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Populorum Progressio, un message pour le XXIème siècle

Colloque, octobre 2007, Saint Jacut de la Mer

Charte de solidarité internationale

Le 26 Mars 1967, le pape Paul VI signe l’encyclique Populorum Progressio où il lance « un appel solennel à une action concertée pour le développement intégral de l’homme et le développement solidaire de l’humanité » exhortant à « construire un monde où tout l’homme puisse vivre une vie pleinement humaine…, où la liberté ne soit pas un vain mot…, où tous les peuples puissent devenir eux-mêmes les artisans de leur destin ».

Ce texte, dont le Père Lebret avait été le principal rédacteur, fut considéré alors comme une véritable charte de la solidarité internationale et eut une portée de mobilisation qui dépassa le monde de l’Eglise. Ce texte aborde les grandes questions du développement qui, malgré les évolutions, interrogent encore aujourd’hui et incitent à actualiser ces messages.

En 2006 et 2007, autour de la date anniversaire de la parution de l’encyclique, le centre Développement et Civilisations – Lebret-Irfed a mobilisé son réseau, en France et dans différents pays du monde, pour aborder les questions contemporaines du développement. En réaffirmant le message plus que jamais actuel porté par Louis-Joseph Lebret : on ne peut parler de développement que s’il s’agit du « développement de tout l’homme et de tous les hommes »

Publications et activités

Ainsi, à l’actif de DCLI et de son réseau, les années 2006 et 2007 ont été marquées par la réalisation de publications et d’activités visant à recueillir, échanger et diffuser des constats, des convictions et des propositions.

Livre L’avenir de la planète ne tombera pas du ciel, de Pierre Vilain, aux Editions Desclée de Brouwer (DDB), 2007.

Articles dans la revue développement et civilisations  :
N° 353, mai 2007, Un entretien avec Abdou Diouf, « Populorum Progressio nous dit comment humaniser la mondialisation trop débridée »,
N° 355, juillet/août 2007, « Face aux dangers qui menacent l’avenir de la planète, il est urgent de changer de modèle », par Yves Berthelot.

Cycle recherche-formation à Paris « La portée internationale de l’encyclique Populorum Progressio, 1967-2007 : Quelles significations pour la réflexion sur le développement aujourd’hui ? », dont la méthode a permis à chaque participant d’apporter son témoignage et de partager son expérience ;

Ecriture de textes de référence pour diverses publications (Nuntium – Université Pontificale du Latran, Plaquette de Carême du CCFD, etc.) ;

Table-ronde à Paris sur Populorum Progressio et son actualité, le 26 mars 2007, jour anniversaire de la publication de l’encyclique de Paul VI, autour de Mgr Rouet qui aborda les « défis de l’égalité » ;
Déroulement

Colloque en Inde, organisé par AREDS, SWATE et DCLI, à l’occasion du 40ème anniversaire de Populorum Progressio : « The response of activists to development challenges », à partir des expériences d’ONG impliquées dans différents domaines sociaux et depuis diverses inscriptions culturelles et religieuses.
Résumé en français
Conclusions en anglais

Co-organisation d’un colloque international tenu en en octobre 2007 en Bretagne.

Colloque

Il fallait restituer ces analyses, questionnements et propositions de changement issus des différentes activités organisées par DCLI. Le colloque international « Populorum Progressio, un message pour le XXIème siècle » en a été l’occasion. Il a été organisé conjointement par trois structures à vocation internationale : le CCFD, Développement et Civilisations Lebret-IRFED, le Secours catholique et trois structures bretonnes : l’Abbaye de Saint Jacut de la Mer, l’APES du diocèse de Saint-Brieuc, Bretagne Espérance et Solidarité (ou BRES qui est l’antenne Lebret Bretagne), avec le concours de plusieurs organismes associés, dont le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC).

Ce colloque a rassemblé, dans une participation intense, 245 personnes venues de 16 pays et de 4 continents, du 4 au 7 octobre 2007 à l’Abbaye de St Jacut de la Mer, pour s’achever à la cathédrale de St Brieuc par une grande célébration qui a réuni un millier de personnes. Y ont participé activement le Cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la culture, l’évêque président de la commission sociale, Mgr Descubes et l’évêque du lieu, Mgr Fruchaud.
Appel de Saint-Brieuc

Points forts

Ces diverses activités ont permis de collecter des témoignages d’acteurs de développement sur :
- l ’engagement des chrétiens pour la justice et le développement,
- la force du message de l’encyclique et sa résonance dans les pays du Sud,
- la pertinence du message de Populorum Progressio devant les défis du développement aujourd’hui.

Les textes et interventions ont mobilisé des personnes ressource provenant de pays fort différents :
- en dictatures,
- colonisés,
- en guerre,
- isolés,
- en effervescence, etc.,
et où l’encyclique a fortement marqué les chrétiens, leur engagement pour la justice et la paix, l’Eglise et la société.

Deux convictions essentielles

- l’actualité et la force de Populorum Progressio, document qui, après 40 ans de mutations et de changement de contexte, conserve sa vigueur au prix de quelques ajustements secondaires et surtout la force de sa vision prophétique globale plus éclairante que jamais.

