il est également apparu clairement que l’actualité des crises financières et environnementales n’était une nouveauté pour aucun d’entre eux. Leurs communautés souffrent de plein fouet, et doivent déjà gérer, les impacts des catastrophes, naturelles ou liées aux activités humaines : pauvreté, chômage, déplacements de populations…

Le vrai choc, pour beaucoup d’entre eux, fut de se rendre compte que la situation allait empirer et les affecter encore plus durement. Mais leur réponse a été de continuer, avec volonté et courage, à s’informer, échanger des nouvelles, construire des réseaux « Jeunes »…

L’amitié pour dépasser la barrière des langues et n’exclure personne

Le climat de réelle amitié qui s’est développé entre les jeunes participants malgré les différences culturelles, a apporté beaucoup de joie et de plaisir tout au long de l’expérience. Cela a sûrement contribué à surmonter la barrière des langues, à rendre plus vivants les processus d’apprentissage et à renforcer l’appropriation par les jeunes des informations et savoirs nouveaux.
Certains participants avaient de réelles difficultés avec l’anglais (moyen de communication employé). Mais ceci ne les a pas exclu de la réflexion en profondeur, les autres jeunes et les organisateurs s’arrangeant de façon souple et informelle pour que des traductions simultanées leur permette de débattre.

Cela réaffirme avec force l’importance de donner, aux militants locaux et à ceux qui travaillent sur le terrain, l’opportunité de participer malgré les difficultés de langues. Ils ont hautement apprécié d’avoir la chance de replacer dans un contexte internationale leurs questions et priorités locales, et de bénéficier des « échanges entre pairs » venus d’autres pays.

Pour les organisateurs, il s’agissait aussi de gérer la difficile - mais incontournable - question : comment entendre et travailler avec les plus pauvres et marginalisés, ceux qui n’ont jamais la parole ?

Accueillir et rencontrer pour comprendre et respecter

Nous avons parlé d’apprentissage collectif se construisant dans la joie. Il nous faut aussi dire l’importance de la gentillesse et de la générosité des Tamouls (population de Karur) qui nous ont accueillis. Le déroulement de la rencontre dans les locaux d’AREDS et SWATE (organisation de femmes) et son articulation avec les activités de ces deux organisations ont permis une situation d’apprentissage idéale. Plus d’un participant a perçu l’intérêt de s’en inspirer pour ses propres engagements professionnels et militants.

L’expérience relatée par Christi Samy (directrice de SWATE), l’engagement politique du « Front des femmes » aux dernières élections législatives, a motivé un grand nombre des participants et leur a ouvert les yeux sur l’importance d’inclure une dimension politique dans toute action qui vise à créer du changement social.

Les visites d’immersion culturelle, intégrées au programme, ont créé les conditions d’une meilleure compréhension d’autres cultures et sont, à ce titre, certainement essentielles au développement d’approches pluralistes pour faire face aux tensions qui marquent de nombreux pays dans le monde.

Quelles perspectives après la rencontre ?

Cela fait maintenant un an que la rencontre a eu lieu. Les membres de ce réseau international « Jeunes » initié à Karur ont continué à se tenir au courant de leurs activités. Pour en citer quelques unes : cycles de formation-débat sur le lien entre questions locales et problèmes globaux ; camps pour la paix ; lobbying et plaidoyer pour les droits de l’Homme ; actions de défense de l’environnement ; travail avec les médias… Pour permettre ces échanges dans la durée, un des participants cambodgiens a créé un blog, Youth for alternatives, qui sert de « point de rencontre » à distance.

Les propositions élaborées par les participants, et présentées en p. 18 du rapport ci dessous, sont le point de départ d’un possible programme à long terme du réseau « Jeunes ». Bien que chaque participant se soit chargé d’une tâche en lien avec ses centres d’intérêt, le besoin se fait sentir d’un effort qui structure le fonctionnement collectif.

Si l’échange d’information via emails est fondamental, il faudrait le compléter par des événements concrets qui ancreraient le réseau dans les réalités des participants et apporteraient des éléments nouveaux à leur travail ou engagement.

Enfin, l’idée initiale de l’axe thématique « Jeunes à l’heure des crises » est d’être un processus de réflexion itinérant dans différentes régions du monde. C’est précisément pour préparer les étapes suivantes - africaine, latino-américaine, européenne - que nous avons veillé à inclure dans la rencontre à Karur –étape asiatique de la réflexion- des participants d’autres continents.

Le Centre Lebret-Irfed prépare avec le Réseau international Lebret les prochaines rencontres. Nous espérons que ce rapport saura susciter l’intérêt de nos partenaires à soutenir ce type de projets qui contribue à élaborer, dans la continuité, des outils de participation et de construction de savoirs et des espaces d’échange qui renforcent la capacité collective des jeunes à créer des alternatives face aux crises globales qui menacent partout la dignité humaine, la justice et le vivre-ensemble.


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