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Timor (réconciliation) et Mindanao (gouvernance indigène)

par Martinho da Silva Gusmão et Alim Bandara, Développement et civilisations n° 366, août-sept 2008

Editorial
Article de Martinho da Silva Gusmão
Article de Alim Bandara
Quelques repères

Éditorial

Les racines de la paix

Comment construire la paix ?
À cette question posée sur les décombres de tant de conflits et guerre civiles, les deux textes que nous publions apportent une réponse identique : pas de paix durable sans prise en compte des spécificités culturelles, religieuses, coutumières et sociales des peuples autochtones.

Cette thématique, évidemment, ne s’applique pas qu’à l’Asie du Sud-est. Nous aurions pu, n’en doutons pas, publier des textes similaires en provenance d’Afrique ou d’Amérique latine. Le choix de nous attarder, dans ce numéro, sur deux pays d’Extrême-Orient secoués par des conflits latents se justifie toutefois par le calendrier. A la fin octobre 2008, le sommet de l’ASEM (Asia-Europe Meeting) se réunira à Pékin. Les chefs d’États et de gouvernements de l’Union européenne devraient tous y assister, aux côtés de leurs homologues de l’Asean (l’Association des nations de l’Asie du Sud-est), de la Chine, du Japon, de la Corée du sud, du Pakistan, de la Mongolie et de l’Inde. Or on sait que l’Europe est le premier bailleur de fonds mondial d’aide humanitaire. La question de la paix, et des processus de stabilisation post-crises, est au cœur de la réflexion menée à Bruxelles en matière de politique extérieure communautaire. Les exemples du Timor oriental et des Philippines sont donc fort pertinents.

L’autre leçon vaut pour les organisations non gouvernementales et, au sens large, la société civile. Trop souvent en effet, les ONG occidentales ont tendance à privilégier, comme les gouvernements de leurs pays d’origine, une approche de réconciliation ignorante des réalités locales. C’est une erreur. Notre réseau Lebret-Irfed nous en apporte à chaque fois la preuve lors de nos rencontres. Sans participation active et implication des acteurs locaux issus des segments les plus défavorisés de la population, la paix éprouve les pires difficultés à s’enraciner. Or sans racines, l’arbre du « vivre ensemble » n’est guère porteur de fruits.

Richard Werly

Au Timor oriental, la paix ne peut pas être « imposée »

par Martinho da Silva Gusmão(*)
Pour Martinho da Silva Gusmão, directeur de la Commission Justice et Paix du diocèse de Baucau, la construction de la paix au Timor oriental doit redevenir une affaire domestique. L’implication de la communauté internationale, centrée sur la mise en place de nouvelles institutions, a montré ses limites. Rien ne peut remplacer la force de la réconciliation et du pardon.

Toute communauté exerçant la violence ou l’injustice sur ses concitoyens engendre de l’apathie et des privations économiques. Lesquelles alimentent une instabilité politique et un malaise social à travers le pays. C’est pour cela que la construction de la paix ne peut être séparée de la gouvernance et du développement. Dans la pensée de l’Église catholique, le développement et la construction de la paix sont d’ailleurs choses liées comme en témoigne l’encyclique Populorum Progressio (le développement des peuples).

Les dirigeants du Timor oriental sont naturellement d’accord sur le fait que développement et sécurité, construction de la nation et de la paix doivent devenir un seul et même but. Pendant la campagne des élections générales de 2007, le candidat à la présidence José Ramos Horta s’est proclamé systématiquement « président des pauvres » et a lancé un appel contre la violence et pour le développement des zones reculées.

Vainqueur du scrutin, Ramos Horta concentra toute son énergie sur ce qu’il avait déjà fait, c’est-à-dire la construction de la paix pour rétablir un gouvernement à large base et permettre aux citoyens les plus démunis de regagner leur dignité.
Une telle plate-forme était indispensable. Au Timor-Est, la mauvaise gouvernance et la désintégration nationale ont clairement menacé la sécurité de la population lorsqu’elles ont abouti, en février 2008, à l’attaque menée contre Ramos Horta et le Premier ministre Kay Rala Xanana Gusmão par le major Alfredo Reinado Alves, le lieutenant Gastão Salsinha et son groupe. Horta fut blessé. Le pays traversait une petite agonie.

