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L'islam aux prises avec lui-même

n°380 - jan.-fév. 2010

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Le numéro 380, de janvier-février 2010, de la revue Développement et civilisations vient de sortir.

À l’occasion de la mort d’Abdurrahman Wahid survenue en décembre dernier, nous consacrons ce numéro spécial à l’ancien président indonésien. Nous publions un texte qu’il a écrit en 2005 et que nous avons intitulé L’islam aux prises avec lui-même.

Suivent deux textes en son hommage, "Les chrétiens indonésiens mettaient en lui tous leurs espoirs" par Andrée Feillard, et "La voix de l’Universel" par Boutros Labaki.

Le dernier texte de ce numéro, "En Asie, la religion à l’épreuve de la politique" par Darwis Khudori, apporte un éclairage sur les mouvements politiques à base religieuse, en prenant l’exemple de la situation en Asie.

Les articles seront mis en ligne 3 après leur parution mais vous pouvez déjà lire l’édito.


Pour vous procurer le numéro 380, jan.-fév. 2010, de la revue développement et civilisations, vous pouvez nous contacter.
(Prix de vente au numéro : 4 € ou 7 CHF ou 7 US$, frais de port compris. Abonnement annuel, 10 N°s/an : 38 €, ou 60 CHF, ou 60 US $).

Auteurs de ce numéro :

  • Abdurrahman Wahid(1)
  • Andrée Feillard(2)
  • Boutros Labaki(3)
  • Darwis Khudori(4)

Éditorial

par Richard Werly

Besoin d’Asie

Abdurrahman Wahid n’avait rien de l’orateur envoûtant au premier abord. De nos rencontres au milieu des années 90 à Djakarta me reste au contraire l’image d’un sage, presque sur la réserve. L’homme, déjà, se savait diminué. Presque aveugle, il tâtonnait du regard. Malade, il marchait péniblement. Il était, en somme, tout sauf un harangueur de foules.

Son charisme venait donc d’ailleurs. De l’histoire de sa famille. De sa maîtrise des textes religieux. De la finesse de sa pensée. Et de sa capacité de persuasion. Wahid profitait largement de cette piété filiale chère au continent asiatique. Il était respecté, car lettré. Il y avait en lui de cette sagesse immanente dont l’Extrême-Orient, encore aujourd’hui, a souvent le secret.

De cette personnalité découlait bien sûr sa vision de l’islam, arrivé, rappelons-le, en Indonésie par le commerce et les marchands arabes, et non par la conquête armée. « Gus Dur », comme tous l’appelaient, était l’homme de la synthèse spirituelle. Il avait compris que la religion musulmane doit tenir compte de chaque terreau culturel et social. Il était en cela profondément javanais : homme à la pensée-labyrinthe, respectueux de la complexité des âmes.

Il faut, maintenant qu’il n’est plus parmi nous, y voir un signe. A l’heure où la balance économique mondiale penche de plus en plus du coté de l’Asie, l’héritage de Gus Dur nous montre combien cette partie du monde peut nous apporter en terme de compréhension des autres et de diversité. Non pas que tout s’y passe bien, comme le décrit plus loin notre ami Darwis Khudori. Mais parce que de l’Asie vient à la fois le souffle du commerce, du métissage et du respect des anciens. Trois remparts, pour des civilisations à l’épreuve de la modernité.

Notes

[1] - intellectuel et religieux musulman, ancien président de l’Indonésie (1999-2001), décédé le 30 décembre 2009 ; au moment d’écrire le texte ci-dessus, en 2005, il parrainait et conseillait la LibForAll Foundation dont l’objectif est de réduire l’extrémisme et de discréditer le recours au terrorisme.

[2] - chargée de recherche au CNRS, est spécialiste de l’islam traditionaliste en Indonésie

[3] - Président de l’ILDES (Institut libanais de développement économique et social) ; Vice-président Moyen-Orient du Centre Lebret-Irfed

[4] - écrivain, architecte et historien spécialisé dans le monde arabe et musulman contemporain


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