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Orientations 2008

Continuation et approfondissement du travail sur les deux axes « Dialogue des civilisations et développement des peuples » et « Relations société civile – pouvoirs publics », dans un contexte où le questionnement sur le sens du développement réapparaît avec force.

Démarrage de la formulation d’un “projet” intégré 2010-2013 qui concrétise la dimension « réseau international » de DCLI.

SOMMAIRE

Ateliers et rencontres : montée des fondamentalismes et impact sur le vivre-ensemble

Rapport des séminaires de Beyrouth et Bangalore

Capitalisation du travail mené depuis 2001

Revue Développement et civilisations



Ateliers et rencontres : montée des fondamentalismes et impact sur le vivre-ensemble

En octobre 2008, la tenue en Chine du Forum populaire Asie-Europe 7 (AEPF 7) offre à DCLI et à son réseau international une occasion de restituer leurs travaux. Cette participation à l’AEPF a aussi pour objectif de continuer à enrichir la réflexion, de l’inscrire dans les préoccupations qui mobilisent les organisations et forums aujourd’hui et d’accroître l’impact et la portée de l’intervention de son réseau international en direction des sociétés civiles asiatiques et européennes.

Au croisement des deux axes de travail de DCLI, « Dialogue des civilisations et développement des peuples » et « Relations société civile-pouvoirs publics », se trouve une problématique complexe, fréquemment abordée par les participants lors de nos rencontres internationales : la montée des fondamentalismes et l’impact sur le vivre-ensemble. Cette thématique, peu abordée par les autres organisations membres du comité international d’organisation du Forum, constitue la contribution originale que DCLI apporte au Forum, nourrie de plusieurs années de réflexion collective et plurielle de son réseau international.

DCLI co-organise donc l’un des 30 ateliers du Forum. Le thème retenu pour cet atelier est l’impact des mouvements politiques de références religieuses en Asie et en Europe, et plus particulièrement sur l’une de ses déclinaisons : la montée des fondamentalismes et l’impact sur le vivre-ensemble.

En tant que membre de l’IOC de l’AEPF, DCLI contribue aussi à la conception d’ensemble du Forum (élaboration des thématiques, invitation des intervenants, organisation des ateliers) et assure le lien entre le réseau ASEM sur le plan international et les organisations françaises. Notre rôle est également de faciliter la participation de représentants d’organisations françaises ainsi qu’asiatiques et européennes, en tant que participants et personnes-ressources aux débats du Forum.

Autour de notre « thématique fil rouge », plusieurs activités rythment le déroulement de l’année, qui culmineront avec la tenue de l’atelier de Pékin :

  1. Organisation d’ateliers préparatoires en Europe et en Asie
    Pour préparer l’atelier en Chine, un atelier régional a eu lieu et deux autres sont en processus d’élaboration avec des partenaires et collaborateurs européens et asiatiques :
    • Paris, mars 2008 : « Montée des fondamentalismes : impacts sur le vivre-ensemble. Regards croisés depuis l’Indonésie, la France et le bassin euro-méditerranéen ».
    • Bruxelles, septembre 2008 : « Montée des fondamentalismes : défis pour le vivre ensemble »
    • Kedah, Malaisie, juillet 2008 : « Montée des mouvements politiques aux références religieuses en Asie : menace ou chance pour un développement basé sur les droits humains ? »
  2. Co-organisation avec d’autres organisations françaises d’une table ronde sur « Mouvements et droits sociaux en Chine » (Paris, fin octobre ou début novembre 2008)
    • La conception de cet atelier est en discussion avec des partenaires en France. La recherche documentaire initiée par DCLI (voir ci-dessous) contribuera à sa préparation. Vu qu’il se tiendra après la réunion de l’AEPF, il sera aussi l’occasion de restituer en France ses travaux.
  3. Documentation et publications
    • une recherche documentaire sera effectuée sur la société civile chinoise afin de réunir les sources disponibles, en particulier auprès des associations qui sont investies dans le processus AEPF ;
    • un recensement des organisations en France travaillant sur la Chine dans une perspective solidaire ;
    • deux numéros concernant la Chine sont d’ores et déjà prévus pour la publication mensuelle développement et civilisations traitant notamment du rôle de la Chine en Afrique et de l’enjeu climatique vu de Chine ;
    • mise en ligne sur le site des résultats de ces recherches, d’une information sur les activités d’AEPF et d’une restitution des travaux des ateliers auxquels DCLI participera.

Rapport des séminaires de Beyrouth et Bangalore

Au mois d’octobre 2003, DCLI a participé, en collaboration avec l’Institut libanais de développement économique et social (ILDES), à Beyrouth, à la tenue d’un séminaire sur le thème “Dialogue des civilisations et développement des peuples”.