Les multiples définitions de la paix

Cette situation dramatique, et la proclamation de l’état d’urgence qui a suivi, soulèvent une importante question : « Qui ne veut pas la paix au Timor-Est ? » Il importe, pour y répondre, de revenir à la définition exacte de l’expression « construction de la paix ». Il existe une documentation innombrable qui ne cesse jamais de se renouveler sur cette définition. Pour le dire de façon simple, construire la paix se réfère à l’établissement d’une communauté ou d’une société sans violence, ni conflit, ni guerre. La paix donne l’image d’un peuple qui se serre la main, s’embrasse et se donne des accolades.

Personnellement je n’ai été introduit au terme « construction de la paix » qu’après le soulèvement de septembre 1999 dans mon pays. Le Timor oriental avant cela avait traversé des décennies de colonisation et d’occupation par les Portugais, les Japonais et les Indonésiens. Seule une petite élite du pays avait profité de cette « paix ». Après le départ de l’armée indonésienne, un programme d’aide internationale fut mis en place pour nous faire sortir des cendres laissées par l’occupation. Parallèlement, un processus de « construction de la nation » fut mis en place, focalisant sur les institutions.

Or, neuf années de « construction de la paix » pourraient aboutir à plus de violences et de destructions. Pourquoi ? Je crois qu’il faudrait vraiment se demander si c’est à la communauté internationale de nous « imposer » son approche sur la reconstruction du pays. L’expérience m’a appris que la reconstruction est d’abord une affaire intérieure. En tetum, notre langue nationale, nous disons « Sasam uma laran nian » : une affaire domestique. Ceci pour dire que la paix doit d’abord être construite par les institutions nationales, la religion et les traditions du pays. L’aide internationale ne devrait pas avoir d’autre rôle que celui de nous soutenir. Il s’agit de coopérer et non d’imposer.

Pour un paradigme culturel asiatique

La paix ne peut pas venir de l’extérieur. Nous devons transmettre nous aussi notre connaissance au monde. Pour cela nous devons proposer un paradigme culturel asiatique, c’est-à-dire un principe acceptable au regard des fameux « standards internationaux » mais accessible pour la communauté locale. Je crois personnellement que le « standard international » est une chose très abstraite et étrange. La construction de la paix doit devenir une chose atteignable.

Je crois vraiment que nahe-biti boot - devoir de se souvenir et devoir d’oublier - peut être considéré comme l’effort de paix le plus pratiqué dans mon pays. L’avantage de cette approche traditionnelle est qu’elle procure une plus grande compréhension et appréciation des mots « justice » et « paix » par la population. Nahe-biti boot représente un consensus englobant, l’impartialité, la réconciliation et le pardon. Ce sont là des valeurs éthiques et non le résultat d’un mécanisme supposé construire la paix, au risque d’apparaître artificiel.

D’abord, l’ancien du village engage les pourparlers par husu lia (invitation à s’exprimer ouvertement). Il demande à la victime (makterus) de décrire ce qui s’est passé, de faire le point de la situation. C’est le point de départ d’un jugement dit droit qui donne avantage à la victime.

Puis, l’ancien répète le même discours pour l’auteur du délit (maksalak). On lui demande de reconnaître l’erreur ou la violence commise. Néanmoins il a le droit de nier ou de donner une autre version des faits. La confrontation entre makterus et maksalak vise à obtenir un résultat juste et équilibré devant la loi. La victime et l’auteur du délit peuvent camper sur leur position et se défier sur un désaccord raisonnable. Mais ils ne peuvent pas recourir à une autre forme de violence. L’objectif d’husu lia est qu’il y ait le plus de contribution possible entre les deux parties pour arriver à une décision prudente. Ainsi ce système traditionnel qui établit une sorte de règle du jeu finit vraiment par développer la loi. Avant de prendre leur décision, la victime et le coupable doivent s’accorder sur le moyen de faire la paix.

Nahe biti boot, le devoir de se rappeler et d’oublier, précède le moment crucial appelé hatun na’an mate, celui de la décision. C’est le point culminant ! La victime et le coupable doivent alors conclure un accord basé sur la réciprocité : donner et accepter, se souvenir et pardonner. C’est une sorte de do ut des (je donne pour que tu donnes).