- une toile de fond désormais commune au Sud comme au Nord : à la mondialisation par les aigles des puissances financières qui étendent leur modèle libéral, répond la mondialisation par les fourmis des multiples réseaux de solidarité à travers le monde, en gestation d’un développement plus humain et durable : changer le monde est possible.

Les points forts :

- Un monde interdépendant
Un constat unanime : 40 ans après l’encyclique, les continents sont devenus de plus en plus interdépendants. Pour le meilleur (on se connaît mieux, on échange…), mais souvent aussi pour le pire. Une seule illustration tirée des nombreux témoignages dans ce sens, celui de Mamadou Cissokho, responsable du ROPPA, organisation paysanne de l’Afrique de l’Ouest : quand les Etats-Unis ou l’Europe subventionnent leurs producteurs ou conduisent les paysans africains à une mono-production destinée à l’exportation, ils contribuent à appauvrir des millions de familles.

- Croissance, inégalité et dénis du développement
L’encyclique appelait à se mobiliser pour le développement. 40 ans plus tard, des pays entiers sont maintenus dans le sous-développement, principalement en Afrique. D’autres régions du monde, malgré un niveau de croissance spectaculaire, ne peuvent dissimuler les nombreux laissés pour compte, comme l’ont rappelé L.A. Samy et Christi Samy en exposant la situation de leur pays, l’Inde.

- L’absence de réponse à hauteur des problèmes du sous-développement - décrits par l’encyclique mais aussi, à la même période, par les Nations unies - constitue le scandale du XXème siècle
Devant cette absence de réponse au sous-développement, la non-satisfaction des besoins vitaux, le chômage et les paysans sans terre, la régression de certains pays, vient la question suivante : N’est-ce pas « la faute » de l’économie de marché, de la mondialisation ? Et le colloque a connu cette tentation :d’accuser « cette main invisible » qui conduirait la machine économique, entraînant les nations et les hommes, les citoyens et les dirigeants politiques dans une spirale infernale que nul ne peut maîtriser.

- Des espaces d’action existent
Cependant, la raison a repris ses droits grâce aux échanges. Ils ont abouti à une conviction : la « main invisible » recouvre des mécanismes et des acteurs identifiables, les hommes et les femmes gardent la possibilité de maîtriser leur destin et celui du monde. Chacun doit d’abord s’en persuader et choisir son champ d’action pour peser là où il est sur ces mécanismes générateurs d’inégalité et de paupérisation, pour résister au « toujours plus », à l’argent facile, au gaspillage et à l’individualisme. Cette conviction affirmée ne peut s’apparenter à la pensée magique ; il est nécessaire de se positionner, de relier les problèmes les uns aux autres : « on ne peut agir pour l’environnement en revendiquant la production de bio carburants qui permettent aux riches de rouler écologique, mais qui se cultivent au détriment des cultures vivrières… ».

- Une éducation populaire pour des actions ici et maintenant
Malgré un contexte économique international qui bafoue le droit à la dignité humaine, des espaces de développement et de construction démocratique sont possibles. Le champ du local est un terrain privilégié, lorsqu’il s’inscrit dans des alliances et des réseaux plus vastes, pour que les organisations de la société civile commencent à construire, ici et maintenant, la capacité à être les acteurs de leur propre développement. Le défi est de taille, mais pas hors de portée, et l’accent a été mis, notamment par le MRJC, sur l’importance d’une éducation populaire, qui complète la formation scolaire ou académique, pour une prise de conscience de la citoyenneté qui implique droits et devoirs, et pour un renforcement des capacités.

- Remettre l’économie à sa place et peser sur les décisions internationales
Comme souvent dans ce genre de rencontre, l’enthousiasme, les convictions, et la détermination sont là. Le plus difficile apparaît un peu plus tard. Yves Berthelot, président de DCLI, l’a souligné : le plus difficile, c’est de prendre en compte « tout l’homme ». Le social, l’écologie, l’éducation sont à juste titre au cœur de nos préoccupations, mais - et c’est une faiblesse - malgré la place prépondérante dans le monde contemporain de l’économie sur toutes les autres dimensions de l’être humain, les acteurs économiques étaient très peu nombreux dans cette réflexion sur le sens du développement. Les participants à la réflexion ont alors proposé de s’adresser aux grandes institutions internationales et d’explorer les espaces de dialogue qui pourraient nourrir les volontés de changement des outils de l’aide au développement.

- Un autre monde est possible
« Un autre monde est possible ». Le cri des forums sociaux fut aussi la conclusion du colloque et Chico Whitaker, qui fut cofondateur du Forum social mondial en tant que membre de la Commission Justice et Paix du Brésil et collaborateur de l’IRFED et du CCFD, l’a rappelé. Il faut pour cela, a-t-il dit, que chacun se fixe un objectif, à sa mesure et ne le lâche plus jusqu’à son aboutissement. Il a insisté sur le fait que cela doit être comme une idée fixe, valable aussi bien dans les actions locales que dans les initiatives nationales ou internationales. C’est ainsi que le changement peut s’opérer et c’est, aujourd’hui encore, le plus sûr moyen pour chacun de garder l’espérance en un autre monde possible.


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