En août 2005 à Bangalore, avec l’Association au service de l’éducation rurale et du développement (AREDS), nous avons organisé un séminaire portant sur le thème : "Fondamentalisme religieux et mondialisation".

Pour ces deux rencontres, des comptes-rendus existaient, constitués des minutes du séminaire, qui n’étaient donc pas publiables en l’état.

Le matériau contenu dans ces documents est très riche, et la parole des participants apporte un éclairage hors des sentiers battus à la compréhension des conflits interculturels et interreligieux qui traversent nos sociétés. Il nous a donc paru prioritaire d’élaborer des publications, en retravaillant ces textes afin d’en extraire les points forts et d’en valoriser les contributions originales.

La collection de rapports des six séminaires internationaux, organisés depuis 2001 sur nos deux axes de travail, sera ainsi complète :

    • Société civile, développement local et mondialisation : le cas des P.M.A :
      • Addis Abeba, 2001
    • Dialogue des civilisations :
      • Beyrouth, 2003
      • Bangalore, 2005
    • Relations société civile – pouvoirs publics :
      • Prague, 2005
      • Haïti, 2006
      • Lubumbashi, 2007

Capitalisation du travail mené depuis 2001

Depuis plusieurs années, Développement et civilisations – Lebret-Irfed mène des travaux sur le thème d’un développement plus solidaire, de tout l’homme et de tous les hommes, selon deux axes principaux : « dialogue des civilisations et développement des peuples » et « Relations entre société civile et pouvoir publics ».

Les enquêtes, rencontres et ateliers préparatoires, séminaires et autres conférences organisés sur ces thèmes ont amené à l’existence de rapports et comptes-rendus.

Le Centre souhaite à présent capitaliser tous ces travaux, sous forme de publications. Un livre et cinq opus de (ce qui a vocation à devenir) la collection Cahiers de Développement et Civilisations sont en préparation. Deux d’entre eux sont prêts à la publication :

Développement et recherche-action
stratégies et pratiques, du global au local

Refonder un développement intégral et solidaire
relecture actualisée de l’encyclique Populorum Progressio par un réseau international d’acteurs du développement

Deux autres Cahiers sont en cours de rédaction :

Le Centre de développement communautaire au Timor
Appui à l’émergence d’une société civile autonome.

DCLI accompagne depuis plus de 10 ans le Centre de développement communautaire (CDC) de Baucau, notamment au travers de la présence d’un chargé de mission expatrié.

Depuis un an et demi, le CDC prépare activement le départ de cet expatrié qui a eu lieu fin 2007. Cette prise d’autonomie est un tournant majeur dans l’histoire de ce projet.

C’est ce défi que veut aborder ce Cahier. Défi, accentué par l’instabilité politique qui traverse ce pays indépendant depuis à peine 6 ans. Défi aussi que celui de gérer les relations avec les bailleurs de fonds occidentaux et internationaux… Ces derniers sauront-ils jouer leur rôle d’appui à cette initiative où ses acteurs prennent eux-mêmes en main l’organisation d’un développement local ?

Deux groupes de production se sont à présent affirmés sous l’impulsion du CDC : les forgerons pour les hommes et la conservation alimentaire sous la forme de confitures pour les femmes. Avec leurs forces et faiblesses, ils ont conscience de participer, modestement mais autant qu’ils le peuvent, à l’amélioration de la vie de leurs communautés et, ainsi, au développement de leur pays. Mais c’est aussi à l’émergence d’une société civile que l’on assiste. Le CDC se révèle comme l’une des composantes authentiques d’une société civile en formation, aptes à se faire reconnaître par des pouvoirs publics eux aussi en formation (l’indépendance officielle du pays ayant été proclamée en 2002).

Dialogue des civilisations et développement des peuples
Ce Cahier reprend les points forts abordés lors de deux séminaires tenus l’un à Beyrouth (Liban) en 2003, l’autre à Bangalore (Inde) en 2005. Ces deux rencontres ont permis à des acteurs de la société civile, ayant peu l’occasion de dialoguer car issus de communautés ou culturelles ou religieuses souvent en conflit, d’échanger sur des grandes questions comme les relations entre identité et citoyenneté, l’impact des fondamentalismes sur le vivre-ensemble, équité, démocratie et paradigme de développement… Plus que jamais ces questions, avec leurs manifestations locales et internationales, occupent le devant de la scène. Ce Cahier est l’occasion de donner à écouter ce que les acteurs ont à dire, à dénoncer, à proposer

