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Mamadou Dia, passeur et prophète du développement

N°373 - avril 2009

par Roland Colin(1)

Avec deux textes de mamadou Dia : J’observe l’échec de la théorie économique et Ré-humaniser le monde


Pour vous procurer le numéro 373, avril 2009, de la revue développement et civilisations, vous pouvez nous contacter.
(Prix de vente au numéro : 4 € ou 7 CHF ou 7 US$, frais de port compris. Abonnement annuel, 10 N°s/an : 38 €, ou 60 CHF, ou 60 US $).

Éditorial

par Richard Werly

Ces années là…

Devons-nous juger ? Pouvons-nous, sur la base des faits et des controverses historiques, décider qui, dans la tourmente de la décolonisation africaine, a eu raison et a eu tort ? Sommes-nous, à Développement et Civilisations, les arbitres des tourments que traversa le jeune État du Sénégal et qui coûtèrent son poste, puis sa liberté, à l’ancien Premier ministre Mamadou Dia dont nous avons choisi, ici, de raconter le parcours et de porter la flamme, quelques mois après sa disparition ?

La réponse est non. Le vibrant hommage que nous rendons à l’homme, au prophète et au compagnon de Louis- Joseph Lebret n’a pas vocation à refaire l’histoire, mais à lui redonner, pour les générations actuelles et futures, le sel de la mission. Car Mamadou Dia le pieux musulman, tout comme le dominicain Louis-Joseph Lebret, fut un missionnaire. Il vivait le développement comme une oeuvre complexe, mais intégrale. Sachant que sans un peuple debout, celle-ci restera toujours inachevée.

Devons-nous alors trancher ? Oui, résolument. De ces années-là jusqu’à aujourd’hui, le défi demeure celui-ci. S’affranchir des héritages étatiques ambigus de la décolonisation. Miser sur l’éducation pour opérer le plus vaste transfert de compétences qui soit. Oui, le défi du développement est d’abord d’empêcher son déni par les forces de l’ombre du marché que sont les mafias, les mises sous tutelle de l’économie par de grands conglomérats, ou les contrats léonins accordant l’exploitation sans vergogne des ressources naturelles si décisives pour l’avenir des pays les plus pauvres. Oui, ce défi d’une mondialisation équitable, qui ne nie pas l’importance du commerce mais ne sacrifie pas tout à ce dernier, reste notre priorité.

Nous ne sommes pas juges de l’histoire du Sénégal, éminemment complexe, car fruit - comme partout - du destin d’hommes et de femmes. Mais nous reconnaissons, dans les exigences formulées alors par Mamadou Dia, des jalons et des leçons dont la crise financière internationale démontre avec encore plus de force l’impérieuse actualité.

Notes

[1] - Administrateur de la France d’outre-mer au Soudan français (Mali actuel), Roland Colin a été ensuite directeur de Cabinet de Mamadou Dia au Sénégal dans la phase cruciale de passage à l’indépendance. En 1966 il a succédé au père Lebret à la tête de l’IRFED et est président d’honneur de Développement et Civilisations Lebret-IRFED. Il a publié Sénégal notre pirogue, au soleil de la liberté – journal de bord 1955-1980, aux éditions Présence Africaine, Paris, 2007.


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