Je suis presque sûr que le mot « punition » n’existe pas dans notre vocabulaire. Nous avons seulement les termes damen et simu malu, qui signifient paix et acceptation réciproque. En fait les gens se sentiraient mal si nous introduisions la punition. L’important, au regard de nos traditions, est que l’auteur du délit se sente coupable et cherche à réparer. Il devra par exemple, à l’issue du processus, arranger un han hamutuk (banquet) ou procurer un bœuf et une vache pour la fête. La victime, de son côté, doit donner un cochon et un bouc pour montrer qu’elle est prête à pardonner. Voilà comment fonctionne le processus de paix ! En d’autres termes, la paix est un accord consensuel basé sur la réciprocité et qui requiert des normes concrètes justifiées par l’intérêt de tous. Le processus de hatun na’an mate apportera réconciliation et pardon, ham hamutuk. Pour nous, Timorais, réconciliation signifie juxtaposition. C’est-à-dire que nous nous acceptons les uns les autres en maintenant nos différences. En attendant, pardonner veut dire oublier les mauvais souvenirs du passé en évoquant les souvenirs du bon vieux temps.

L’autre clef : l’éducation à la paix

C’est durant le rituel ou la cérémonie de nahe biti boot qu’une forme d’éducation à la paix doit commencer. Généralement, l’ancien du village fait la narration du la’o liu ona, hanri liu ona. Cette phrase exprime le « devoir d’oublier ». Dans ce processus il essaye de retirer, censurer ou éliminer certains aspects de la violence. Il enseigne à la nouvelle génération comment oublier l’amertume et la tristesse du passé. Il reconstruit ainsi une nouvelle version de l’histoire dans laquelle tous les Timorais peuvent se retrouver.

Pour résumer, je pense qu’avec le temps, le processus de la construction de la paix a changé de paradigme. De l’acceptation réciproque nous allons vers la « réparation », la « rétribution », un gain d’argent et un projet, décelant les résultats tangibles et les impacts empiriques. Nous sommes sur le point de perdre le « devoir de se souvenir » et le « devoir d’oublier ». Or je crois que la construction de la paix doit marcher main dans la main avec l’éducation. Ceci doit être développé au sein de la famille comme de la communauté. Je pense que la construction de la paix est un processus de conscientisation et d’éveil, ce qui en fait une perspective éthique.

Traduction et édition : Eléonore Seilles


Défendre les lumads face à la mondialisation : un atout pour Mindanao

par Alim Bandara(*)

Le sujet que j’aimerais aborder est celui des « menaces et défis de la mondialisation pour les lumads » dans un contexte où trois peuples se côtoient dans les îles de Mindanao aux Philippines.

Ces trois peuples sont les lumads ou indigènes, les moros et les colons qui habitaient les îles de Luzon et de Visayas et qui se sont installés de façon permanente sur Mindanao aujourd’hui. Chacun de ces groupes est identifiable par ses propres croyances culturelles et ses traditions. Les lumads sont, jusqu’à aujourd’hui, les détenteurs et praticiens d’un mode de vie traditionnel et primitif. Les moros sont musulmans. Les autres sont chrétiens et ont hérité des traditions de leurs anciens maîtres coloniaux.

La majorité des Philippins considèrent les lumads comme arriérés et sous-développés, à cause de leur refus de se soumettre aux nouvelles formes de civilisations. Il est, de plus, certain que la mondialisation ne fera qu’accentuer les conflits d’idées et d’intérêts entre ces trois peuples.

Le fait est que la mondialisation prend d’assaut la nature et les campagnes de Mindanao. Là où certains y voient des opportunités d’emploi, les lumads le vivent comme une attaque contre leurs vies et leurs ressources vitales.

Cet assaut lancé contre la nature est en fait l’œuvre du gouvernement philippin dans le cadre du programme d’intégration à la globalisation BIMP-EAGA, (Brunei, Indonesia, Malaisia and Philippines East Asia Growth Areas) et de l’APEC (Asia Pacific Economic Cooperation). Ce programme s’appuie principalement sur l’exploitation des ressources humaines et naturelles de Mindanao, avec les zones lumads en première ligne.