Relations société civile – pouvoirs publics
Enfin, en 2007 ont commencé les travaux préparatoires à la rédaction d’un livre sur « Relations société civile – pouvoirs publics ». Le projet est d’inviter le lecteur à un voyage à travers des réalités diverses et contrastées, souvent méconnues car peu accessibles. À rencontrer des expériences uniques vécues à Lubumbashi, en Haïti, à Prague… À écouter ce qu’ont à se dire et à dire des paysans ou des responsables associatifs ou bien des spécialistes en décentralisation…
Comment formulent-ils et hiérarchisent-ils les problèmes ?
Quels espaces d’actions identifient-ils et quelles solutions inventent-ils ?
Comment essaient-ils, réussissent-ils, échouent-ils, réajustent-ils leurs projets ?
Quels réseaux constituent-ils ?

Ces histoires singulières de rencontres ne peuvent prétendre à rendre compte de façon exhaustive de la question des relations entre la société civile et les pouvoirs publics. Mais c’est leur singularité même qui met en valeur les messages forts, sur lesquels se terminera ce livre.
Messages forts sur de grandes questions contemporaines comme le vivre-ensemble dans des contextes de tensions intercommunautaires ou interreligieuses. La participation et le partenariat dans les projets de développement. Les rôles et les impacts des organisations d’aide au développement. Comment reconnaître, au sein de la société civile, les dynamiques porteuses d’un développement à imaginer en dehors du vieux paradigme d’une croissance tout économique qui ne peut, par nature, générer qu’illusion de rattrapage et accroissement de l’inégalité. Comment ne pas étouffer ces dynamiques par les conditionnalités, les outils-projet et les cadres logiques formulés par les seuls financeurs…

Revue Développement et civilisations

En ouvrant ses colonnes à des auteurs dont la moitié au moins sont issus de pays du Sud, la revue cherche à donner des clés de lecture des enjeux que traversent les sociétés et les civilisations, dans un monde où on ne sait plus très bien si la catégorie Nord/Sud est encore pertinente (il y a de plus en plus de « Nord dans le Sud » et de « Sud dans le Nord »), où l’on ne sait plus très bien ce que veut dire le mot « développement »… La revue cherche aussi à mettre en avant le libre-arbitre et le libre-agir dont chacun est porteur, à contrer le fatalisme qui enferme dans un chacun pour soi, à retrouver le sens du collectif, du bien commun et, in fine, « la flamme anxieuse » de l’espérance et du possible…

Quelques chiffres
La revue développement et civilisations est diffusée à 1800 abonnés dont 950 à l’étranger dans 113 pays. Publiée sans interruption depuis 1972, elle propose 10 articles par an. Imprimée en français uniquement, elle est ensuite mise en ligne sur le site Web trois mois après sa parution. Une version numérique en anglais est proposée aussi systématiquement que ne le permet la disponibilité de nos ressources humaines. Ses articles sont souvent repris (et traduits) par diverses revues d’Europe, d’Afrique (le plus souvent) mais aussi d’Asie et d’Amérique latine.

Angle éditorial
En 2008, la revue continue à explorer les dénis et les défis du développement. En effet, le développement des peuples, au sens où l’entendait Louis-Joseph Lebret, n’est pas une priorité pour les tenants de l’économie libérale mondialisée ; il devrait l’être pour les pouvoirs politiques du Nord comme du Sud et pour les autorités religieuses. Le choix du thème « défis et dénis du développement » implique de mener un travail de vérité, de témoignage et d’écoute.

Travail de vérité
La revue s’attaque aux dénis du droit au développement que sont l’accès inégal aux technologies, la non tenue des engagements d’aide, les contraintes d’un libéralisme excessif qui prive les Etats des instruments d’une politique de développement, les égoïsmes qui font repousser les décisions indispensables pour prévenir les catastrophes environnementales.

Travail de témoignage
Il ne saurait y avoir de développement sans implication des hommes et des femmes et sans société civile organisée. S’appuyant sur le réseau international Lebret-Irfed, la revue relate les efforts de participation des citoyens au développement local, national et international, ainsi que les obstacles qu’ils rencontrent.

Travail d’écoute
Les forces nécessaires pour surmonter les dénis du développement ne sont pas qu’économiques ou technologiques. Elles sont aussi sociales, culturelles, religieuses. Face à la montée de l’intolérance, du fanatisme et du terrorisme, la rencontre et la reconnaissance des autres civilisations sont, en effet, facteurs de paix et de développement. Le défi du développement est aussi pour nous d’être attentifs aux cris que d’autres ignorent et aux approches culturelles et spirituelles qui nous sont étrangères.

Paris, juin 2008

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