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Démocratie aux Philippines : la contribution originale des populations indigènes.

Alim Bandara

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Alim Bandara était l’invité, le 5 mars 2007, d’une conférence-débat co-organisée par le Centre lebret-Irfed, le CCFD et l’association Europe solidaire sans frontières (ESSF). Chef suprême de la gouvernance timuay des communautés Téduray-Lambangian à Mindanao, au sud des Philippines, il a présenté l’engagement des lumads dans la vie politique du pays. Les lumads — populations indigènes non-musulmanes — sont aujourd’hui présents dans 20 provinces et regroupent 3,5 millions des 21 millions d’habitants de Mindanao. Ils côtoient dans la partie méridionale des Philippines les populations moros (musulmans, 6 millions) et les descendants des migrants chrétiens venus du centre ou du nord de l’archipel, qui sont devenus majoritaires (11,5 millions).

Alim Bandara est très engagé dans les mobilisations civiques pour la paix, ainsi que dans de difficiles négociations avec le gouvernement philippin et les principales organisations moros. Il avait participé en tant que personne-ressource au dernier groupe de travail des Nations unies concernant les populations indigènes. Il traitera aussi bien des expériences de gouvernance démocratique propres aux tribus montagnardes que du droit d’autodétermination et des moyens de renforcer les liens de solidarité entre lumads, moros et chrétiens.

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Le gouvernement philippin veut intégrer économiquement Mindanao à la création d’un marché régional et à la mondialisation néolibérale — il cherche pour cela à « ouvrir » toujours plus l’île aux compagnies forestières et minières ou à l’agro-industrie. La survie même des populations lumads est remise en cause. Ces dernières réaffirment leurs droits sur leurs territoires ancestraux. Elles exigent que leurs modes spécifiques de gouvernance soient reconnus. Le système de justice et gouvernance timuay assure en effet une forme collective d’organisation et de participation. Il constitue pour la communauté téduray-lambangian une réponse alternative, positive, au système dominant qui les a opprimés, les a appauvris et les a privés de leurs droits.

Les lumads demandent à l’administration philippine de respecter les droits légalement reconnus aux peuples indigènes par le « Indigenous People’s Rights Act » de 1997. Ils se mobilisent aussi, comme récemment lors d’une marche de 75 kilomètres pour défendre les forêts. A Upi en particulier, pour arrêter l’exploitation destructive du bois sur leurs territoires, les lumads veulent que soit mis en œuvre le « Téduray-Lambaingan Biodiversity Conservation Project », financé par le PNUD. S’appuyant sur des conceptions communes de ce que devrait être le développement pour leurs populations, ils visent à vivifier des traditions diverses de gouvernance propres à chaque communauté tribale afin de mieux se protéger.

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Pendant son séjour à Paris, Alim Bandara s’est aussi entretenu avec les membres de Babaylan, une association de femmes philippines en France, notamment au sujet du liens entre les femmes téduray et les émigrées philippines.


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