Discrimination sociale et culturelle

Aujourd’hui les territoires ancestraux des lumads ont été divisés en différents Centres industriels régionaux par le gouvernement. Des projets de développement affectent presque chaque centimètre carré des terres lumads : construction de routes, développement de zones touristiques, construction et réparation des ports maritimes et des aéroports, mise en place d’infrastructures de communication, ouvrages miniers, construction de centrales, et transformation des petites exploitations agricoles en plantations agro-industrielles et zones d’élevage pour l’exportation. Ces projets détruisent inexorablement l’environnement et les ressources naturelles. Et surtout, le gouvernement « offre » à présent les domaines ancestraux aux multinationales qui opèrent à Mindanao. Les lumads le ressentent amèrement.

Leur frustration n’est pas seulement économique. Pour les lumads, la nature est source de connaissance, de pouvoir et de vie. Cette nature, autrefois source d’emploi, est maintenant sous le contrôle des caïds de l’économie globale libre-échangiste.

Conséquence : les lumads se retrouvent, logés à la même enseigne que la classe ouvrière, à devoir chercher frénétiquement un emploi salarié. Ils ont rejoint la masse des pauvres en milieu urbain ou rural, et ceux restés dans les villages traditionnels se sont retrouvés esclaves de l’économie monétarisée.

Il n’y a pas de retour en arrière possible. Il ne reste aucune trace de l’économie de subsistance qui fut la leur pendant des siècles, en lien étroit avec la nature. Mais ce qui est resté vivant, c’est leur conception traditionnelle de la relation à la nature, selon laquelle le travail de l’homme respecte les ressources et la production se fait au bénéfice de l’humanité.

Ce concept s’accorde parfaitement avec la lutte des ouvriers pour la sécurité de l’emploi, pour des relations justes entre patrons et employés, pour des salaires équitables…

Mais, et c’est ce qui dérange les lumads, ils n’ont plus affaire avec la nature et les esprits mais avec des êtres humains en position de pouvoir, qui ne reconnaissent pas les rituels tribaux comme autant de messagers de paix, de justice et de liberté en période de conflits, d’injustices, d’oppression et d’exploitation. Ils sont bien loin, les jours où les rituels et les symboles tribaux étaient acceptés comme outils de prévention contre les mauvaises influences dans la société.

Un défi pour les trois communautés de Mindanao

C’est à ce moment de notre histoire, alors que la présence des trois peuples de Mindanao est acceptée par les différents groupes de la société, que nous pouvons semer le message de l’unité dans la diversité. Ceci est un défi pour les trois peuples de la région car la route vers la mondialisation est maintenant ouverte et ceux qui voudront barrer cette route auront très peu d’options. Ils seront mis en pièces s’ils osent seulement s’opposer à de tels projets.

La guerre totale à Mindanao et les entraînements militaires conjoints entre les États-Unis et le gouvernement philippin, au nom de la lutte anti-terroriste, sont les meilleurs exemples de cet assaut global pour défendre et sauvegarder les intérêts de la mondialisation. (Je tiens à préciser que mon propos ne vise en aucun cas à prendre la défense des « vrais terroristes ».)

Parlant au nom des lumads, étant moi-même lumad de la tribu Teduray, j’admets que nous ne pouvons pas arrêter la globalisation et qu’il convient par conséquent d’établir des mesures de sécurité qui protègent notre peuple dans ses villages et communautés. Car, j’en conviens, tout n’est pas mauvais dans la mondialisation. Certains bons côtés sont utiles dans notre vie de tous les jours. Mais nous exigeons que soient pris en compte nos systèmes traditionnels de savoirs et de pratiques. Je cite quelques exemples :

  • Sauvegarder notre proximité à la nature

Le développement ne devrait pas remettre en cause notre proximité à la nature. Le développement qui menace et détruit la nature, qui nous arrache de nos terres, n’est pas acceptable car la nature est la source même de nos moyens d’existence : nourriture, médecine, abri et même habitudes et traditions. A cause de cela, la nature est considérée comme l’extension de notre vie et de notre corps.

  • Formes collectives de gouvernance

Le développement devrait respecter les formes collectives de gouvernance. Nous trouvons odieuses les tentatives des grandes compagnies de diviser la communauté en favorisant l’individualisme. Le processus de développement doit respecter le besoin de la consultation de groupe qui permet de déterminer par consensus ce que la communauté, dans son ensemble, désire.

  • La possession commune des ressources économiques

Le développement devrait assurer que la propriété commune ne soit pas menacée. Ceci inclut la possession commune de la terre, des zones de pêche et de chasse, des lieux de prière et des autres ressources économiques importantes de la communauté. En effet, aucun individu ne devrait en avoir le monopole du contrôle. Nous utilisons ces ressources pour vivre une vie humaine.

  • Un statut égalitaire dans la société

Le développement devrait préserver les statuts égalitaires dans la société. Nous rejetons le développement qui propulse quelques individus dans des positions prestigieuses et puissantes aux dépends des autres. Dans la communauté, nous accordons la même valeur à chaque individu, indépendamment des chances que la vie lui a données : éducation supérieure, profession, etc. Voilà pourquoi nous rejetons le développement qui favorise un être humain plus qu’un autre car nous, les fils de notre mère la Terre, sommes tous égaux.

  • Le « bon fedew » comme base de justice, paix et développement

Le développement ne devrait pas empêcher que le « bon fedew » demeure la base de la justice et du développement. Le « bon fedew » est la présence d’un bon sentiment, de la paix de l’esprit et du bien-être physique de chaque membre de la communauté. C’est la plus forte des fondations de la paix, de la justice et du développement dans les sociétés tribales. Tout ce qui va à l’encontre du kefiyo fedew n’est pas un bon développement.

  • Lumut minanga, le pluralisme ouvert

Enfin, le développement devrait assurer le maintien et le renforcement du pluralisme ouvert, afin de respecter tous les peuples, y compris les trois peuples voisins Mindanao : les moros, la majorité chrétienne et les lumads.

Ces mesures de sécurité tribale et le guide tribal du développement ont été adoptés en 2002, lors du premier congrès de la Justice et de la gouvernance Timuay. Il s’agit d’une auto-gouvernance des tribus lumads Teduray et Lambangian dans la région autonome musulmane de Mindanao.

Traduction et édition : Eléonore Seilles


Quelques dates pour Timor

1975 à 1999 : le Timor oriental, ancienne colonie portugaise est occupé par l’Indonésie.

1999 : Le Timor choisit l’indépendance par référendum de l’ONU. Cette décision engendre une répression sanglante de l’occupant indonésien. Les casques bleus sont envoyés au Timor.

2002 : L’indépendance est enfin déclarée, Xanana Gusmão devient le premier président de la République élu au suffrage universel.

2006 : La situation se dégrade suite à la décision du Premier ministre Mari Alkatiri de licencier 600 soldats, soit presque la moitié de l’armée qui se plaignaient de discriminations ethniques. Le président menace de démissionner, mais c’est finalement son Premier ministre qui s’y résout.

2007 : José Ramos Horta est élu président de la République, Gusmão devient son Premier ministre.

2008 : José Ramos Horta et Xanana Gusmão sont victimes d’une embuscade de militaires mutins. Le président est grièvement blessé.

Quelques dates pour Mindanao

1972 – création du MNLF (Front national de libération moro)

1984 – création du MILF (Front de libération moro islamique)

1997 – adoption du décret sur les droits des peuples indigènes

1999 – création de l’ARMM (Région autonome musulmane de Mindanao)

Août 2008 – échec des négociations entre le gouvernement et le MILF. Reprise des combats.

Notes

[*] - Martinho da Silva Gusmão, directeur de la Commission Justice et Paix du diocèse de Baucau, porte-parole de la Commission nationale pour les élections (CNE), enseigne l’éthique, la politique et l’athéisme contemporain au Grand séminaire de Dili et à l’Université du Timor-Est (UNTL). Il est président du Centre de développement communautaire (CDC) à Baucau.

[*] - Alim Bandara est chef suprême de la gouvernance timuay des communautés Teduray-Lambangian à Mindanao, au sud des Philippines.


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